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Appel à communication pour un colloque sur la Guerre d’Algérie. Entre continuités et ruptures générationnelles : Les recherches sur la guerre d’indépendance algérienne cinquante ans après. Paris, 9-10 nov. 2012 (<27/07/2012),

vendredi 13 juillet 2012, par Dominique Taurisson-Mouret

Appel à communication pour un colloque sur la Guerre d’Algérie. Entre continuités et ruptures générationnelles : Les recherches sur la guerre d’indépendance algérienne cinquante ans après

ERASME/Maghreb Europe & Université Paris VIII – Saint-Denis

9-10 novembre 2012

La guerre d’indépendance algérienne, en tant qu’événement fondateur majeur de l’après-Seconde Guerre mondiale, peut constituer, en termes de « générations », un espace-temps bien défini et homogène (K. Mannheim). Or, les moments de la guerre se sont inscrits dans une pluralité de contextes historiques et ont revêtu plusieurs dimensions. En effet, ce temps a conjugué des séquences militaires, politiques et diplomatiques, et a été traversé de luttes internes, aussi bien du côté algérien que français. Pour les autorités politiques et militaires françaises, il s’agissait de (re)conquérir un territoire et une d’une population dissidente, dont la conséquence a abouti, à terme, à la création de l’État algérien. Cependant, les moyens employés et le but ont profondément divisé la société française. Ce conflit a émergé et s’est donc développé selon plusieurs niveaux – locaux, régionaux et internationaux –, ce qui en traduit la complexité.

L’étude de ce passé proche soulève la question, posée de manière encore assez vive, des rapports de l’histoire à la mémoire. Or, deux générations (ici définies en termes de classes d’âge) de producteurs de savoir se sont aussi penchées sur ce moment historique et ses effets. La première, qui a vécu la guerre, en possède une connaissance à la fois intime et passionnée. La distanciation qu’elle a acquise par rapport à un sujet qui lui est très proche ne saurait cependant faire abstraction de distorsions mémorielles, de « guerre de mémoire », dont les uns ou les autres peuvent se faire l’écho. Le nombre croissant de jeunes chercheurs et de leurs travaux sur le sujet est la conséquence, tout à la fois, d’un intérêt plus grand pour cette séquence historique, de l’ouverture relative des archives depuis 1992 et de la diffusion, dans l’espace public, des travaux pionniers des chercheurs de la première génération.

Dès lors, il est légitime de mieux comprendre et d’interroger la nouveauté des paradigmes d’une génération de chercheurs inscrits dans un champ de recherche en construction. Peut-on déceler des ruptures ou des continuités dans les objets, les sujets, les méthodes, les approches macro et micro-historiques ? Quelle place les sources ont-elles dans ces travaux ? Existe-t-il des changements entre les travaux qui se veulent plus larges et exhaustifs et ceux qui se fondent sur des aspects plus localisés ?

Les terrains, les catégories et cadres analytiques, comme les groupes sociaux étudiés, sont-ils les mêmes ? Quels sont les déplacements de paradigmes explicatifs que l’on peut observer ? Cette nouvelle génération évite-t-elle encore les présupposés idéologiques liés à une mémoire militante ? Au-delà des résultats et conclusions des travaux, le colloque devra aussi mettre en exergue les méthodes, les matériaux, les perspectives d’enquêtes engagés. Pour aborder ces questions, quelques axes de recherche peuvent être retenus :

  • L’Algérie avant 1954

Ces dernières années, les travaux sur l’Algérie pendant la colonisation française se sont multipliés et portent sur des thématiques et des événements plus précis, permettant ainsi de mieux éclairer les rouages du fonctionnement de l’Algérie coloniale (conquête, système juridique français, administration, école, etc.) et la construction du nationalisme algérien.

  • La guerre et ses aspects sociopolitiques

Certaines recherches se penchent désormais sur les mouvements intellectuels et politiques, les institutions et les « corps constitués » au cours de la guerre. Dès lors, il est intéressant de mieux connaître les réactions et les vécus des populations française et algérienne au cours de ce conflit.

  • Questions militaires

Cet axe traite des différents aspects concernant l’armée française et l’Armée de libération nationale (ALN), d’événements ayant marqué les soldats, certaines catégories de combattants ou encore certaines régions / wilayas.

  • Aspects internationaux

La guerre se joue aussi sur un plan diplomatique. Les recherches qui éclairent ces aspects internationaux facilitent la compréhension des contextes du développement du rapport de force externe et ses effets sur la guerre, celle des formes d’évolutions du conflit, ses tenants et aboutissants, ainsi que oppositions et des alliances qui se sont affirmées à l’échelle internationale, ont configuré le conflit et pesé sur son déroulement.

  • Les effets et conséquences de la guerre

Une sociologie des mémoires antagonistes dévoile, de chaque côté de la Méditerranée, les institutions, les protagonistes, les groupes qui se sont approprié la (une) mémoire de cette guerre. C’est pourquoi la perception plus fine des enjeux, des rôles de l’État et des institutions sont des pistes pour mieux cerner les processus de transmission de ces mémoires, leur expression et leurs usages ? La trajectoire de certains protagonistes après la guerre (pieds-noirs, supplétifs, pieds-rouges, etc.) et leur apparition dans l’espace public permettent également de mieux réfléchir aux enjeux de mémoires.

Modalités de soumission

Les propositions de communication ne devront pas dépasser 500 mots et devront comporter les éléments suivants :

  • Titre de la communication ;
  • Résumé problématique
  • Matériaux et méthodes utilisés ;
  • Auteur ;
  • Rattachement institutionnel.

Une attention particulière sera accordée aux propositions des doctorants et jeunes chercheurs.

Envoi des propositions à : guerredeliberationcolloque chez yahoo.fr

Date limite de proposition : 27 juillet 2012

Sélection des propositions : 1er septembre 2012

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