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« Espaces politiques et sociaux des mines » — EGE — 16-17 novembre 2017

mercredi 15 novembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Evènement organisé par la Chaire d’Etudes africaines comparées ; rattachée au CRESC cette chaire se consacre à l’étude des sociétés politiques africaines avec l’objectif de diffuser une meilleure connaissance et renforcer la formation doctorale sur un continent qu’elle entend appréhender dans son unité, sans distinction d’origine coloniale entre Afrique du Nord et Afrique subsaharienne mais aussi éloignée d’une différenciation d’une « aire culturelle » dite arabo-musulmane et d’une « aire culturelle » qualifiée d’africaine.

Pour toute information complémentaire : École de Gouvernance, Sciences économiques et sociales , Avenue Mohamed Ben Abdellah Regragui, Rabat 10112, Maroc (Téléphone : + 212 5 37 27 61 00)

Depuis les années 2000, l’exploitation minière s’est considérablement intensifiée sur le continent africain, entraînant la redéfinition des espaces et la reconfiguration des relations sociales. Cette intensification du phénomène minier donne notamment lieu à une spatialisation spécifique, à l’émergence d’espaces directement destinés à l’exploitation (villes minières construites ex nihilo, campements éphémères des mines artisanales, etc.) ou encore, à des pratiques d’appropriation foncière par des compagnies minières internationales, parfois dans des contextes de grande violence. Que ce soit dans le cadre de conflits géopolitiques et fonciers, ou au niveau des pratiques plus quotidiennes, ces reconfigurations connaissent des manifestations diverses, à travers une forte mobilité des individus en contexte artisanal, une planification et des aménagements spécifiques dans des cadres plus formalisés, ou encore une redéfinition des enjeux de la gouvernance. L’objectif de cette journée d’étude est de s’intéresser à la spatialisation minière, en posant la question de sa spécificité et de ses conditions de production. Alors que certaines situations semblent s’insérer dans un processus de territorialisation généralement associé à la globalisation, d’autres supposent l’apparition d’espaces plus ou moins temporaires dont la composition interroge directement les processus d’urbanisation. Comment analyser une urbanisation temporaire, à travers les campements miniers artisanaux par exemple ? De quelle urbanisation parle-t-on lorsqu’elle concerne des populations déplacées ou des villes minières dites « en déclin » ? La diversité des situations est telle, qu’elle oblige également à poser la question des relations sociales et des mobilités qu’elles induisent : quels sont les processus de délimitation de ces espaces ? Comment sont négociées les relations entre migrants et villages ou villes d’origine, la cohabitation entre individus d’horizons différents, etc. ? Enfin, les modes de gouvernement de ces espaces constituent également un enjeu majeur, lié directement à la distribution des populations et à leur circulation, voire dans certains cas, à leur délocalisation forcée.

L’intérêt accru dès les années 1970, notamment en France, pour la prise en compte explicite du caractère social des espaces a permis de montrer en quoi ils ne pouvaient se résumer à un cadre pour les relations sociales, mais qu’ils participaient activement à leur construction. Certains auteurs ont ainsi privilégié une analyse à l’échelle des pratiques quotidiennes ; d’autres ont insisté sur la dimension genrée et sexuée ; d’autres encore, se sont attachés à dégager la spatialisation politique et ses modes de gouvernement ; d’autres enfin, se sont focalisés sur les attentes et les imaginaires associés. Adopter une approche spatiale permet ainsi de mettre au jour les conditions d’émergence des relations sociales et politiques, sans exclure pour autant les conditions économiques dans lesquelles ces espaces sont produits. Il s’agira donc d’envisager les mines à travers leurs manifestations spatiales et relationnelles, et de poser la question plus générale de la territorialisation (avec un intérêt possible à la notion de frontière, à la titrisation foncière ou à la planification urbaine par exemple) et des flux qui la traversent et/ou la concurrencent (mobilités humaines, délocalisation, économie dite informelle, etc.).

