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Atelier international : « Au-delà de l’humanisme civique : les « traditions républicaines » de l’Atlantique » (3e session) — Université de Nantes — 11-12 mai 2017

mardi 25 avril 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Atelier organisé par :

  • Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique, Université de Nantes
  • STARACO - Statuts, race et couleurs dans le monde atlantique
  • CitƐr – L’Europe et les frontières de la citoyenneté – Alliance Europa, Institut d’Etudes européennes et globales – Région Pays de la Loire
  • Avec le soutien du CONICET – Universidad de Quilmes

Programme

11 mai 2017

9h30 Clément Thibaud, introduction.

Session 1. L’institution du multiple : monarchies et républiques composées dans l’Atlantique hispanique

  • 10h00 Manuel Herrero Sánchez (Universidad Pablo de Olávide, Séville), « The Spanish under the Habsburgs : a Catholic and Polycentric Monarchy of Urban Republics ».
  • 10h50 Federica Morelli (Università di Torino), « Citizenship, local and monarchical patriotism : the case of Quito and New Granada ».

Session 2. République, race et religion : unité et pluralité dans l’Atlantique moderne

  • 14h00 Nigel Penn (Cape Town University), « The Republican Idea in South African History ».
  • 14h50 Mathieu Ferradou (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Catholic Republicanism in Ireland ».

Session 4. Républicanisme et « nouvelle colonisation » en Afrique de l’Ouest

  • 16h00 Bernard Gainot (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Quelques brèves remarques sur l’établissement libre de Sierra-Leone, vu depuis la France du Directoire ».
  • 16h50 Allan Yvart (Université de Nantes), « Des ‘habitants courbés sous le joug du despotisme’ ? Sujétion, citoyenneté et libéralisme(s) sous la plume des gens de couleur libres des comptoirs du Sénégal (c.1720-c.1815) ».

Mardi 12 mai 2017

Session 3. La « révolution caribéenne » : un moment républicain ?

  • 9h00 Alejandro E. Gómez Pernía (Université Paris III-Sorbonne Nouvelle), « Republicanism and the Carribbean Revolution ».
  • 9h50 Frédéric Spillemaeker (Université de Nantes), « Un républicanisme caribéen ? Le parcours de Jean-Baptiste Bideau, des Antilles au Venezuela, 1796-1817 ».

Session 4. Le républicanisme en deçà et au-delà de l’État-nation

  • 11h00 Jeanne Moisand (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Le canton de Carthagène, une commune sous la Première République espagnole (1873) ».
  • 11h50 Matías Sánchez Barberán (Université de Nantes), « L’Union sera notre force : républicanisme sud-pacifique au milieu du XIXe siècle ».

Discussion finale

  • Comité d’organisation : Clément Thibaud (U. Nantes), Aanor Le Mouël (U. Nantes), Gabriel Entin (CONICET, U. de Quilmes), Federica Morelli (U. de Turin).
  • Organisation pour les projets Citer et STARACO  : Thomas Burel (CRHIA, CITER), Aurélie Cloarec (CRHIA, CITER), Aanor Le Mouël (CRHIA, STARACO), Audrey Thoraval (Alliance Europa)

