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Appel à contribution : « La représentation en Nouvelle-France », Bulletin d’histoire politique, Association québecoise d’histoire politique

lundi 21 mars 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

Date limite de soumission : jeudi 31 mars 2016

« Dans une Nouvelle-France dont on avance souvent qu’elle offre des conditions « idéales » pour l’implantation de l’absolutisme, la représentation est une dynamique essentielle et encore méconnue de la vie politique. Si l’attention des historiens s’est d’abord concentrée sur les instances éphémères du XVIIe siècle, tels les syndics et les échevins (Lareau, Lanctôt), la dimension institutionnelle de la représentation suscite désormais moins d’intérêt que ses enjeux sous-jacents (Coates, Robichaud). Alors que, par le passé, certains ont vu dans ces instances un embryon de démocratie, il est maintenant reconnu que la représentation sous le régime français revêt un caractère ponctuel et consultatif et concerne surtout les principaux habitants (Blais). Point de jonction entre les sujets et l’administration monarchique, la représentation n’est pas pour autant réservée aux puissants, puisque des mécanismes d’interpellation des autorités comme la requête et l’humble remontrance sont accessibles aux gens du commun, ceux-ci ayant aussi fait valoir leurs intérêts lors d’assemblées autorisées par l’intendant et plus rarement lors d’agitations collectives. Dans une société politique qui embrasse la métropole et la Nouvelle-France, il convient de souligner le caractère transatlantique de la représentation : Versailles n’est jamais si loin qu’on ne puisse adresser un placet au roi ou au secrétaire d’État, ou faire le voyage pour mieux faire avancer ses intérêts.
Dirigé par Marie-Eve Ouellet, ce dossier thématique propose une vision plurielle de la représentation.On s’intéressera aux tribunes à la disposition de la population pour faire entendre ses revendications aux autorités coloniales et métropolitaines de même qu’ecclésiastiques, mais aussi aux actes permettant l’expression de ces revendications, par exemple la requête. Par la même occasion, on s’interrogera sur les individus et groupes qui mènent des représentations. Des études de cas permettraient ainsi de mieux connaître ces « porteurs de dossiers ». Les réseaux de clientèle sont une autre dimension importante de la représentation, dans un contexte où l’influence d’un individu dépend de sa capacité d’attirer et de conserver la faveur des autorités. Dans cette société d’Ancien régime où le pouvoir s’exprime par l’action de ses agents, mais aussi de manière symbolique, la représentation s’incarne également dans les rituels, les loisirs ou l’architecture, qui permettent d’affirmer sa position sociale et ses aspirations. Voilà des exemples de sujets que nous souhaitons aborder pour comprendre le rôle et les modalités de la représentation à l’époque coloniale. »

  • Les chercheurs et chercheuses qui souhaitent rédiger un article scientifique dans le cadre de ce dossier sont invités à soumettre un projet d’environ 300 mots (titre, problématique et plan) à Marie-Eve Ouellet Marie-Eve.Ouellet chez uqtr.ca avant le 1er avril 2016.
  • Les articles (max. 7 000 mots, incluant les notes) devront être soumis à la responsable du dossier avant le 1er septembre 2016.
  • La publication du dossier est prévue pour l’automne 2017.

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