Programme colloque

Jeudi 16 novembre 2017

9h00-9h15 : Accueil des participants

9h15-9h30 : Ouverture par Anna DESSERTINE

9h30-11h00 : Panel 1 : « Modes de gouvernement et appropriations spatiales des territoires miniers (1) », discutant : Max ROUSSEAU

  • Filipe CALVAO : « La fin de l’exploitation minière ? »
  • Benjamin RUBBERS : « Du gouvernement spatial des entreprises minières. Une généalogie du logement ouvrier dans le Copperbelt congolais »
    - Aziz IRAKI : « Quelques éléments sur le système politique local et la gestion des petites villes minières marocaines »

11h30-13h00 : Panel 2 : « Espaces d’expression, espaces de tension », discutant : Ahmed BENDELLA

  • Mohamed BÉNIDIR : « Le mouvement contestataire d’Imider : Lieux de la délibération et échelles de la riveraineté »
  • Kabinet FOFANA : « Les violences sociales dans les zones minières en Guinée. Cas de la préfecture de Boké »

14h30-16h00 : Panel 3 : « Mobilités et migrations minières : connexions, itinérances, interruptions », discutant : Mehdi ALIOUA

  • Raphaëlle CHEVRILLON-GUIBERT : « Boom de l’or au Soudan : nouvelles mobilités des hommes et reconfiguration des échanges »
  • Matthieu BOLAY : « Mobilité induite par expulsion dans les espaces d’extraction artisanale de l’or en Afrique de l’ouest »
  • Anna DESSERTINE : « Sur les missions dites de ‘déguerpissement’en Guinée : l’enjeu des mobilités dans les mines d’or artisanales »

16h30-18h00 : Panel 4 : « Dimensions sexuées des espaces miniers » discutante : Lisa BOSSENBROEK

  • Michèle CROS : « Dessiner un boom aurifère – Côté femmes en pays lobi burkinabé »
  • Kyra GRIECO : « Engendrer la résistance : masculinités, féminités et extraction à grand échelle dans les Andes Nord-Péruviennes »

Vendredi 17 novembre 2017

9h30-11h00 : Panel 5 : « La fermeture des compagnies minières : quelles formes de déclin urbain ? » Discutant : Abdelaziz ADIDI

  • Youness KABBAL : « Penser la notion de ‘déclin urbain’ dans le cas des villes moyennes minières marocaines après la mine »
  • Johannes KNIERZINGER : « Obuasi au Ghana et Fria en Guinée : deux villes minières en déclin »

11h30-13h00 : Panel 6 : « Modes de gouvernement et appropriations spatiales des territoires miniers en déclin (2) » discutant : Abdelaziz ADIDI

  • Tarik HARROUD : « Usages et formes d’appropriation sociale des lieux publics d’une ville minière en déclin au Maroc (le cas d’El Youssoufia) »
  • Adil ZABADI : « Appréciation de l’action publique dans le contexte des villes minières en déclin des PED : cas de la ville de Jerada au Maroc »

