Navigation

AccueilActualitésNews de l’histoire (du droit) des colonies

Appel à communication. Rencontres scientifiques Montpellier/Sherbrooke : La construction de l’environnement comme bien commun en situation de controverses scientifiques et d’incertitudes sur des valeurs ? (Montpellier, 27-28/06/2013)

mercredi 13 février 2013, par Dominique Taurisson-Mouret

Appel à communication pour les Rencontres scientifiques Montpellier/Sherbrooke : La construction de l’environnement comme bien commun en situation de controverses scientifiques et d’incertitudes sur des valeurs ?

Montpellier, 27 et 28 juin 2013

L’environnement est un enjeu de mobilisations et de revendications qui remet en question le mode de développement industriel et ses rapports à la nature. Il est également constitutif d’un ensemble de savoirs, de normes et d’interactions qui lie le politique, le scientifique, l’économique et le social. Il recouvre un espace foisonnant de production de connaissances et d’expertises, de pratiques et représentations de la nature, et des situations conflictuelles et de négociation. Ce monde commun que nous partageons est façonné et dépendant des rapports et regards que portent une multitude d’acteurs et par le jeu des intérêts et des passions. D’une part, il est ce qui nous unit et nous pousse à le défendre et de l’autre, c’est ce qui nous divise et nous conduit à en user, voire abuser.

Il soulève des questions, qui ont acquis une légitimité et une audience dans divers espaces publics et à différentes échelles de pouvoir. Ces questions sont portées par un ensemble de mouvements sociaux, politiques, organisations non gouvernementales, communautés scientifiques et médias. Ces acteurs et les connaissances qu’ils mobilisent tant sur les enjeux que sur les voies possibles d’action devraient avoir une autorité et une légitimité pour convaincre les décideurs de cibler les priorités, élaborer des stratégies et fabriquer des programmes publics robustes et consensuels. Selon cette vision, la science aurait pour vocation à produire des connaissances appropriées et incontestables, le politique accomplirait la mission d’élaboration de dispositifs et de règles pour réguler les rapports complexes à l’environnement, les entreprises assumeraient leur responsabilité environnementale, les médias informerait l’opinion et les associations joueraient leur rôle de réseaux d’alerte.

Or, les systèmes d’acteurs, de savoirs et de croyances qui irriguent les débats et les décisions n’arrivent plus à faire face aux catastrophes et désastres et encore moins à faire taire les inquiétudes sociétales. Des controverses et conflits opposent de multiples acteurs, représentations et intérêts divergents. Les arguments et raisonnements en présence ressourcent certains acteurs et contraignent d’autres. Ils les poussent à un travail d’invention d’idées et de preuves pour consolider leur position offensive ou défensive ou à opérer des déplacements pour faire émerger des coalitions et espérer élargir les bases d’appui et de validation de leur démonstration. Cependant, la croyance en un progrès scientifique et technique capable de résoudre les grands problèmes environnementaux (changement climatique, biodiversité, OGM, eau, gaz de schiste etc.) n’a plus de prise sur les mouvements sociaux, les opinions publiques et la société en général. Les manifestations de méfiance et d’alerte se multiplient pour faire face aux collusions d’intérêts, incertitudes sur les valeurs et les énoncés scientifiques, risques encourus et coûts des conséquences des politiques publiques. Les questions environnementales sont sources de multiples conflits et luttes intra et interinstitutionnels. Des organisations non gouvernementales, situées à diverses échelles, se sont dotées de connaissances et de compétences qui leur donnent la légitimité et le pouvoir d’intervenir comme interlocuteurs valables dans les débats publics. Elles soulèvent des interrogations qui déstabilisent les certitudes les mieux établies des énoncés scientifiques ou d’expertise.

Le travail de construction de l’environnement comme bien commun est ainsi configuré et configure le système d’acteurs, de savoirs et le jeu des intérêts. Il définit et hiérarchise les préoccupations et les problèmes publics, en même temps qu’il rend visible les processus de convergence et de divergence. Il est l’occasion de prendre la mesure du degré de renforcement ou d’affaiblissement, de stabilisation ou de déstabilisation, de recomposition et d’alignement des acteurs les uns par rapports aux autres et de donner à voir des dissonances et ajustements épistémiques et axiologiques.

En suivant la carrière des énoncés, en identifiant leur production, circulation et mobilisation dans les forums et arènes, on peut examiner comment et par qui s’imposent des stratégies et régimes discursifs sur l’environnement. La question devient dès lors : qui pense et comment la construction de l’environnement comme bien commun dans un contexte de controverses scientifiques, de jeu d’intérêts et d’incertitude sur les valeurs ? Autrement dit, qui produit, quelles connaissances pour quelles finalités sociales et avec quelles conséquences pour dire ce qu’est ou ce que doit être l’environnement comme bien commun. Ces interrogations invitent à s’intéresser aux acteurs et processus qui construisent et portent les différentes définitions sur l’environnement. Plus fondamentalement, les questions et controverses environnementales débordent le strict espace des sciences et réinterrogent les modes de gouvernement démocratique de nos sociétés et leurs rapports à la nature.

L’objectif de cet atelier est l’occasion d’ouvrir un débat, confronter les points de vue et faire dialoguer dans une esprit interdisciplinaire fécond les chercheurs sur la place et le rôle des sciences, les rapports aux risques, les positionnements des acteurs économiques, les inquiétudes de la société et le rôle du politique. Les propositions attendues, des disciplines et approches des sciences de la nature et des sciences humaines et sociales, devront interroger, théoriquement et/ou empiriquement les multiples contours et enjeux scientifiques, économiques, politiques, sociaux et médiatiques des problèmes environnementaux mais aussi questionner les caractéristiques, notamment dans les espaces (forums et arènes) discrets et fermés, qui leur donnent sens, autorité et légitimité, et là où n’interviennent que les spécialistes du domaine concerné. Une attention particulière est à accorder aux dynamiques et processus de luttes de définition, interprétation et institutionnalisation ou non des problèmes environnementaux et qui aboutissent à la qualification ou disqualification de l’environnement comme bien commun.

Tous les collègues des sciences de la nature et des sciences humaines et sociales, des universités de Montpellier et de Sherbrooke intéressés de près ou de loin par ces questions, sont invités à faire des propositions de communication.

Contact et envoi des propositions de communication :

mohamed.djouldem chez univ-montp3.fr

date ultime pour l’envoi des propositions de communication : 10 avril 2013

Dans la même rubrique

Dernières brèves