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« Définis-moi l’Indianocéanie » — Université de La Réunion — 4-5 octobre 2018

mardi 28 novembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Cette manifestation qui croise les regards de champs disciplinaires différents, s’inscrit dans les trois axes portés par la Fédération de l’OSOI (Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien ) :

  • Territoires et mobilités, dans la mesure où il s’agit de définir une aire géographique au travers de ses points communs, mais aussi de ses spécificités et d’interroger les réseaux qui animent cet espace.
  • Risques et développement, en questionnant les aspects sanitaires, sécuritaires, environnementaux, mais aussi les inégalités de développement et leurs conséquences.
  • Réseaux et pouvoirs, abordé au prisme des actions constructives de l’Indianocéanie, des accords économiques et du rôle institutionnel.
Appel
Date limite de soumission : jeudi 1er février 2018
Texte appel

Si l’océan Indien a fait l’objet de nombreux travaux, l’Indianocéanie, en revanche, est moins bien connue. Existe-t-elle de fait ? A partir de quelles réalités ? Si tel n’est pas le cas, quel intérêt d’envisager cette construction ? Pour quelle ambition ?
Le concept et l’espace auquel il se réfère ouvrent de larges perspectives croisant différents champs d’investigations.
Un premier colloque à Mahébourg (Maurice) en 2013, sous l’égide de la Commission de l’océan Indien (COI) « L’Indianocéanie, socle et tremplin de notre devenir », constituait un premier « pas vers l’émergence d’une identité indianocéannienne forte » (J.C. de l’Estrac, Secrétaire Général de la COI). Une deuxième avancée était effectuée en 2016, avec la parution de l’ouvrage collectif « Patrimoines partagés – Traits communs en Indianocéanie » (J.-M. Jauze – COI).
Pour autant le concept demeure encore imprécis. Si les fondements historiques, culturels, politiques, environnementaux, tracent un trait d’union entre les îles du Sud-Ouest de l’océan, sont-ils, pour autant, suffisants à définir l’Indianocéanité ? Car, ces îles se singularisent aussi par d’importantes disparités, de développement, d’économie, de gestion des territoires, de participation aux réseaux mondiaux. L’aire géographique concernée pose également question. L’Indianocéanie fait-elle référence aux seuls territoires de la Commission de l’océan Indien, La Réunion, Maurice, Les Seychelles, Madagascar, les Comores ? Quid du cas de Rodrigues, de Mayotte, des Maldives, des îles éparses ? D’ailleurs, ce concept n’intègre-t-il qu’une dimension insulaire et archipélagique ? Beaucoup de liens rapprochent les rives orientales africaines des espaces insulaires du Sud-Ouest de l’océan Indien : contribution africaine à leur peuplement, omniprésence de communautés indiennes au Kenya et en Afrique du Sud, héritage culturel et linguistique, histoire du commerce maritime, importance géopolitique de l’Afrique du Sud.
Quels seraient les critères d’une approche pertinente de cet ensemble que l’on cherche à identifier au cœur de l’océan Indien ?

Cette rencontre scientifique internationale s’inscrit dans la dynamique de la fédération de recherche de l’Université de La Réunion, Observatoire des Sociétés de l’Océan Indien (O.S.O.I.), dont les objectifs sont de fédérer les travaux et de promouvoir les connaissances sur cette partie du monde à travers l’étude des territoires et mobilités, des risques et développements, des réseaux et pouvoirs.

Elle se propose ainsi de réunir, en octobre 2018, durant deux jours, à l’Université de La Réunion, des chercheurs travaillant sur l’océan Indien, autant sur les îles que sur les rives continentales, afin de tenter de cerner les contours géographiques de l’Indianocéanie, son contenu et son importance géostratégique.
Elle privilégiera des démarches comparatistes et des approches pluridisciplinaires, à partir de trois axes :

  • Axe 1 – L’Indianocéanie à l’épreuve du temps. Il s’agira d’interroger le concept dans ses formalisations humaines, historiques, géographiques, politiques, juridiques, économiques, linguistiques, littéraires, en évaluant les facteurs de cohésion et d’unification.
  • Axe 2 – L’Indianocéanie, un monde pluriel. La définition renvoie aussi à la question des « limites » : frontières géographiques, inerties, freins au développement, débats et réalités politiques (par exemple la COI et la question de Mayotte ou des îles à souveraineté contestée), les limites des discours, les limites des concrétisations, les limites de l’appropriation...
  • Axe 3 – L’ambition indianocéanique. Il conviendra, au-delà des freins et des situations de blocage, de questionner également les volontés, les enjeux, les conditions et les capacités à consolider ou à construire un destin partagé.

