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Conférence de G. Lache­nal : « Méde­cine colo­niale et épidé­mies en Afrique centrale. Histoire, traces, mémoires » (Musée du quai Branly-Jacques Chirac, 2/03/2017-18h)

mardi 21 février 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Conférence de Guillaume Lache­nal : « Méde­cine colo­niale et épidé­mies en Afrique centrale. Histoire, traces, mémoires », à l’occasion de la publication de son dernier ouvrage : Le médecin qui voulut être roi. Sur les traces d’une utopie, Seuil, 2017 (L’Univers historique)

  • 2 mars 2017-18h au Musée du quai Branly - Jacques Chirac, Atelier n° 1

« La méde­cine colo­niale fut en Afrique une forme extra­or­di­nai­re­ment ambi­tieuse d’in­ter­ven­tion sur la santé des popu­la­tions. La confé­rence retra­cera plusieurs épisodes majeurs de cette histoire, en parti­cu­lier à propos de la lutte contre la mala­die du sommeil en Afrique centrale. Quelles traces ont laissé les grandes campagnes d’éra­di­ca­tion  ? Comment les paysages, les insti­tu­tions et les popu­la­tions en gardent-ils encore la mémoire  ? Guillaume Lache­nal propose une explo­ra­tion des restes, des ruines et des souve­nirs liés à la méde­cine colo­niale dans l’Afrique d’aujourd’­hui. »

Guillaume Lache­nal, ancien élève de l’École normale supérieure et membre de l’Institut universitaire de France. Il est histo­rien des sciences à l’Uni­ver­sité Paris Dide­rot. Ses recherches portent sur l’his­toire et l’an­thro­po­lo­gie de la méde­cine en Afrique.

Il a également publié Le médicament qui devait sauver l’Afrique. Un scandale pharmaceutique aux colonies, La Découverte, 2014

Présentation éditeur :

« C’est l’histoire d’une piqûre magique, qui devait débarrasser l’Afrique d’une maladie qui décimait le continent. C’est l’histoire d’un scandale pharmaceutique oublié, enterré par les pouvoirs coloniaux de la fin des années 1950.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les médecins des colonies font de l’éradication de la maladie du sommeil leur priorité. Un nouveau médicament vient d’être découvert : la Lomidine. Dans l’enthousiasme, de grandes campagnes de « lomidinisation préventive » sont organisées dans toute l’Afrique. La méthode connaît quelques ratés – la molécule se révèle inefficace et dangereuse – mais ils ne freinent pas les médecins, au contraire. Il faut « lomidiniser » l’intégralité des populations, de gré ou de force.
Ce livre montre comment les médecins s’obstinèrent à utiliser un médicament pourtant dangereux, au nom du rêve d’une Afrique libérée de la maladie ; comment la médecine a été un outil pour le colonialisme ; comment elle a servi de vitrine à l’« humanisme » européen et de technique de surveillance et de répression. La petite histoire de la Lomidine ouvre une fenêtre sur le quotidien des politiques coloniales de modernisation, révélant leur envers : leurs logiques raciales, leur appareil coercitif, leur inefficacité constitutive, et la part de déraison inscrite au cœur du projet de « mise en ordre » de l’Afrique par la science et la technique.
Guillaume Lachenal renouvelle le regard sur le gouvernement des Empires, qu’il saisit dans son arrogance et sa médiocrité, posant les jalons d’une anthropologie de la bêtise coloniale. »

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