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Le genre en situation coloniale et post-coloniale : Séminaire mensuel NYUF et Centre d’Histoire du XIXe siècle à NYU Paris 2012-2013

mercredi 14 novembre 2012, par Dominique Taurisson-Mouret

Séminaire mensuel NYUF et Centre d’Histoire du XIXe siècle à NYU : programme 2012-2013

Responsable : Christelle Taraud

Paris : 56 rue de Passy, 75016 Paris (métros Passy sur la ligne 6 ou La Muette sur la ligne 9).

En cas de problème tel : 01 53 92 50 80.

Le genre en situation coloniale et post-coloniale

Coloniser a toujours été perçu comme un acte essentiellement masculin. C’est sans doute pour cette raison que l’histoire de la colonisation (et de la décolonisation) - qui, jusqu’à une date récente, était le plus souvent écrite par des hommes - n’a fait que peu de place aux femmes, aux rapports sociaux de sexe, à la construction des identités de genre et plus encore à l’histoire de la sexualité en situation coloniale. Considérées comme quantités négligeables dans les périodes belliqueuses (de guerre ou de pacification), les femmes (et par extension le genre et les questions sexuelles) n’ont certes pas eu une visibilité plus importante en temps de paix alors même qu’elles se trouvent, comme agents d’un mission civilisatrice française dont le triptyque fondateur est « éduquer, moraliser, convertir », au cœur de l’affirmation de la puissance nationale et de la domination coloniale. Au point que l’on peut à juste titre se demander aujourd’hui si la colonisation française a bien eu, à un moment de son histoire, un genre ? Pour répondre à cette question, le séminaire mensuel « Le genre en situation coloniale et post-coloniale » se propose de faire, dans un premier temps, un état des lieux de la question sur la longue durée (des débuts du second Empire colonial français au XIXe siècle à ses prolongements post-coloniaux d’aujourd’hui) en privilégiant l’approche interdisciplinaire et trans-coloniale (pour éviter la surexposition d’une partie de l’Empire au détriment des autres) et trans-impériale (en n’hésitant pas à recourir au comparatisme pour expliquer tant la gestion coloniale que post-coloniale des politiques genrées/et sexuelles) et dans un souci de va-et-vient chronologique qui prenne le passé comme moyen privilégié d’éclairer, d’analyser, et de comprendre, le présent de la France mais aussi des anciens
territoires colonisés. Dans cette perspective, on s’efforcera tout particulièrement de mettre en
commun de nouvelles sources, de nouvelles problématiques et de nouvelles approches (liant
par exemple micro-histoire et histoire sociale, subaltern studies et post-colonial studies aux
gender studies) dans le but de circonscrire un territoire émotionnel et politique (le genre en
situation coloniale et post-coloniale) qui semble chaque jour, au regard des très nombreuses
polémiques qui sont en lien avec (collaboration charnelle, tortures et viols pendant le guerre d’Algérie, violences sexuelles de la guerre civile en Algérie, affaire des viols collectifs dans les quartiers difficiles, question du voile et de la laïcité, « qualités essentielles » et virginité dans le mariage en France…) prendre plus d’importance, aussi bien dans ce qui fut l’Empire colonial français, qu’en France post-coloniale.

Programme des séances 2012-2013

  • Mercredi 26 septembre 2012 : Projection du film Les Caprices d’un fleuve au Studio Galande (19H00 à 22H00). Adresse : Studio Galande, 42 rue Galande, 75005 Paris. M° : Saint-Michel Notre-Dame ou Cluny La-Sorbonne

Mise en contexte du film par Fatou Sow et Christelle Taraud.

Fatou Sow est Sénégalaise et titulaire d’une HDR en sociologie. Elle a mené sa carrière, en tant que chercheure CNRS, à l’IFAN de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, puis au Laboratoire SEDET de l’Université Paris 7 Denis Diderot. Elle travaille sur les femmes en Afrique et est actuellement la coordinatrice internationale du Réseau Women Living under Laws.

