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JOURNÉE D’ÉTUDE HISTOIRE ET DEVELOPEMENT : LA QUESTION HYDRAULIQUE EN AFRIQUE DU NORD DEPUIS LA COLONISATION (Tunis, 18/09/2012)

mardi 25 septembre 2012, par Dominique Taurisson-Mouret

A l’occasion de l’inauguration de l’Exposition : LES POLITIQUES HYDRAULIQUES COLONIALES DANS LE SUD-EST TUNISIEN, LES ARCHIVES NATIONALES DE TUNISIE & SOCIAL RESEARCH CENTER – CAIRO ONT ORGANISE le 18 SEPTEMBRE 2012 UNE JOURNÉE D’ÉTUDES HISTOIRE ET DEVELOPEMENT : LA QUESTION HYDRAULIQUE EN AFRIQUE DU NORD DEPUIS LA COLONISATION

Programme

  • 09h00 : Accueil de participants
  • 09h30 : Inauguration de l’Exposition
  • 10h00 : Allocution d’ouverture

10h10 – 11h40 Première session Modérateur : Faouzi MAHFOUZ (Directeur de l’Institut supérieur de l’histoire du Mouvement national)

  • 10h10 – 10h30 Marwane LAJILI (Institut supérieur de l’histoire du Mouvement national - Tunis) : Ressources hydrauliques et gestion de l’espace rural en Tunisie sous le protectorat
  • 10h30 – 10h50 Mohammed EL-FAÏZ (Université Cadi Iyadh – Marrakech) : Le projet hydraulique colonial au Maroc (1912-1956) : sa genèse et ses
    effets immédiats et durables
  • 10h50 – 11h10 Mabrouk JEBAHI (Archives nationales de Tunisie) :
    التقارير العسكرية الخاصة بمنطقة الجنوب التونسي غداة األحتالل )1011-1881( وأولى مخططات إدارة
    المجال والموارد
  • 11h10 – 11h40 : Discussion
  • 11h40 -12h00 : Pause café

12h00 – 13h20 Deuxième session Modérateur : Hédi JALLAB Directeur général des Archives nationales de Tunisie

  • 12h00 – 12h20 Habib AYEB (Université Paris VIII / SRC – Le Caire) : Politiques agricoles, Politiques hydrauliques et Souverainetés Alimentaires ;
    héritages d’hier et réalités d’aujourd’hui : Les cas de la Tunisie, de l’Egypte et du Maroc
  • 12h20 – 13h00 Ali TAIEB (Institut supérieur de l’histoire du Mouvement
    national – Tunis) : Le Patrimoine hydraulique contemporaine dans la compagne tunisienne (Présentation d’un Film documentaire)
  • 13h00 – 13h30 : Discussion et débat générale.

La politique de développement de la Tunisie post-coloniale a été
initiée et s’est poursuivie sous des formules et des ajustements
successifs, souvent liés à des « évolutions » politiques, mais
systématiquement sous l’étiquette de la modernité et de la
modernisation techniques qui constituaient le fondement même
du projet politique de Bourguiba. Ainsi il n’est pas exagéré
d’affirmer que la politique agricole et hydraulique en Tunisie est
encore aujourd’hui régie par l’idéologie de l’irrigation et de la
modernité. Sur le terrain, cela s’est traduit par des choix
techniques modernes comme les barrages, les forages profonds,
les réseaux de transferts entre les régions, la mécanisation de
l’agriculture et de l’irrigation et l’introduction de nouvelles
technologies et modes de gestion de l’eau.

Cette modernisation technique a ainsi permis la généralisation
de l’irrigation, partout où elle est possible, et l’extension des
espaces irrigués dans les déserts et les steppes, notamment
autour des oasis et dans la grande plaine Djeffara (sud-est),
dont la partie tunisienne s’étend de Gabès à la frontière
libyenne en constituant une large bande de plusieurs dizaines
de kilomètres entre la chaîne montagneuse de Matmata et la
côte Méditerranéenne. Ainsi, la politique de développement,
dans laquelle l’expert joue un rôle central, a fortement modifié
les paysages agricoles, hydrauliques mais aussi sociaux, avec
l’apparition de plusieurs formes de marginalités sociales et
territoriales. Dans la région de Gabes, on estime, qu’entre les
années 1980 et aujourd’hui, les zones traditionnellement
irriguées ont été divisées par deux, alors que la surface globale
irriguée a été multipliée par deux.

Incontestablement, les politiques hydro-agricoles actuelles
posent un problème réel en termes de gestion des ressources
hydrauliques, de développement agricole et de politiques
alimentaires (sécurité/souveraineté alimentaire). Toutefois, un
changement de politiques ne sera pas chose aisée puisque les
experts actuels de l’hydraulique et de l’irrigation, formés dans
les écoles tunisiennes héritières de l’ingénierie coloniale (en
France ou dans les colonies), qui sont actuellement aux
commandes de l’agriculture et de l’hydraulique, ne semblent
pas concevoir la modernité en dehors des concepts classiques
de gestion technique, rentabilités, efficiences, coûts et
mécanisations...

Cette rencontre organisée à l’occasion de l’exposition des
documents d’archives sur les politiques hydrauliques
coloniales dans le sud-est de la Tunisie, vise à questionner
l’histoire de l’hydraulique coloniale comme fondement
technique et juridique, et comme cadre conceptuel et
idéologique de l’hydraulique post-coloniale. Comprendre les
éléments, les objectifs et les moyens scientifiques, techniques
et humains du projet hydro-agricole colonial devrait nous
permettre de mieux identifier les différentes dimensions du
débat en cours sur les politiques hydrauliques actuelles et sur
les justifications de leur poursuite ou de la nécessité d’opter
pour un autre modèle de développement de l’hydrauliques, de
l’irrigation et plus généralement des questions liées au
développement de l’agriculture en Tunisie comme ailleurs.

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