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« Dénombrer les baraques, recenser leurs habitants. Production statistique et usages des chiffres sur la ville irrégulière au 20e  siècle »

Après avoir examiné, lors du précédent atelier (3-4 juillet 2017), la construction juridique et réglementaire des catégories de la ville irrégulière dans la première moitié du xxe siècle, l’équipe de recherche «  Ville informelle au xxe  siècle  » aborde la documentation produite pour décrire les quartiers ainsi catégorisés. Une fois le problème de la ville irrégulière constaté, il faut en effet le documenter, en vue de le définir et de le traiter. Comptage, cartographie, enquêtes sociales, relevés photographiques sont alors mis en œuvre. L’estimation de l’ampleur du problème est une des préoccupations importantes des pouvoirs publics. Durant ces deux journées, nous explorerons ainsi la manière dont ceux-ci cherchent à le mesurer et le décrire.

Comment les statistiques publiques préexistantes, notamment les recensements généraux de population, prennent-elles en compte ou non ces habitats et leurs populations ? Comment procède-t-on pour compter des logements qui, par définition, laissent peu de traces administratives ? Comment les descriptions chiffrées interagissent-elles avec d’autres formes de représentations, cartographiques notamment ? L’examen de ces documents permet aussi d’étudier la manière dont les catégories administratives de la ville irrégulière sont effectivement mises en œuvre et les problèmes que celles-ci posent aux acteurs de terrain.

Quelles sont les administrations qui procèdent à ces dénombrements ? Le cas échéant, à quelles organisations les pouvoirs publics confient-ils cette mission ? On s’intéressera également aux dénombrements et recensements produits de leur propre initiative par des organisations non publiques (associations religieuses ou laïques, entreprises en charge d’un équipement technique).

Quand et comment procède-t-on au recensement des populations de ces quartiers ? Quels sont les objectifs d’une telle opération (endiguement du phénomène, contrôle des individus, relogement, etc.) ? Quels usages fait-on ensuite de ces documents ? On examinera notamment les usages successifs des données nominatives collectées. On pourra également s’intéresser à la postérité des chiffres agrégés, repris de document en document.

Programme

lundi 29 janvier

9 h 30

  • ouverture : Sylvie Thénault (directrice adjointe du CHS)
  • Introduction : Charlotte Vorms (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS, IUF)

10 h-12 h 30 Rendre visible ou occulter ?/ To show or to hide ? Discutante/Discussant : Margareth da Silva Pereira (Universidade federal do Rio de Janeiro)

  • Brodwyn Fischer (University of Chicago), Counting the Mucambópolis : Representation and Absence in Recife’s Informal Cityscapes
  • Emanuel Giannotti (Universidad de Chile, Facultad de Arquitectura y Urbanismo), The callampas as a public issue. Santiago de Chile, 1947-1970
  • Antonio Azuela et Erika Alcantar (Universidad Nacional Autónoma de México), Making informality invisible. Ignoring irregular urbanisation in the Mexican Miracle (1951-1966)

14 h 30-17 h Acteurs et motifs des recensements de bidonvilles/Shantytown censuses : Actors and Motives
Discutante/Discussant : Morgane Labbé (EHESS, CRH)

  • Éric Denis (CNRS, Géo-Cités) et Véronique Dupont (IRD, CESSMA), From the 1956 Slum Areas Act to the 2001 Census of India : identifying and counting slums in Indian cities, with a focus on Delhi and Chennai
  • Jim House (University of Leeds), Enjeux sociaux, politiques et sécuritaires du nombre : recensements et dénombrements dans les bidonvilles d’Alger (1941 1962)
  • Charlotte Vorms (Université de Paris 1, CHS, IUF) , Un recensement de baraques ? Objet, motifs, usages et genèse d’un fichier administratif (Madrid, 1956-1963)

17h15 Projection/film screening) / présentation : Annie Fourcaut, (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CHS)

  • Georges Lacombe, La zone, 1928, 38’
  • Eli Lotar, Aubervilliers, 1946, 25’

mardi 30  janvier

9 h 30-12 h Quelques recensements de bidonvilles en pratiques/ Case studies of shantytown censuses
Discutant/Discussant : Laurent Coudroy de Lille (École d’urbanisme de Paris)

  • Rafael Soares Gonçalves (Pontifícia Universidade Católica do Rio de Janeiro), Recensements, assistance sociale et présence de l’Église catholique dans les favelas de Rio de Janeiro dans l’après-guerre
  • Ana Fernandes (Faculdade de Arquitectura da Universidade federal da Bahia, Salvador), Territoires de pauvreté à Salvador de Bahia dans les années 1940 : dénombrer et appréhender les mocambos, avenidas et cortiços
  • Françoise de Barros (Université Paris 8, CRESPPA) et Muriel Cohen (CHS), Recensements et bidonvilles en France métropolitaine : politiques urbaines, exigences démographiques et question algérienne (fin des années 1940-années 1970)

14 h -16 h 30 L’objet et la mesure/ Objects and Measures
Discutante/Discussant : Claire Zalc (IHMC, CNRS, EHESS)

  • Thibault Bechini (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, CRALMI), Les pavés du progrès : mesurer le recul de la ville irrégulière dans l’Argentine positiviste de la fin du xixe siècle
  • Luciano Villani (CHS), Censire le baracche a Roma : uffici preposti, modalità di esecuzione e obiettivi delle rilevazioni effettuate dalla fine dell’Ottocento agli anni Sessanta del Novecento/Recenser les baraques à Rome : services préposés, modalités de mise en œuvre et objectifs des relevés effectués de la fin du xixe siècle aux années 1960
  • Emilio de Antuñano (University of Chicago), Mexico City’s mid-century colonias proletarias : Beyond the City Limits, Within the Political Community

16 h 45-18 h Discussion and possible ways ahead / Discussion et perspectives


Page créée le jeudi 21 décembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret.


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