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« 1801-1840 – Haïti, entre Indépendance et Restauration » — Université de Chicago à Paris — 19-20 mai 2017

mardi 2 mai 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Ce colloque est organisé en partenariat avec l’Université de Chicago, l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’IHMC-IHRF.

Conseil Scientifique

  • Paul Cheney (Université de Chicago)
  • Bernard Gainot (Université Paris 1, IHMC-IHRF)
  • Frédéric Régent (Université Paris 1, IHMC-IHRF)
  • Pierre Serna (Université Paris 1, IHMC-IHRF)

« Michel Rolph-Trouillot once observed, with justice, that widespread disinterest among historians in the Haitian Revolution had the effect of silencing its principal actors and making slave self-emancipation “unthinkable” in the first-world historical imagination. Over the past couple of decades, however, this revolution has come to occupy a central place in historians’ understanding of the French Revolution in its global context, and in the influence of race and slavery on revolutionary ideology. Thanks to this scholarship, we know more than ever about the unfolding of events on the island of Hispaniola and their relation to metropolitan interests, actors and ideology. At the same time, the very classic chronological boundaries respected in most of this work—which runs from the immediate pre-revolution to Haitian independence in 1804, and sometimes slightly beyond—, as well as its insistently political thematic focus, have been limiting in at least two senses. First, work on the origins of the Haitian Revolution—and therefore the effect of Saint-Dominguan conflicts upon revolutionary dynamics within France—has been curiously cut off from an analysis of the plantation economy of the eighteenth century. Although the plantation remained the basic social and economic unit of Saint-Dominguan society, historians of the Haitian Revolution have largely focused their attention on conflicts in the multi-ethnic world of places like Port-au-Prince and Cap-Français. Second, the narrow chronological range of much of this work has made it difficult to connect trends in post-colonial Haiti and in Restoration France to the deep social and political structures that were put into place over the long eighteenth century. Despite the enthusiastic pronouncements of new Haitian elites and the despairing prognostications of Saint-Dominguan planters, these were not entirely unmade on either side of the Atlantic over a decade and a half of revolution.
The goal of this two-day conference is to reconnect the pre- and post-revolutionary histories of independent Haiti, colonial Saint-Domingue and France. The immediate occasion of this conference is a new body of work—recent or forthcoming books by Trevor Bernard and John Garrigus, Paul Cheney, Pierre Force, Mary Lewis, Frédéric Régent and Bernard Gainot—that addresses the making and unmaking of French colonial society and its imperial structures. In this work, we find an attention to : the plantation economy, its evolution in the final decades of the eighteenth century and the problems of a post-emancipation plantation economy ; the sometimes unstable structures of Atlantic trade that sustained the plantation complex ; evolving ideologies of colonial and racial rule ; patterns of immigration to Saint-Domingue and the creation of a shared elite ; the interdependence of household fortunes in metropolitan and colonial France ; the interrelation of Antillean island economies ; and the post-revolutionary reconstitution of economic and political power in Haiti and in France. We will put recently published work into conversation with scholarship in progress on Saint-Domingue. »

« L’objectif de ce colloque est de repartir du constat de Michel Rolf Trouillot constatant une désespérante absence de travaux concernant Haïti après son indépendance, lacune qui empêche de comprendre la naissance de cette nouvelle nation dans un contexte des plus complexes et des plus adverses. De récents travaux sont revenus de façon importante sur la révolution de Saint-Domingue, et ont eu le mérite de replacer le soulèvement des esclaves, leur conquête de la liberté, dans le mouvement plus vaste des révolutions atlantiques. Pourtant, demeure encore en suspens, au-delà de la naissance en 1804 d’un nouveau pays, son mode de fonctionnement et le choix d’économie politique qu’il fait, dans un contexte des plus difficiles, entouré de colonies esclavagistes.
L’objectif du colloque est aussi d’interroger la place centrale du système de la plantation et de ses conséquences sur l’organisation sociale et politique du pays et ses relations avec la France restaurée, dans un second temps.
Un des enjeux importants de cette rencontre est de construire le lien entre la fin du xviiie siècle et le début du xixe siècle afin de comprendre les ruptures et les continuités à Saint Domingue, devenu Haïti, et de proposer une histoire décalée par rapport aux découpages académiques commandés par l’histoire française, pour comprendre la spécificité du modèle haïtien et les problèmes politiques, économiques, ethnique et sociaux qu’il pose. Un regard comparatif sera posé sur les autres îles qui demeurent sous domination française.
Cette rencontre de deux jours doit rassembler les historiens qui, depuis quelques années, ont travaillé sur le thème pour le renouveler en profondeur des deux côtés de l’Atlantique – John Garrigus, Paul Cheney, Mary Lewis Pierre Force, Bernard Gainot, entre autres – autour des thématiques structurantes d’une société post esclavagiste, mais conservant la structure de la plantation. Travail, économie, émigration, planteurs, combats philosophiques et politiques, géopolitique postrévolutionnaire, politiques de l’indemnité, faillites et fortunes se trouveront au cœur des interrogations et des perspectives discutées et présentées autour, également, des ouvrages les plus récents.
Ainsi, il s’agit de planter le cadre politique des relations que Haïti va entretenir avec son environnement américain, puis avec l’Europe, et tout particulièrement la France, en recentrant sur la question du constitutionalisme et des problèmes ethniques et politiques, qui constituent le cadre de la première présentation.
Le problème des indemnités imposées par l’ancienne métropole, contrainte qui va pénaliser l’économie naissante du pays indépendant, constitue le second temps. Il est lié à une problématique majeure du colloque, qui est aussi d’interroger la place centrale du système de la plantation et de ses conséquences sur l’organisation sociale et politique du pays et ses relations avec la France. »

Colloque
« 1801-1840 – Haïti, entre Indépendance et restauration »
Du 19 au 20 mai

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