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Colloque

« Des poupées noires, culture matérielle, représentations et résistances africaines-américaines (1840-1940) »
Musée du quai Branly - Jacques Chirac, Paris
Mardi 27 février 2018

Ce colloque trans-disciplinaire a pour point de départ la collection Neff de poupées noires en tissu faites main, vraisemblablement par des Africaines-Américaines entre 1840 et 1940, et d’un ensemble de photographies de la même période montrant des enfants américains avec leurs poupées. Il se propose d’analyser, de documenter et de questionner un jouet qui malgré son universalité et son importance considérable dans la formation de l’enfant voire d’une société, reste un sujet d’étude très minoritaire.

Il est organisé dans le cadre d’un partenariat entre La maison rouge - Fondation Antoine de Galbert et le Musée du quai Branly - Jacques Chirac, avec le soutien de Columbia Global Centers, Paris, à l’occasion de l’exposition « Black Dolls, la collection Deborah Neff » à La maison rouge (23 février – 20 mai 2018)

Comité scientifique

  • Nora Philippe, commissaire de l’exposition « Black Dolls, la collection Deborah Neff »
  • Paula Aisemberg, directrice de La maison Rouge
  • Frédéric Keck, directeur du département de la recherche et de l’enseignement au musée du quai Branly - Jacques Chirac

Coordination

  • Aurélie Garzuel, programmation culturelle, la maison rouge
  • Anna Gianotti Laban, département de la recherche et de l’enseignement supérieur, musée du quai Branly – Jacques Chirac

« En quoi la poupée a été aux Etats-Unis, au XIXe siècle et dans la première partie du XXe, un objet, pluriel et complexe, traversé par les tensions raciales et sociales du pays ? Si les poupées dominantes véhiculaient des représentations caricaturales et dégradantes, ou bien étaient « simplement » calquées sur le modèle européen et colorées de noir, la fabrication de poupées noires uniques, réalistes ou stylisées, personnalisées et destinées à être transmises, ressortit à une pratique de résistance, qui fut progressivement théorisée et promue dans les années 1910 par des intellectuels africains-américains. Mais comment peut-on qualifier cette résistance, alors que ces créations sont peu ou pas documentées, et que leurs auteures sont anonymes ? Les poupées artisanales pourraient bien apparaître comme des objets-clefs dans l’écriture d’une histoire des femmes et artistes africaines-américaines.

Sur le versant des usages, quels rôles tinrent ces poupées dans l’intimité des jeux d’enfants ? Les scénarios de jeu validaient-ils ou subvertissaient-ils l’ordre racial et social en vigueur, dans un pays esclavagiste, puis ségrégué ?

La triple identité portée par ces poupées : objet d’usage quotidien ; œuvre d’art (que l’on considère qu’il y ait une telle intentionnalité à l’origine ou qu’elles aient des qualités d’œuvre d’art reconnues a posteriori) ; et image de soi obligent à croiser des disciplines multiples : cultural studies, histoire du costume, anthropologie et histoire de l’art, gender studies, philosophie, histoire de la photographie, opèreront un va-et-vient entre la spécificité culturelle, historique et technique des poupées de la collection Neff - des textiles utilisés aux influences stylistiques africaines - et une approche théorique plus large. Cette dernière tentera une archéologie de l’objet « poupée noire » en France - à la fois fantasmatique et muséal -, une redéfinition de la poupée d’une part comme représentation résistante au sein de l’histoire des arts, et d’autre part, comme une injonction politique. Cette triple dynamique se retrouve chez certains artistes contemporains issus de diasporas africaines qui réinvestissent l’objet poupée. »

Programme

09h30 : ouverture

  • Nora Philippe, commissaire de l’exposition « Black Dolls, la collection Deborah Neff »
  • Julien Clément, adjoint au directeur, département de la recherche et de l’enseignement supérieur, musée du quai Branly – Jacques Chirac
  • 10h : La vie populaire de la photographie : poupées noires et poupées blanches, mémoire et matérialité, Deborah Willis, conseillère scientifique de l’exposition, professeure et directrice du Département Image et Photographie de la Tisch School of the Arts à l’Université de New York (NYU)
  • 10h30 : Les poupées à deux corps – un sens dessus dessous racial, Patricia Williams, professeure de droit à Columbia University, journaliste à The Nation Magazine

11h : pause-café

  • 11h15 : Les poupées de tissu noires : matériaux, fabrication, méthodologie, Madelyn Shaw, commissaire d’exposition, auteure, spécialiste du costume et de l’histoire américaine
  • 11h45 : La poupée blanche et le fétichisme de la race, Elsa Dorlin, professeure de philosophie sociale et politique, département de science politique Université Paris 8 Vincennes/Saint-Denis

12h15 : débat

12h30 : pause déjeuner

  • 14h : Échos du continent africain : quelques éléments de dialogue entre les poupées d’Afrique subsaharienne et les poupées noires américaines, Hélène Joubert, conservatrice en chef et responsable de l’Unité patrimoniale Afrique au musée du quai Branly – Jacques Chirac
  • 14h30 :De collecte en fiction, inventions d’une poupée noire, ParisBruxelles entre-deux-guerres, Marie Gautheron, docteure en histoire de l’art, ENS Lyon

15h : pause-café

  • 15h30 : Poupées de résistance, poupées de passage, Thierry Dufrêne, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Paris Nanterre
  • 16h : Les poupées Pascale, Pascale Marthine Tayou, artiste plasticien, enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris
  • 16h30-17h30 : discussion générale et conclusion / Modération : Nora Philippe

[1] Robin Bernstein, Racial Innocence : Performing American Childhood from Slavery to Civil Rights, New York University Press, 2011


Page créée le mercredi 7 février 2018, par Dominique Taurisson-Mouret.

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