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Journée d’études LabexMed/Iremam : Dire et écrire le pouvoir impérial en Méditerranée, XIXe-XXe siècles (8/06/2012, MMSH, Aix-en-Provence)

mercredi 30 mai 2012, par Dominique Taurisson-Mouret

Journée d’études LabexMed/Iremam : Dire et écrire le pouvoir impérial en Méditerranée, XIXe-XXe siècles

Vendredi 8 juin 2012, MMSH, Salle Georges Duby

Responsables scientifiques

  • Alexis RAPPAS, Chercheur postdoctoral LabexMed (IREMAM / MMSH)

Tél : + 33 (0)4 42 52 49 44

e-mail : alexis.rappas chez gmail.com

  • Mathieu GRENET, Chercheur postdoctoral Andrew Mellon, Washington University in Saint Louis

Tel : + 1 314 255 6071

e-mail : mathieugrenet chez gmail.com

Problématique

Les logiques impériales sont, on le sait, polysémiques, tout comme sont multiples les registres auxquels elles empruntent et les modalités selon lesquelles elles opèrent. Ainsi l’étiquette impériale, les rituels ou encore les codes vestimentaires impriment-ils sur les corps la différence entre gouvernants et gouvernés, selon une dynamique de normativation des corps et des conduites désormais bien connue des historiens comme des anthropologues. De façon moins ostentatoire, mais peut-être – et de ce fait même – plus efficace, le pouvoir impérial se pérennise également en se disant et en s’écrivant : le langage officiel, les catégories sur lesquels il repose et qu’il reproduit en les énonçant, est inséparable de sa finalité pratique.

La recherche s’est depuis longtemps intéressée à la performativité du discours pour expliquer l’enracinement du pouvoir impérial au quotidien, au-delà de ses ressorts socioéconomiques les plus visibles et donc les plus souvent contestés. Mais les travaux inspirés du tournant linguistique se sont longtemps enfermés dans une démarche auto-référentielle qui, tout en éclairant l’élaboration et la diffusion des catégories à la base de la politique impériale, se révèle incapable de rendre compte de leur application pratique.

Or par définition le langage impérial ne devient politique qu’une fois traduit dans ou de l’idiome local ; s’il découle d’une tradition bureaucratique métropolitaine dont les origines s’estompent, il s’incarne dans le travail de traduction ou d’interprétation d’intermédiaires locaux. Souvent négligés par l’historiographie, ces derniers – traducteurs, scribes, interprètes consulaires, employés de l’administration coloniale, élite semi-coloniale – sont pourtant les rouages importants de la « mécanique impériale », et disposent d’un pouvoir aussi étendu qu’insoupçonné.

Cette journée d’études ambitionne de mettre en lumière les processus d’hybridation à l’œuvre dans l’exercice du pouvoir impérial, à travers une étude des modalités de traduction de ce dernier. Le cadre méditerranéen se prête tout particulièrement à l’étude, puisqu’une tradition pluriséculaire d’inter-traductions des langues méditerranéennes – sans compter la revendication d’un « héritage culturel » commun – génère, de part et d’autre de l’interface impériale, un sentiment de familiarité trompeuse. La perspective adoptée est résolument trans-impériale : l’enjeu est en effet de comparer les terrains coloniaux européens et extra-européens dans une double perspective diachronique (car axée sur la transition d’une configuration à l’autre) et synchronique (car centrée sur l’évaluation des différences et similarités entre cas particuliers). Le choix a été fait de limiter l’analyse à la période contemporaine, soit au moment de la consolidation et d’une certaine standardisation des langages administratifs et commerciaux.

Flash Info, Journée d’études LabexMed/Iremam
Journée d’études LabexMed/Iremam, juin 2012

Programme

9h00-9h30 : Réception des intervenants

9h30-9h45 : Accueil et présentation, Intervenante : Brigitte Marin (MMSH)

9h45-10h15 : Introduction, Intervenants :Mathieu Grenet, Washington University in St. Louis et Alexis Rappas, LabexMed – IREMAM

10h15-10h30h : Pause

10h30-12h15 : Panel 1 – Mots d’ordre et ordre des mots : à la recherche d’une grammaire impériale

Modération : Ilsen About, IDEMEC

Intervenants :

  • Ghislaine Alleaume, IREMAM, Fragment d’empire : l’Egypte et l’Empire ottoman, 1805-1875
  • Marc Aymes, CETOBAC – EHESS, Gouverner au jugé : une expérience du « condominium » provincial ottoman
  • Tommaso Palmieri, IREMAM, Les « territoires militaires » du Fezzan libyen : un exemple de langage colonial « successif »

12h15h-13h30 : Déjeuner

13h30-15h15 : Panel 2 – Education et enseignement, entre savoirs locaux et logiques impériales

Modération : Irene González, IREMAM/GRESAM

Intervenants :

  • Saïd Belguidoum, IREMAM, Diffusion et appropriation de la langue française en Algérie : anciennes et nouvelles élites culturelles
  • Angelos Ntalachanis, Université de Paris-Est Marne-la-Vallée, Du multilinguisme « cosmopolite » à l’option arabe : stratégies linguistiques et redéfinition de la colonie grecque d’Egypte (1920-1960)
  • Iris Seri-Hersch, IREMAM, Les éducateurs du Soudan anglo-égyptien à l’heure de l’impérialisme « paterno-progressiste » : défis, tensions et controverses (1946-1956)

15h15-15h30 : Pause

15h30-17h15 : Panel 3 – Transmissions impériales : le cas des successions

Modération : Nicolas Michel, IREMAM

Intervenants :

  • Isabelle Grangaud, IREMAM, La conquête du bayt al-mâl : les transformations d’une institution ottomane à Alger entre 1830-1860
  • M’hamed Oualdi, INALCO, Jusqu’où perturber les volontés impériales ? Des usages de la justice italienne dans un conflit d’héritage entre Ottomans, Français et Tunisiens (1887-1892)
  • Nourredine Amara, Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, La descendance Abdelkader à Damas : allégeance, sujétion et engagements d’honneur

17h15-17h45 : Table ronde et discussion

Contact : Alexis Rappas, postdoctorant LabexMed/Iremam alexis.rappas chez gmail.com

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