Proposition

L’étude du républicanisme atlantique a connu un développement extraordinaire depuis que J.G.A. Pocock en a tracé les contours et les formes de circulation entre l’Italie, l’Angleterre et les Etats-Unis en révolution dans son Moment machiavélien : la pensée politique florentine et la tradition républicaine atlantique, publié en 1975. Ce maître livre y repérait un répertoire d’idées, de langages et de valeurs qui s’était consolidé dans les républiques italiennes de la Renaissance à partir de l’héritage antique, avait marqué les révolutions anglaises du XVIIe siècle puis l’indépendance des Etats-Unis. Ce registre intellectuel était défini comme un humanisme civique, opposé à la fois aux conceptions religieuses du commun, comme au libéralisme postérieur. La découverte d’un paradigme intellectuel qui avait nourri les grandes transformations politiques du monde anglo-américain depuis le XVIIe siècle allait susciter un tournant républicain. La modernité politique n’était pas seulement l’héritière de Hobbes et de Locke, c’est-à-dire du libéralisme politique, elle renvoyait à un autre courant de pensée devenu, par la suite, indistinct. Cette rupture devait marquer, au cours des années 1970-80, le débat historiographique sur la Révolution anglaise et la Révolution américaine et donner naissance à « l’Ecole de Cambridge ». Elle permettrait de créer une façon nouvelle d’envisager l’histoire des idées à partir d’une approche contextuelle, et d’explorer, dans la longue durée, une conception oubliée de la liberté politique entre Europe et Amérique dans laquelle se nouent des rapports singuliers entre individu et communauté.

Depuis ces études fondatrices, notre connaissance du « républicanisme atlantique » a progressé à grands pas depuis les années 1970. Mais ces avancées ont paradoxalement produit une zone d’ombre, une sorte d’impensé qui découle des prémisses à partir desquelles le problème fut posé à l’origine. En effet, la double opposition entre républicanisme classique et religion, d’une part, liberté républicaine et libérale, d’autre part, a concentré l’attention sur l’espace nord-atlantique et sur une chronologie particulière, qui commence avec la République de Florence et s’achève avec l’indépendance américaine. Qu’en est-il, cependant, d’autres espaces et contextes où les répertoires républicains furent imbriqués dans la pensée religieuse, en particulier catholique ? Pourquoi abandonner l’étude conceptuelle du républicanisme au moment où il obtient, au XIXe siècle, certains de ses plus grands succès en association avec les répertoires du libéralisme politique ? Pourquoi le paradigme républicain se développe-t-il avec tant de vigueur au sein de sociétés coloniales où les formes de contraintes et de domination se révèlent particulièrement fortes ? Autrement dit, les études de la tradition républicaine négligent à la fois le monde ibérique, qu’il soit européen et américain, ses « périphéries » néerlandaises – jusqu’en 1648 au moins – et l’espace francophone, qu’il soit d’Europe, d’Afrique ou d’Amérique. Le continent africain, malgré les expériences si différentes des républiques boers et du Liberia, n’apparaît guère dans l’historiographie.

L’objet de l’atelier consiste à explorer ces coins morts, à la fois conceptuels et géographiques, pour dessiner un autre monde républicain qui se développe particulièrement dans les Suds de l’Europe et de l’Atlantique. Le point de départ de cette réflexion collective inscrit ces expériences républicaines dans le cadre de l’expansion et de la crise des empires européens de nature transatlantique et mondiale : Portugal et l’Espagne, tout d’abord, Provinces-Unies et France, ensuite. Il commence avec la république des Pays-Bas, la Catalogne et le Portugal, au XVIIe siècle, les expériences des colonies françaises, espagnoles, anglaises et néerlandaises dans la Caraïbe. Il s’agit également de réfléchir également à la rupture républicaine de la décennie 1790 dans les Suds européen et atlantique, avec, par exemple, l’expérience de la péninsule italienne, Saint-Domingue, la Guadeloupe, les Quatre communes du Sénégal et les « conspirations » ibéro-américaines. La républicanisation de l’Amérique espagnole, au début du XIXe siècle, les soulèvements anti-impériaux du Brésil dans la premier moitié du XIXe siècle, les républiques boers, l’Orange et les républiques du Transvaal, fournissent des exemples, qui, bien que liés par la même conjoncture des French Wars, n’ont, jusqu’à présent, pas été mis en relation par l’historiographie. Cette perspective sud-atlantique ouvre naturellement sur l’articulation avec l’Océan indien, comme l’un des horizons pour de futurs débats.

Colloque
Atelier international : « Au-delà de l’humanisme civique : les « traditions républicaines » de l’Atlantique (3e session)
Du 11 au 12 mai

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