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Circulations culturelles transnationales - Coopération universitaire et reformulations des savoirs en sciences sociales [Session du 21/11/2011 du Séminaire Circulations culturelles transnationales : institutions, savoirs, pratiques (Sciences-Po, 2011-2012)]

mercredi 16 novembre 2011, par Dominique Taurisson-Mouret

Circulations culturelles transnationales : institutions, savoirs, pratiques

Projet financé par la Direction scientifique de Sciences Po (2009-2011).
Axe POLGLOB – Les changements d’échelle du politique dans un monde interdépendant, et co-dirigé avec Paris VII, SEDET

Année 3 : « Les coopérants français en Afrique, une situation de rencontre post-coloniale à grande échelle »

Le séminaire « Circulations culturelles transnationales : institutions, savoirs, pratiques », en relation avec le SEDET de Paris 7, consacrera sa troisième année d’existence à l’examen d’une situation de rencontre postcoloniale à grande échelle : l’institution, les politique et les pratiques de la coopération française qui s’ancre dans les premières années des indépendances et semble spécifier la France, puisque celle-ci se révèle la première « exportatrice mondiale » de coopérants dans les années 1970. Le cadre chronologique privilégiera les trois premières décennies (années 1960 jusque fin des années 1980) qui sont à la fois les plus intenses et les plus documentées.

Si la sociologie et les sciences politiques ont commencé à se pencher sur les figures et les pratiques des coopérants, l’histoire s’en est moins préoccupée jusqu’au regain d’intérêt actuel auquel nous voudrions participer. Laissant provisoirement de côté les aspects plus institutionnels et politiques, nous mobiliserons les outils de l’historiographie transnationale et de la sociologie de la circulation des idées en insistant sur les interactions, les médiations, les hybridations culturelles co-fabriquées par cette rencontre entre l’ancienne métropole et ses anciennes colonies. Dans cette perspective, quatre problématiques se dégagent qui nous mèneront durant le séminaire et le colloque suivra à l’automne 2012.

1) La sociologie propose une approche souvent globale de ces dizaines de milliers d’hommes et de femmes, souvent jeunes, qui s’engagèrent dans cette action. Mais quelles étaient au fond leurs motivations matérielles et symboliques ? Leurs attentes ? Ces agents, découvrant un mode de vie particulier, des formes de sociabilité spécifiques, vivaient également une forme de désocialisation par rapport à l’espace métropolitain. A la suite du voyageur, du colon, de l’ethnologue, le coopérant est-il une nouvelle figure de la rupture (même pensée comme provisoire) avec le référent occidental ? Comment le coopérant vit-il, ou non, son départ en termes de « vocation » ? Bref, il faudrait pouvoir cerner cette idiosyncrasie nouvelle : ni missionnaire, ni expert, le coopérant n’est-il pas théoriquement dans l’apprentissage d’une forme de réciprocité ? Dans quelle mesure la coopération s’est-elle vécue ou non comme une alternative positive à la colonisation, comme la possibilité d’une « bonne » interaction entre les peuples à l’heure du relativisme culturel anthropologique (1960’s) mais aussi des messianismes tiers-mondistes ?

2) Il s’agit de se placer au cœur des transferts de savoirs et de pratiques - en postulant que se trouve en jeu bien plus qu’un simple apport de qualification professionnelle ou d’aide technique - par l’analyse de cas singuliers et des interactions multiples entre coopérants et ressortissants des pays d’accueil, et en variant les domaines disciplinaires (théâtre et cinéma, enseignement, droit..)- de voir précisément comment s’énonçaient, des deux côtés, l’offre et l’appropriation de références « occidentales » et africaines, quels étaient les obstacles techniques en privilégiant l’interrogation sur la politique linguistique par exemple. Quels « truchements » sont à l’œuvre dans l’entreprise de coopération ?

3) Le retour, souvent plusieurs fois ajourné, se produit néanmoins. Logiquement, on s’interrogera sur les effets de cette expérience à la fois sur les agents coopérants, leurs trajectoires professionnelles, politiques, personnelles, mais aussi sur les reformulations critiques de savoirs, de conduites, de pratiques qui régissent la réinsertion dans le monde de départ.

