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« La nature comme norme (Perspectives d’histoire environnementale) » — Université de Bordeaux et Université de Bordeaux-Montaigne — 11-12 octobre 2018

jeudi 7 septembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Lieu : Université de Bordeaux et Université de Bordeaux-Montaigne

Colloque organisé par le Centre Aquitain d’Histoire du droit (Institut de Recherche Montesquieu, U. Bordeaux), le Centre d’Etudes des Mondes Moderne et Contemporain (U. Bordeaux Montaigne), le Centre François Viète – Epistémologie des sciences et des techniques (U. Brest), Sciences Philosophies Humanités (SPH, U. Bordeaux), le Centre Universitaire Rouennais d’Etudes Juridiques (U. Rouen) et le Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale

« L’objet de cette rencontre ne saurait être, comme pourrait l’indiquer le titre choisi, de postuler la normativité de la nature. Il est au contraire de s’interroger sur les usages normatifs de la nature, qu’il s’agisse des sciences, de la philosophie, de l’histoire, du droit ou plus largement de tous les savoirs qui mobilisent cette notion polysémique. … »

Appel
Date limite de soumission : jeudi 7 décembre 2017

« Pour ne prendre que l’exemple du droit, ce que les juristes nomment « nature », qui est selon nous ce qu’ils posent a priori comme étant la nature (et surtout d’ailleurs la nature humaine depuis le XVIe siècle), n’a que très peu de lien avec l’environnement tel que nous le concevons hic et nunc et échappe presque totalement aux réalités physiques et biologiques. Le formalisme et l’abstraction juridiques conduisent d’ailleurs à forger une représentation juridique du monde qui permet de le normaliser et donc de le dominer, mais revient en outre à fixer une ontologie autoproductive de règles indifférentes à la science, aux choses et donc, a fortiori, à l’environnement (la « nature des choses » des juristes masque en effet presque parfaitement et l’histoire et la réalité physique, biologique, sociale, économique, etc.). Poser la question de la nature en droit conduit ainsi à interroger cette indifférence fondamentale des juristes à la matière et leur « naturalisme » qui permet de penser la maîtrise technique du monde environnant. L’histoire de l’environnement comme objet n’est certes pas une nouveauté pour les historiens qu’ils soient historiens des sciences, historiens de l’environnement ou historiens du droit . Ces derniers s’intéressent en effet depuis quelques décennies à l’histoire du droit forestier ou de l’eau (lato sensu). Sauf exception, les travaux publiés restent toutefois le plus souvent focalisés sur les normes directement liées à la prise en charge par l’Etat ou les collectivités publiques des questions environnementales. Les lois en la matière étant relativement peu nombreuses, ces choix sont logiques et nécessaires. Les études plus globales restent, quant à elles, trop peu fréquentes alors qu’il semble nécessaire d’appréhender la question environnementale dans l’ensemble du système juridique . L’objet devient alors plus complexe et plus théorique, mais n’en demeure pas moins fondamental en ce qu’il ne saurait être question de réduire la réflexion environnementale aux règles dédiées à la protection de la « nature » ou à celles qui contribuent à la gestion des ressources naturelles. C’est ici que les travaux récents relatifs à la crise environnementale viennent alimenter de nouvelles perspectives. La question posée à titre liminaire n’est plus l’évolution des règles permettant de protéger les « choses qui nous entourent », mais celle d’une évolution radicale de nos façons d’agir et de penser. Il s’agit donc d’associer pleinement les apports de l’histoire environnementale devenue très riche en la matière et d’une histoire du droit environnemental entendu lato sensu qui doit encore être bâtie. Pour ce faire, l’histoire du droit doit être réalimentée par l’histoire de la pensée juridique en opérant un tournant méthodologique à même de centrer le regard sur une « nature » objet de droit, mais également concept normatif décisif au coeur des opérations du droit, de l’administration, des politiques publiques, etc. La nouveauté de ce colloque est ainsi de décloisonner les approches non seulement entre les disciplines, mais également au sein même des disciplines en plaçant la « nature » relue à l’aune de la crise environnementale au centre des questionnements et des méthodologies. … … »

Hervé Ferrière, CFV, Université de Brest Nader Hakim, CAHD/IRM, Université de Bordeaux (porteur du projet) Charles-François Mathis, CEMMC, Université Bordeaux Montaigne

Pour lire la suite de l’Appel à communication :

Appel à communication
Colloque
Du 11 au 12 octobre 2018

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