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Appel à candidatures pour une Ecole d’été : « Épistémologie des études aréales et des études globales »

École d’été dirigée par Rémy Bazenguissa-Ganga (EHESS, IMAf), Souleymane Bachir Diagne (Columbia University, Department of French & Romance Philology) et Hady Ba (Université Cheikh Anta Diop). Elle est soutenue par l’accord bilatéral PSL-Columbia University et par l’IRIS Études globales de PSL.

Texte appel

Les études aréales et les études globales connaissent actuellement un développement significatif. Les centres de recherche qui leur sont consacrés associent diverses sciences humaines et sociales autour d’objets qui ont en commun d’être situés dans la circonscription des aires considérées ou d’être étudiés à l’échelle globale. Si chaque discipline impliquée engage pour elle-même une réflexion épistémologique quant à ces objets, nous ne constatons pas un développement similaire de l’épistémologie des études aréales en tant que telles et de l’épistémologie des études globales en tant que telles. L’école d’été « Épistémologie des études aréales et des études globales » a pour objectif de favoriser un tel développement en incitant les étudiant-e-s en études aréales et en études globales à intégrer dans leurs recherches une réflexion épistémologique quant au sens de la circonscription aréale de leurs objets, quant au sens de la mobilisation de l’échelle globale et quant à l’articulation des études aréales et des études globales.

Organisée dans le cadre du programme de recherche Columbia University (New York, États-Unis) – Paris Sciences et Lettres (Paris, France) – Université Cheikh Anta Diop (Dakar, Sénégal) « Les « Suds » dans le monde : un défi épistémologique », l’école d’été sera consacrée, en particulier, au rapport entre les études des aires anciennement colonisées et les études globales. Les études des « Suds » ont en commun le problème épistémologique posé par ceci que les sciences auxquelles elles recourent ont été fondées dans le contexte colonial et ont d’abord été appliquées aux aires colonisées au point de vue colonisateur : comment les concepts et les méthodes des sciences humaines et sociales ne déformeraient-ils-elles pas les réalités auxquelles ils-elles sont appliqué-e-s ? Elles ont également en commun de problématiser le recours à l’échelle globale en mettant en évidence le caractère problématique de l’unité du monde, dont elles révèlent plutôt les scissions (frontalières, militaires, économiques, d’autres encore) : comment unifier les études globales et articuler les études aréales et les études globales sans posséder un concept commun de monde ? Ces problèmes ont ainsi aussi une dimension politique : aux tensions théoriques récurrentes en sciences humaines et sociales entre universalité et singularité, ou entre conceptualité et empiricité, s’ajoute, en l’occurrence, la tension indissociablement épistémologique et politique qui tient à l’asymétrie de domination entre la situation initiale des cadres théoriques mobilisés et les situations auxquelles ils sont appliqués.

Régie par la position du problème des conditions d’articulation des études aréales et des études globales, l’école d’été proposera quatre axes de réflexion : 1) « Les disciplines et les études aréales et globales », où il s’agira d’identifier les conditions d’applicabilité des sciences humaines et sociales aux aires anciennement colonisées et au monde lui-même, et d’évaluer la mesure dans laquelle les connaissances produites à propos des aires anciennement colonisées et à l’échelle globale influencent le développement des disciplines scientifiques ; 2) « Pour une épistémologie sociale et politique des études aréales et des études globales », où il s’agira d’étudier la manière dont les asymétries de domination entre aires et à l’échelle globale s’immiscent dans la pratique scientifique ; 3) « Épistémologie, théorie ou gnose ? », où il s’agira de procéder à la critique réflexive du type de savoir sur les savoirs, et en particulier sur les savoirs sur soi, que nous mobilisons quand nous proposons de procéder à une épistémologie des études des aires anciennement colonisées et des études globales ; 4) « Études aréales et études globales », où il s’agira, sur la base des réflexions menées dans les trois premiers axes, d’identifier les modalités d’articulation des études aréales et des études globales.


Page créée le jeudi 15 mars 2018, par Dominique Taurisson-Mouret.


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