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Appel à communication pour une journée d’étude : « Le travail contraint dans les Amériques avant l’abolition de l’esclavage : codifications juridiques, transferts et harmonisation des pratiques » (Université de Poitiers, <15/04/2015)

mercredi 21 janvier 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

  • La journée aura lieu à l’université de Poitiers, le vendredi 16 octobre 2015 ( Université de Poitiers, 1, Rue Raymond Cantel)
    Journée d’étude : Le travail contraint dans les Amériques avant l’abolition de l’esclavage : codifications juridiques, transferts et harmonisation des pratiques

    La croissance démographique et économique des colonies nord-américaines et caribéennes est intimement liée à l’exploitation et à l’introduction, dès le XVIIe siècle, de travailleurs non libres. Après le relatif échec de l’asservissement des Amérindiens, la mise en place de l’engagement répond au besoin de pallier le manque de main-d’œuvre, tout en assurant le peuplement des colonies. En outre, la politique de déportation d’enfants vagabonds dans le cadre d’apprentissages, de gens sans aveu et autres condamnés de droit commun permet de délivrer le Vieux Continent de populations jugées indésirables. L’augmentation de l’immigration européenne entraînée par la diminution des frais de traversée, provoque la baisse du coût de revient des travailleurs libres et conduit à la mutation progressive du système d’engagement vers le Redemptioner system. Au cours du XVIIIe siècle, le recours grandissant à l’esclavage noir précipite la disparition de la servitude des travailleurs blancs. L’adoption de nouvelles formes de travail non libre répond, avant tout, à des impératifs économiques, aussi bien en termes de profitabilité que de gestion de la population servile. Cependant, la substitution d’une forme de main-d’œuvre contrainte par une autre ne se produit pas de façon brutale et ordonnée : ce passage se traduit par une période de transition, étape durant laquelle coexistent plusieurs conditions juridiques non libres.

Cette journée d’étude se propose d’historiciser l’instauration et le développement des formes de travail non libres dans l’espace nord-américain et caribéen avant l’abolition de l’esclavage. En portant un intérêt particulier aux processus de codification juridique qui régissent les différentes formes de servitudes contraintes, elle souhaite mettre en évidence les continuités, les emprunts et les ruptures entre les législations mais également entre les pratiques. Qu’elle soit engagée, apprentie, condamnée ou asservie, la main-d’œuvre contrainte recouvre une grande diversité d’expériences personnelles et collectives, selon les époques et les lieux. Aussi, outre l’examen de la construction d’un arsenal juridique destiné au contrôle et à la discipline des travailleurs non libres, l’une des ambitions de cette journée sera également d’évaluer, au travers d’études de cas, l’écart entre les discours et les pratiques, afin de mettre en évidence la part irréductible de tout être ou groupe social à s’affranchir des injonctions normatives.

Les participants sont invités à s’interroger sur les pistes, non exhaustives, de réflexion suivantes :

  • Une approche comparative entre les législations, les époques et les régions
  • Le rôle joué par l’appartenance raciale, l’origine géographique ou la confession religieuse dans l’intégration sociale et dans le traitement des travailleurs non libres
  • Les enjeux sociaux, politiques et sécuritaires posés dans la gestion de la population non libre dans les périodes de coexistence entre plusieurs statuts de travailleurs non libres
  • L’assignation à des tâches professionnelles spécifiques selon le type de main-d’œuvre non libre et son importance démographique
  • L’écart entre la/les législation(s) et la/les pratique(s)
  • Le renouveau historiographique que permet le développement de nouvelles technologies, notamment en matière de traitement des données et de reconstruction des trajectoires personnelles ou collectives

Modalités de soumission

Les langues de la journée d’étude sont l’anglais et le français.

Les propositions de communication, d’environ 300 mots, incluant un titre et le rattachement institutionnel, ainsi qu’une courte biographie d’une page maximum sont à envoyer à l’adresse suivante boundlabour2015@gmail avant le 15 avril 2015.

Les actes seront publiés.

Comité d’organisation / Comité scientifique

  • Lawrence Aje (Université Paul - Valéry, Montpellier 3 - EMMA)
  • Anne-Claire Faucquez (Université Panthéon - Assas - EA 1569 : Transferts critiques et dynamiques des savoirs, Université Paris VIII)
  • Elodie Peyrol-Kleiber (Université de Poitiers - MIMMOC)

Contacts

  • Lawrence Aje (courriel : lawrence [dot] aje [at] univ-montp3 [dot] fr)
  • Elodie Peyrol-Kleiber (courriel : elodie [dot] kleiber [at] univ-poitiers [dot] fr)

Annonce from http://calenda.org/315147

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