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Appel à contribution : « Pour une histoire des arts d’Afrique pré-contemporains : méthodologie, historiographie, » (Dossier thématique de la revue Afriques. Débats, méthodes et terrains d’histoire)

vendredi 21 octobre 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

Date limite de soumission : mardi 31 janvier 2017

Les musées présentant des objets africains se multiplient dans le monde et les expositions font florès tout autant qu’elles masquent l’indigence de la recherche en histoire des arts de l’Afrique pré-contemporaine. Si l’histoire de l’Afrique ancienne apparaît comme le parent pauvre des études historiques africanistes, l’histoire de l’art dans ce domaine, avec quelques exceptions notables, peine même à exister.

C’est pourquoi le dossier thématique n° 9 de la revue en ligne Afriques. Débats, méthodes et terrains d’histoire entend réinterroger comment et à quelles conditions on peut aujourd’hui écrire l’histoire des arts de l’Afrique pré-contemporaine et comment cela participe à l’écriture de l’histoire. La période et l’espace concernés par cet appel à contribution sont à géométrie variable considérant toutefois qu’il s’agit de se pencher sur les objets de l’Afrique dite « ancienne » ou « pré-contemporaine » dont la production a pu s’étendre jusqu’au cours du XXe siècle. Si ce dossier n’entend exclure aucune approche, il a pour cœur la question de la temporalité des productions artistiques et de leur historicité. Il s’agit de voir comment inscrire dans l’histoire ces objets et les dispositifs dans lesquels ils existent. Effectivement, avant même de pouvoir envisager une étude sur le statut des objets ou de leur signification à leur origine, il faut pouvoir situer leur production dans un temps et un espace donné.

S’il a été dit – en partie à juste titre – que c’est le passage dans les collections occidentales qui a transformé les objets africains en œuvre d’art, il faut noter que cela renvoie à une définition restreinte de l’art, déjà réinterrogée par les médiévistes et qui doit aussi l’être pour d’autres périodes, d’autres lieux, et pourrait même être remobilisée. Toutefois, avant même de pouvoir mener plus avant la réflexion sur la catégorie « art », il faut mieux comprendre les sociétés dans lesquelles ils sont produits. Sans s’interdire de considérer l’objet dans ses différentes temporalités, il ne s’agit donc pas d’abord d’interroger les processus d’artification mais plutôt de revenir sur l’exercice premier de l’histoire de l’art – et ses modalités – à propos des objets africains : qu’est-ce que dater, contextualiser, attribuer et comment l’iconographie donne des clefs pour les situer dans leur espace-temps d’origine.

Ce dossier privilégiera des articles à visée historiographique, méthodologique ou épistémologique qui présenteront un état de l’art des travaux menés dans un champ spécifique. Les contributions devront présenter des textes réflexifs sur les pratiques d’analyses des objets dans leur champ, à travers le temps, détaillant les documents utilisés comme sources ou comme documents informatifs et la manière dont les objets ont été analysés. Elles pourront aussi s’interroger sur les catégories classificatoires utilisées prioritairement dans leur champ, comme celles relatives à ce qui désignent les styles, les acteurs, les appartenances de type national remontant souvent à la situation coloniale, sur l’histoire de leur utilisation, leurs implicites et leurs biais.

De même, le chercheur pourra ré-interroger son rapport au corpus qu’il utilise. Effectivement, les recherches ont longtemps été façonnées par les collections muséales tributaires soit de l’histoire coloniale de chaque pays, soit des relations avec le monde mercantile ou encore de grandes expéditions de recherches. Dans tous les cas, l’histoire politique a longtemps creusé des ornières pour l’histoire de l’art. Ainsi, le dossier pourra aussi présenter l’histoire et l’état des lieux des recherches dans un pays donné pour voir comment les institutions modèlent les approches et permettra de poser les bases d’une histoire comparative des histoires des arts d’Afrique selon les pays.

Depuis quelques décennies, les pratiques de l’histoire de l’art se sont profondément renouvelées en s’ouvrant aux méthodes et aux questions de l’anthropologie. Les liens avec d’autres disciplines comme l’archéologie et l’histoire doivent encore être explicités. Tout particulièrement, les liens avec l’histoire restent – au-delà de quelques travaux – l’impensé de l’histoire des arts d’Afrique. Il nous faut donc à la fois approfondir comment s’établit le rapport à l’histoire, méthodologiquement et théoriquement, et le rôle central que jouera cette discipline à l’historicisation de l’histoire des arts africains.

Cet appel est donc lancé aux chercheurs, quelle que soit la discipline à laquelle ils se rattachent prioritairement, pour explorer ce qui peut faire source dans l’histoire des arts d’Afrique. Ce dossier entend ainsi faire émerger de nouveaux angles d’approche.
Coordination

Les directeurs scientifiques du dossier reçoivent les soumissions d’articles et déterminent les relecteurs anonymes chargés d’évaluer les articles, en accord avec le comité de rédaction. Les articles du dossier, après une présélection par les directeurs du dossier sur la base des évaluations extérieures, sont présentés au comité de rédaction qui doit en accepter la publication.

Calendrier

Les premières propositions d’articles, en français ou en anglais, sont à envoyer sous la forme d’un résumé, en français ou en anglais, d’environ 500 mots, conjointement à claire.bosc-tiesse chez univ-paris1.fr et à pmark chez wesleyan.edu
pour le 31 janvier 2016.

Les articles définitifs seront à rendre pour le 1er novembre 2017.

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