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Appel à contribution : « Les circulations étudiantes dans l’espace francophone au XXe siècle : institutions, parcours et sociabilités »(Montréal, 7/07/2016 — Fribourg, 29-30/09/2016)

jeudi 19 novembre 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

L’organisation de ce colloque en deux étapes cherche à mieux comprendre les réseaux et sociabilités forgés à travers les échanges étudiants qui se multiplient dans le monde francophone au cours du XXe siècle, et en particulier après 1945. Plus précisément, ce colloque vise à éclairer les liens entre, d’une part, la mobilité et les séjours d’étudiants francophones (Canada, Suisse, Afrique subsaharienne, Maroc, Indochine, etc.), facteurs de rencontres et d’initiation à l’« international », et, d’autre part, les institutions en charge de la mobilité étudiante dans l’espace francophone.

L’exemple de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) est révélateur. Fondation de droit privé, regroupant un ensemble de résidences universitaires, la CIUP a joué un rôle essentiel dans l’ancrage et l’institutionnalisation des échanges internationaux, tout comme l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF) qui, fondée en 1961, a son siège social à Montréal. Cependant, il ne faut pas négliger non plus les multiples agences de coopération et les programmes d’échanges d’étudiants (CREPUQ, AIEQ, Erasmus) ainsi que l’attribution de bourses nationales (bourses du Gouvernement français, de la Confédération suisse) qui ont eu un impact majeur sur la mise en place d’un espace savant, intellectuel et culturel de langue française.

On le sait, plusieurs anciens résidents de la CIUP deviennent, par la suite, des acteurs importants au sein des institutions francophones : le séjour à la CIUP peut être considéré comme une matrice de cet engagement ou du moins comme une expérience importante d’internationalisme. Par ailleurs, la CIUP constitue un laboratoire où se jouent les tensions que connaît l’espace francophone (anticolonialisme, Révolution tranquille, contestations estudiantines, eurafricanisme) : ces contextes politiques ont tous à leur manière un impact sur la mise en œuvre de ces circulations. Qu’en est-il des autres lieux de mobilité et d’échange ? Comment se joue l’internationalisation du monde étudiant francophone ? Quels sont les enjeux et l’impact, dans les pays d’origine des étudiants, de cette ouverture à l’« international » ? Peut- on repérer des trajectoires personnelles entre un séjour de mobilité et l’engagement dans des institutions de promotion de cet internationalisme académique ?

Pour répondre à ces questions, ce colloque s’intéresse à la fois aux objectifs des institutions, aux types de sociabilités des étudiants, aux profils sociologiques et aux parcours de formation de certaines figures de la francophonie ainsi qu’aux techniques de « gouvernementalité » mises en place par les États et les agences privées en charge de la mobilité académique. Il sera ainsi possible de mieux comprendre les circulations étudiantes au XXe siècle et de dépasser les récits des acteurs afin de restituer, dans sa complexité, une histoire plus sociale de la mobilité étudiante dans l’espace francophone, que ce soit en Haïti, au Sénégal, au Vietnam, au Québec, en Algérie, en Belgique ou ailleurs.

Bref, ce colloque a trois objectifs :

  • dynamiser la recherche historique sur les circulations académiques en apportant un panorama multidisciplinaire de la mobilité étudiante principalement centré sur le second vingtième siècle (principales lignes de force et moments d’inflexion) : des propositions venant de disciplines autres que l’histoire (sociologie, géographie, politologie, etc.) seraient vivement appréciées.
  • interroger la francophonie en tant qu’espace pertinent pour penser les circulations académiques.
  • créer un réseau de recherche capable d’approfondir ces thématiques dans la durée.

Le colloque est prévu en deux parties qui se dérouleront successivement à Montréal et à Fribourg. Les participants seront répartis en fonction du sujet de leur contribution. Pour chaque session, deux axes thématiques seront abordés et une synthèse de l’ensemble des deux journées conclura les débats.

1. Promoteurs et bénéficiaires – Montréal (7 juillet 2016, dans le cadre du Congrès annuel de l’Association internationale des sociologues de langue française) :

  • Les institutions favorisant les circulations d’étudiants francophones pendant le XXe siècle : enjeux sociaux, culturels, économiques, diplomatiques et politiques.
  • Les sociabilités académiques : le rôle de la langue dans les rencontres interculturelles ; les engagements et les solidarités politiques ; (in)compréhensions ; la formation de communautés épistémiques (réseaux professionnels, culturels, politiques francophones).

2. Saisir les circulations – Fribourg (29-30 septembre 2016) :

  • Les migrations étudiantes : approches comparatives des flux d’étudiants dans l’espace francophone (genres, profils socio-économiques).
  • Les trajectoires individuelles : stratégies individuelles/collectives en fonction du choix des disciplines étudiées, du genre, de l’environnement socioprofessionnel ; les mobilités choisies et imposées ; méthodes et sources pour reconstituer des itinéraires.
  • Synthèse des deux journées.

Les axes couvrent volontairement des domaines larges qui seront précisés au moment du choix
des contributions. Une publication des actes est prévue dans une revue spécialisée.

Contact :

Matthieu Gillabert matthieu.gillabert chez unifr.ch
Swiss National Science Foundation Postdoc Fellow/ Institut des Sciences sociales du Politique (Paris Ouest)

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