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Appel à communication : « Influences, dépendances et interdépendances dans les espaces coloniaux et postcoloniaux du XXe siècle à nos jours » (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 18/05/2017)

lundi 24 octobre 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

Date limite de soumission : vendredi 9 décembre 2016

Journée d’études organisée au sein de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en collaboration avec l’UMR Sirice, l’Institut Français de Géopolitique et l’université Paris 8 Vincennes-Saint Denis

  • Elle s’adresse aux doctorants et post-doctorants de différentes disciplines (histoire, géographie, géopolitique, économie...) afin d’engager une réflexion transdisciplinaire sur la diversité des acteurs et la complexité des relations existant au sein des espaces coloniaux et postcoloniaux depuis le début du XXe siècle.
  • Salle Marc Bloch - 17 rue de la Sorbonne, Paris, France (75005)
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Texte Appel

Cette journée d’études a pour objectif d’engager une réflexion collective sur la diversité et la complexité des liens de coopération, de dépendance, d’interdépendance et d’influence entre les multiples acteurs (puissances coloniales, empires rivaux, colonisés ou décolonisés, puissances tierces, organisations régionales ou internationales, etc.) au sein des espaces marqués par le fait colonial européen au cours du XXe siècle. Une approche globale et connectée a donc été choisie, aussi bien dans sa dimension multidisciplinaire que dans son objet.
Le courant historiographique appelé « histoire globale » ou global history tend à émanciper l’histoire d’une approche purement nationale afin de mettre en avant les liens entre diverses régions du monde. Cette approche – et la méthodologie qu’elle sous-tend – est proche de celle de la connected history, menée par l’historien indien Sanjay Subrahmanyam. Pour ce dernier, l’histoire connectée induit la maîtrise de plusieurs champs et plusieurs sources et doit s’éloigner d’une histoire binaire fondée sur l’opposition dominant- dominé (SUBRAHMANYAM, 2016). Laurent Testot met quant à lui l’accent sur une globalisation plus large de l’histoire, celle-ci devenant un objet d’études pour d’autres chercheurs, qu’ils soient économistes, anthropologues, sociologues, etc. (TESTOT, 2008) Cette approche est d’ailleurs visible concernant l’histoire coloniale, à l’exemple des travaux de la géographe Florence Deprest sur les géographes en Algérie coloniale (DEPREST, 2009).
L’histoire coloniale a connu une évolution historiographique à la fin du XXe siècle. Il ne s’agit plus seulement d’étudier la colonisation elle-même, en tant que conquête et administration de territoires ultra- marins par des acteurs extérieurs, mais aussi de considérer ce phénomène socialement, économiquement, scientifiquement, culturellement... Différents travaux prennent en compte la multiplicité des acteurs présents au sein des territoires coloniaux, tandis que l’histoire impériale met davantage l’accent sur les comparaisons et connexions entre les différents empires. En 2015, un programme d’échange intitulé « Cordial Exchanges/Échanges cordiaux », coordonné par des universitaires britanniques et français, a vu le jour à Cambridge afin de comparer et souligner les interactions entre empires français et britannique.
Le « postcolonial » ne se limite pas uniquement ici à une étude des espaces libérés de leurs conditions de colonies et de leur dépendance à une métropole. Il s’agit aussi d’admettre une traduction de l’expression plus conforme à ce que les inspirateurs des postcolonial studies avaient à l’esprit : dépasser le paradigme colonial (COLLIGNON, 2007). La pensée postcoloniale se veut être « un projet de connaissance » qu’il est possible de mener dans le domaine des relations internationales en les pensant au-delà d’une linéarité métropole centrale/(ex-)colonie périphérique, laissant place à l’étude de la complexité des rapports de force, de la multiplicité des acteurs aux différentes échelles géographiques, en adoptant une approche globale. La réflexion postcoloniale est a priori ontologiquement tournée vers les relations internationales, en ce qu’elle procède d’une analyse des conséquences du « processus impérial depuis le moment de la colonisation jusqu’à nos jours » (ASHCROFT, 2012). Pourtant, dans l’essentiel de la production scientifique française, les relations internationales ne constituent qu’une forme de contingence, au mieux un point de départ, s’expliquant par l’influence des disciplines au sein desquelles le postcolonial a émergé (critique littéraire, philosophie, anthropologie). Néanmoins, les postcolonial studies – anglo-saxonnes notamment – ont entamé un travail d’étude globale du postcolonial depuis quelques années (LAZARUS 2011, YOUNG 2015).
Nous proposons donc ici une approche tendant à aller au-delà d’une analyse des discours, des représentations, des questions d’ethnicité, etc., en considérant justement l’étude des relations internationales comme finalité d’une réflexion postcoloniale.
Des approches variées et émanant de différentes disciplines sont donc invitées à interagir dans le cadre de cette journée d’études (histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques, économie). Quelques axes de réflexion ont ainsi été dégagés, d’une manière non exhaustive :