4) Dimension comparative et transnationale.
Un détour par l’expérience britannique et l’expérience soviétique permettra de comparer les formes de la coopération, les figures de coopérants et les modalités de mise en circulation des savoirs dans des contextes nationaux différents. En Grande-Bretagne, la New Imperial History et les Postcolonial Studies ont contribué à une révision radicale tant de l’histoire de la colonisation et de la décolonisation que de l’histoire des sciences. Le séminaire sera l’occasion d’examiner les apports de ces nouvelles approches, appliquées à la coopération, notamment dans les domaines universitaire et scientifique. Phénomène transnational autant que bilatéral, la coopération a également été prise en charge par des institutions internationales (UNESCO, agences onusiennes, Europe) et des acteurs transnationaux non étatiques (fondations philanthropiques, ONG) dont elle a été l’une des justifications et des raisons d’être. Ces interventions multiples ont créé des réseaux transnationaux entremêlés dont il s’agira d’étudier les interactions sur le terrain local.

Ce séminaire sera suivi de la tenue d’un colloque international à l’automne 2012.

Programme 2011-2012

10/10/2011 - 14:30

Circulations culturelles transnationales - Figures du coopérant : missionnaires ? Militants ? Experts ?

  • Introduction : Emmnuelle Loyer (Sciences Po), Odile Goerg (SEDET, Paris 7 - Denis Diderot)
  • « L’exemple des pieds-rouge en Algérie : les migrants de l’indépendance » par Catherine Simon (Le Monde)
  • « Etre militant en dépit du devoir de réserve. Un profil de coopérant en Afrique subsaharienne et à Madagascar, 1960-1980 », Françoise Raison (SEDET, Paris 7 - Denis Diderot)

Responsable(s) : Emmanuel Loyer, Ludovic Tournès, Laurent Martin, Alexandre Escudier, Marie Scot

17/10/2011 - 14:30

Circulations culturelles transnationales - Interactions artistiques et culturelles : coopérants et acteurs locaux

  • « Développement théâtral pour l’Afrique, 1960-1984. L’engagement des pionniers pour un Théâtre populaire et de la Décentralisation dans la politique de coopération culturelle franco-africaine », Marie Pasquini (chercheuse associée à la BNF)
  • « Qu’est-ce qu’être cinéphile en Afrique ? », Odile Goerg (SEDET, Paris7 - Denis Diderot)

Discutant : Omar Carlier (SEDET, Paris 7 - Denis Diderot)

Responsable(s) : Emmanuel Loyer, Ludovic Tournès, Laurent Martin, Alexandre Escudier, Marie Scot

21/11/2011 - 14:30

Circulations culturelles transnationales - Coopération universitaire et reformulations des savoirs en sciences sociales

  • « Recherche et coopération, entre expertise et critique (Afrique de l’Ouest, 1960-1970) », Marie-Albane de Suremain (SEDET, Paris 7 - Denis Diderot)
  • « Les professeurs de droit coopérants », Florence Renucci (CR CNRS, Centre d’histoire judiciaire UMR 8025)

Discutante : Emmanuelle Loyer

Responsable(s) : Emmanuel Loyer, Ludovic Tournès, Laurent Martin, Alexandre Escudier, Marie Scot

05/12/2011 - 14:30

Circulations culturelles transnationales - Exemples de coopération judiciaire et administrative

* « L’ENFOM (1946-1960) : la coopération au programme ? », Julien Helary (SEDET, Paris 7 - Denis Diderot)
* « Le magistrat français, un acteur de la coopération judiciaire en Tunisie », Sandra Gérard Loiseau (IE CNRS, Centre d’Histoire Judiciaire UMR 8025)
* Discutant : Laurent Martin

Responsable(s) : Emmanuel Loyer, Ludovic Tournès, Laurent Martin, Alexandre Escudier, Marie Scot

12/12/2011 - 14:30

Circulations culturelles transnationales - Lieux de savoir. Universités et centres de recherche en Afrique : dynamiques locales et médiations coopérantes

  • « Le Commonwealth des universités : de l’external degree et de la special relationship à l’accréditation », Marie Scot (Sciences Po)
  • « Structures de recherche dans le monde colonial et postcolonial », David Mills

Discutante : Catherine Coquery-Vidrovitch

Responsable(s) : Emmanuel Loyer, Ludovic Tournès, Laurent Martin, Alexandre Escudier, Marie Scot

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