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Colloque : « Images du Cambodge : mythe, histoire et mémoire »(Paris, Archives nationales,10-11/04/2015)

mardi 7 avril 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

Programme

Au moment de la commémoration des quarante ans du génocide cambodgien, le 17 avril 2015, il est nécessaire de témoigner, par des manifestations culturelles et scientifiques, de la survivance et de la créativité d’un pays qui a connu l’élimination de masse et la destruction d’une communauté artistique. Entre 1975 et 1979, 90% des artistes et des intellectuels ont été persécutés et assassinés par le régime des Khmers rouges, laissant une société dévastée. La reconstruction politique, économique et culturelle du Cambodge est difficile ; dans ce contexte dramatique, les artistes ont joué un rôle essentiel, en particulier par un travail de transmission des arts traditionnels à la nouvelle génération. Mais les jeunes artistes cambodgiens sont en quête de renouvellement ; en questionnant le passé, ils cherchent aujourd’hui à comprendre la complexité de notre époque et à relever les défis de la mondialisation.

« L’identité cambodgienne » se construit entre deux pôles extrêmes : d’un côté la splendeur d’Angkor, et de l’autre l’horreur des années khmères rouges. Dans cet entre-deux, l’équilibre est fragile et incertain. Si le Cambodge hante les imaginaires contemporains, en particulier Angkor, qui n’est pas seulement un vestige archéologique, mais un mythe actif soutenant depuis le XIXe siècle une création littéraire et cinématographique, ce sont les effets des années de terreur qui façonnent la société : corruption généralisée, rupture ou manque de solidarité entre les générations, course effrénée à l’argent facile et à la satisfaction matérielle au détriment des nécessités sociales et culturelles. Le génocide a fait voler en éclats toutes les garanties symboliques. L’oubli forcé, au nom de la réconciliation et de l’unité nationale, offre un passé quasiment sans traces. L’absence d’images des massacres, le défaut de preuves ou le peu de souvenirs exprimés par les témoins, incitent à questionner la possibilité d’une transmission de l’innommable.
L’immense majorité de la population cambodgienne, dont 40% est âgée de 15 à 25 ans, a très difficilement accès à sa propre mémoire. Le travail d’archives devient essentiel dans la valorisation des modes d’écriture et de diffusion par l’image ; en plaçant la question de l’Histoire et la brisure identitaire au cœur de leur réflexion les artistes agissent pour contrer cet effacement du passé. Réemployés, détournés de leurs usages traditionnels, les films, les photographies, les sons, les objets, peuvent travailler une mémoire non-discursive, faisant du document un opérateur de remémoration ou de fiction. Pour en saisir les enjeux, il s’agira d’interroger successivement les mythes et les survivances des ruines d’Angkor, les processus mémoriels, ainsi que les formes visuelles qui se créent aujourd’hui au Cambodge.

Programme

Vendredi 10 avril 2015

09h30 - 10h00 | Accueil

Le Mythe d’Angkor : Présidente de séance | Isabelle Aristide, Chef du département des archives privées, Archives nationales

10h00 - 10h15 | Ouverture

  • 10h15 - 10h45 | Olivier de Bernon : Le rôle de l’École française d’Extrême-Orient dans la construction du mythe national khmer.
  • 10h45 - 11h15 | Isabelle Flour : Le mythe d’Angkor au prisme des expositions coloniales.
  • 11h15 - 11h45 | Gabrielle Abbé : L’École des Arts cambodgiens : une création occidentale ?
  • 11h45 - 12h15 | Richard Rechtman : La fiction dans l’écriture postgénocidaire.

Arts et mémoire : Présidente de séance | Claire Fagnart Maître de conférences à l’Université Paris 8

  • 14h00 - 14h30 | Patrick Nardin : Vann Nath cinéaste.
  • 14h30 - 15h00 | Soko Phay : Davy Chou ou la survivance des images perdues.
  • 15h30 - 16h00 | Projection : Davy Chou, Cambodia 2099 (2014).
  • 16h00 - 16h30 | Boreth Ly : Le17 Avril 1975, diaspora et représentations dans l’art contemporain cambodgien.
  • 16h30 - 17h00 | Projection : Pierre Bayard et Soko Phay, Vann Nath, le peintre-mémoire (2013).
  • 17h00 - 18h00 | Discussion générale

Samedi 11 avril 2015

Histoire et mémoire : Président de séance | Pierre Bayard Professeur à l’Université Paris 8

  • 10h00 - 10h30 | Alain Forest : Le Cambodge protégé : les ambiguïtés d’une restauration.
  • 10h30 - 11h00 | Suppya Hélène Nut : Phnom Penh : émergence des lieux de pouvoir et de mémoire.
  • 11h15 - 11h45 | Clothilde Roullier : Les images dans le fonds Norodom Sihanouk conservé aux Archives nationales.
  • 11h45 - 12h15 | Serge Rémy : La nouvelle architecture khmère 1955-1970. Esprit d’indépendance

Transmission : Président de séance | Michel Antelme Professeur à l’INALCO

  • 14h00 - 14h30 | Sabine Bouckaert : Du « réel » à l’imaginaire, modalités de l’immobile mobile dans L’image manquante de Rithy Panh.
  • 14h30 - 15h00 | Anne Guillou : Mémoire et système religieux au Cambodge.
  • 15h30 - 16h00 | Stéphanie Bopha Nann : La diaspora cambodgienne : s’adapter « ailleurs ».
  • 16h00 - 16h30 | Khatharya Um : Passages inter-générationnels de la mémoire.
  • 16h30 - 17h30 | Discussion générale

17h30 | Fin du colloque

Organisation

  • Soko Phay (Université Paris 8/EHESS), Patrick Nardin (Université Paris 8) et
  • Suppya Hélène Nut (Université de Cologne/INALCO).

Contacts : Patrick Nardin (courriel : patrick [dot] nardin [at] univ-paris8 [dot] fr)

Annonce from http://calenda.org/324290

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