  • Relations (politiques, économiques, culturelles, militaires...) entre les colonies/ex-colonies ; - Relations entre puissances (impériales, post-coloniales...) au sein de ces espaces ;
  • Dynamiques non coloniales au sein des espaces coloniaux ;
  • Influences, maintien de ces dynamiques après les décolonisations ;
  • etc.

Les réflexions doivent prendre en compte le cadre chronologique défini, du XXe siècle à nos jours, et se limiter à une approche européenne de la colonisation. Cette journée est ouverte aux doctorants et post- doctorants.

Modalités de soumission
Les propositions de communication doivent être envoyées à l’adresse suivante : je.colopostcolo2017 chez gmail.com pour le 9 décembre 2016 au plus tard.
Elles ne doivent pas excéder 3 000 signes, dans l’objectif de communications orales de vingt minutes lors de la journée d’études qui se déroulera le jeudi 18 mai 2017. Une publication des communications est envisagée à la suite de la journée.

Comité scientifique

  • Alya AGLAN, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Eric BUSSIÈRE, professeur, université Paris-Sorbonne
  • Grégory DAHO, maître de conférences, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Florence DEPREST, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • André FILLER, maître de conférences/HDR, université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis, Institut français de géopolitique/Études slaves
  • Barbara LOYER, professeur, université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis, Institut français de géopolitique Géraud MAGRIN, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Michel MARGAIRAZ, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Pierre SINGARAVÉLOU, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Hugues TERTRAIS, professeur émérite

Comité organisationnel

  • Sara LEGRANDJACQUES, doctorante, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, au sein du Centre d’histoire de l’Asie contemporaine (CHAC) et de l’UMR Sirice
  • Karim MAMMASSE, doctorant, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, au sein du laboratoire Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHES) et de l’UMR Sirice

Cadre bibliographique

ASHCROFT Bill, GRIFFITHS Gareth et TIFFIN Helen, L’Empire vous répond : théorie et pratique des littératures postcoloniales, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2012
COLLIGNON Béatrice, « Note sur les fondements des postcolonial studies », EchoGéo, 1, 2007, http:// echogeo.revues.org/2089
DEPREST Florence, Géographes en Algérie, 1880-1950 : savoirs universitaires en situation coloniale, Paris, Belin, 2009 LAZARUS Neil, The Postcolonial Unconscious, Cambridge, Cambridge University Press, 2011
SUBRAHMANYAM Sanjay, L’éléphant, le canon et le pinceau : histoires connectées des cours d’Europe et d’Asie,1500-1750, Paris, Alma éditeur, 2016
TESTOT Laurent (dir.), Histoire globale : un nouveau regard sur le monde, Auxerre, Sciences humaines éditions, 2008
YOUNG Robert J.C., Empire, Colony, Postcolony, Wiley-Blackwell, 2015

Contact : Sara Legrandjacques (je [dot] colopostcolo2017 [at] gmail [dot] com)

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