Biographies

  • Abdelaziz ADIDI : Directeur de l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme (INAU) à Rabat, ses travaux portent sur les villes minières au Maroc et sur les processus d’urbanisation.
  • Mehdi ALIOUA : Sociologue, enseignant-chercheur à l’Université Internationale de Rabat (UIR) et membre du LMI Movida, ses travaux portent sur les redéploiements des migrations internationales à partir du Maroc et sur le transnationalisme en lien avec les processus de globalisation.
  • Ahmed BENDELLA : Doctorant en sociologie au CRESC à l’EGE (UM6P) à Rabat, ses travaux portent sur la question des terres collectives au Maroc.
  • Mohammed BÉNIDIR : Professeur de l’Enseignement Supérieur assistant à l’École Nationale d’Architecture de Tétouan, il mène actuellement des recherches sur la relation entre compagnies minières et communautés riveraines, les mouvements contestataires autour des mines et les enjeux de la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise minière.
  • Matthieu BOLAY : Anthropologue et docteur en Sciences sociales de l’Université de Neuchâtel (Suisse). Il est collaborateur scientifique (post-doctorat) à la Haute École Pédagogique (HEP PH) de Fribourg et chercheur associé à la Maison d’Analyse des Processus Sociaux (MAPS) à l’Université de Neuchâtel en Suisse.
  • Lisa BOSSENBROEK : Post-doctorante à l’EGE (UM6P) à Rabat et chercheuse au CRESC, ses travaux portent sur les changements agraires et le développement rural dans une perspective de genre à partir de terrains au Maghreb et en Asie Centrale.
  • Filipe CALVÃO : Anthropologue et professeur assistant à l’Institut des Hautes Études Internationales et du Développement à Genève en Suisse. Ses travaux portent sur les relations sociales et culturelles entre les communautés et les compagnies minières, la matérialité des minéraux et le problème du ‘unfree labor.’
  • Raphaëlle CHEVRILLON-GUIBERT : Chercheuse en Sciences Politiques à l’Institut de recherche pour le développement (UMR PRODIG) et chercheuse associée au Cedej-Khartoum, ses travaux portent actuellement sur les politiques de développement liées à l’exploitation des ressources minières et à leurs potentiels conflits au Soudan, au Tchad et au Maroc.
  • Michèle CROS : Professeure d’anthropologie à l’Université Lyon 2 et chercheure au Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux contemporains (LADEC, Lyon). Elle travaille depuis plusieurs décennies au Burkina Faso sur une anthropologie du vivant à la croisée de l’anthropologie de la santé et de la nature.
  • Anna DESSERTINE : Chercheuse postdoctorante à la Chaire d’Études Africaines Comparées de l’Université Mohamed VI Polytechnique et docteure en ethnologie depuis octobre 2016 (Université Paris Ouest Nanterre-La Défense). Ses travaux portent sur la production des espaces en Guinée et au Maroc en contexte minier.
  • Kabinet FOFANA : Politologue guinéen et directeur de l’Association Guinéenne de Sciences Politiques, think tank de droit guinéen spécialisé dans la recherche sur les intentions et motivations de vote, la gouvernance publique responsable. Il est également analyste dans plusieurs médias locaux et internationaux sur les questions politiques et sociologiques de la Guinée.
  • Kyra GRIECO : Doctorante CERMA/Mondes Américains à l’EHESS à Paris, affiliée à l’Institut Français d’Études Andines (IFEA) au Pérou. Elle s’intéresse plus largement aux mouvements sociaux au Pérou en contexte minier.
  • Tarik HARROUD : Architecte-géographe et chercheur à l’Institut National de l’Aménagement et de l’Urbanisme à Rabat au Maroc, ses travaux portent sur la planification urbaine au Maroc et sur les pratiques sociales et spatiales d’appropriation des espaces publics et des lieux marchands.
  • Aziz IRAKI : Architecte-géographe et professeur de l’Enseignement Supérieur à l’Institut National de l’Aménagement et de l’Urbanisme (INAU) à Rabat au Maroc, ses travaux portent sur la gestion urbaine, l’émergence de nouveaux acteurs dans le champ urbain et les mobilisations.
  • Youness KABBAL : Doctorant inscrit à l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme (INAU) à Rabat au Maroc et doctorant affilié au Centre de Recherche Économie Société Culture (EGE-UM6P, Maroc), ses travaux portent sur les questions d’urbanités dans les villes moyennes minières marocaines.
  • Johannes KNIERZINGER : Après des études de développement international, de sociologie et de géographie à Vienne, Leipzig et Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il est employé comme chercheur postdoctoral à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). En septembre 2017, il a organisé une conférence internationale à Fria sur le déclin des villes minières en Afrique.
  • Max ROUSSEAU : Politiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), il est actuellement détaché comme enseignant-chercheur à l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme de Rabat (INAU). Ses travaux sont consacrés à la gouvernance et aux politiques de développement territorial.
  • Benjamin RUBBERS : Professeur d’anthropologie à l’Université de Liège et à l’Université Libre de Bruxelles, Belgique. Il mène des recherches sur les changements sociaux dans le Copperbelt congolais depuis 1999. Récemment, il a obtenu un financement ‘Consolidator’ de l’ERC pour mener à bien une recherche collective et comparative sur les micropolitiques du travail dans le secteur minier au Congo et en Zambie.
  • Adil ZABADI : Docteur en économie, professeur Habilité à l’Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme (INAU) à Rabat au Maroc. Il s’intéresse aux problématiques de développement local au Maroc et au management des projets coopératifs inter-organisations.
Colloque
« Espaces politiques et sociaux des mines »
Du 16 au 17 novembre

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