Ces axes renvoient à un certain nombre de pistes qu’il serait intéressant d’explorer :

o L’existence d’une proto-Indianocéanie ?
o Approches historique, géographique, géopolitique, juridique, littéraire,
philosophique, environnementale
o La question des langues
o Cultes, pratiques, religions
o Une patiente construction humaine : migrations, apports culturels, routes et
flux commerciaux
o L’océan médiateur
o Etre Indianocéanien ?
o L’opinion dans tous ses états : évolution des discours et perceptions
o Disparités de développement
o Espace maritime, ZEE, questions des souverainetés
o Des économies complémentaires vs concurrentes
o Sphères géopolitiques et insertion dans la mondialisation
o Volontés politiques, outils institutionnels (rôle de la COI, de l’UE...)
o Un concept scientifique (rôle des chercheurs)
o Des actions constructives : iconothèque, phonothèque, route des baleines,
réseau récif...
o Accords économiques et réseaux : intégrations vs exclusions (« Les îles
vanilles », place et rôle des pays bordiers ?)
o L’Indianocéanie face à la gestion des risques : épidémiologiques, climatiques,
sécuritaires, environnementaux (la nouvelle transition écologique).

Ces indications ne sont cependant pas exhaustives et toute proposition s’inscrivant dans l’un des trois axes serait la bienvenue.

Unités de recherches partenaires du projet

  • Université de La Réunion : OSOI, OIES, LCF, DIRE, CRJ.
  • Universités de Madagascar : C3ED-M, CAA (Antananarivo), ENS de Toliara.
  • Université des Comores : EDSCL

Responsable du projet

Jean-Michel JAUZE – Pr. Géographie – Directeur adjoint OIES, Directeur du CREGUR – Université de La Réunion

Comité d’organisation

  • Serge BOUCHET – MCF Histoire – Université de La Réunion
  • Marie-Annick LAMY-GINER – MCF Géographie – Université de La Réunion
  • Vilasnee TAMPOE-HAUTIN – PR Anglais – Université de La Réunion
  • Mohamed AÏT-AARAB – MCF Littérature – Université de La Réunion
  • Wanda YENG-SENG – MCF Droit – Université de La Réunion
  • Thierry CALIGARIS – Docteur en Géographie – Université de La Réunion

Comité Scientifique

  • Evelyne COMBEAU-MARI – PR Histoire – Université de La Réunion
  • Fabrice FOLIO – MCF Géographie – Université de La Réunion
  • Jean-Philippe WATBLED – PR Linguistique – Université de La Réunion
  • Carpanin MARIMOUTOU – PR Littérature – Université de La Réunion
  • Hélène PONGÉRARD-PAYET – MCF Droit – Université de La Réunion
  • Rafolo ANDRIANAIVOARIVONY – PR Archéologie, Patrimoine, Histoire culturelle
    – Université d’Antananarivo (Madagascar)
  • Masséande ALLAOUI – MCF – Université des Comores
  • François BART – PR Géographie émérite – Université de Bordeaux
  • Maciej JEDRUSIK – PR Géographie – Université de Varsovie (Pologne)

Les propositions, sous forme d’un résumé de 500 mots au maximum, en français ou en anglais, comportant un titre, le ou les noms des communicants, leur(s) qualité(s), leur(s) institution(s) de rattachement, leur(s) adresse(s) mail, 5 mots-clés, l’axe dans lequel s’inscrit la communication, seront à adresser au plus tard le 1er février 2018, conjointement à : evelyne.combeau-mari chez univ-reunion.fr - fabrice-jm.folio chez univ-reunion.fr
Une réponse vous sera communiquée au plus tard fin février 2018

Colloque
Du 4 au 5 octobre

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