Christelle Taraud est Professeure à New York University en France, où elle dirige le projet « Genre et colonisation », et membre du Centre de recherches en histoire du XIXe siècle (Paris I/Paris IV). Elle travaille notamment sur les femmes, le genre et la sexualité en contexte colonial maghrébin. Elle est par ailleurs l’auteure de La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962, Paris Payot, 2003 ; de Mauresques. Femmes orientales dans la photographie coloniale (1860-1910), Paris, Albin Michel, 2003 ; de Femmes d’Afrique du Nord. Cartes postales (1885-1930), Paris, Editions Bleu Autour, 2006 (troisième édition 2011) ; et de Sexe et colonies. Virilité, homosexualité et tourisme sexuel au Maghreb (1830- 1962), Paris, Payot, à paraître en 2013.

  • Jeudi 18 octobre 2012 : Myriam Cottias et Madeleine Dobie, « Relire Mayotte Capecia. Une femme des Antilles dans l’espace colonial français (1916-1955) ». Cette séance est co-organisée avec le Centre de Recherches international sur les Esclavages (CIRESC).

Madeleine Dobie est Maîtresse de conférences dans les programmes de français et de littérature comparée de Columbia University et directrice du programme de Master de Columbia University à Paris : « French Studies in a Global Context ». Spécialisée en littératures coloniales et postcoloniales elle a publié, entre autres, Foreign Bodies. Gender, Language and Culture in French Orientalism (Stanford University Press, 2001, 2003) et Trading Places : Colonization and Slavery in Eighteenth-Century French Culture (Cornell University Press, 2010).

Myriam Cottias est Historienne du fait colonial, spécialiste de l’esclavage dans l’espace caribéen, est directrice de recherche au CNRS (CRPLC, Université des Antilles et de la Guyane). Elle dirige le Centre international de recherches sur les Esclavages. Acteurs, systèmes, représentations (www.esclavages.cnrs.fr). Elle a publié, entre autres, avec Arlette Farge, De la nécessité d’adopter l’esclavage en France : un texte anonyme de 1797, Paris : Bayard, 2007 ; La question noire. Histoire d’une construction coloniale, Paris : Bayard, 2007 ; avec Antonio de Almeida Mendes et Elisabeth Cunin, Les Traites et les esclavages. Perspectives historiques et contemporaine, Paris, Karthala, 2010.

  • Mardi 23 octobre 2012 : Clare Midgley, « Imperial feminism or cross-cultural collaboration ? A British reformer in colonial India ». La conférence sera présentée et mise en perspective par Anne Hugon. Cette séance est co-organisée avec le Centre d’études des mondes africains (CEMAF).

Clare Midgley is Research Professor in History, Sheffield Hallam University, UK, and President of the International Federation for Research in Women’s History. She is the author of Women Against Slavery (Routledge, 1992/1995), Gender and Imperialism (Manchester University Press, 1998) and Feminism and Empire (Routledge, 2007) and she is currently working on a new project exploring connections between British, Indian and American religious liberals and social reformers in the age of Empire.

Anne Hugon est Maîtresse de Conférences à l’Université Paris I/Panthéon-Sorbonne et membre du CEMAf (Centre d’Etudes des Mondes Africains). Elle travaille sur l’impact social, politique et culturel de la colonisation sur les femmes et sur la construction du genre en Afrique subsaharienne coloniale. Elle a dirigé la publication d’un ouvrage collectif sur ce sujet : Histoire des femmes en situation coloniale, Paris, Karthala, 2004 ; et publié également de nombreux articles sur l’histoire des sages-femmes coloniales au Ghana. Elle a été membre junior de l’Institut Universitaire de France (promotion 2000).

  • Mercredi 21 novembre 2012 : Elisa Camiscioli, « Intimacy, Immigration, and Empire in Early Twentieth-Century France ».

Elisa Camiscioli is an Associate Professor of History at Binghamton University, State University of New York, where she is also part of the Women, Gender, and Sexuality Studies Program. Her teaching and research focus on questions of race, gender, and sexuality in Europe and its empire. She is the author of Reproducing the French Race : Immigration, Intimacy, and Embodiment in the Early Twentieth Century (Duke University Press, 2007). Her current research examines the early twentieth-century “traffic in women” between Europe and Buenos Aires.

  • Mercredi 19 décembre 2012 : Jennifer Boittin, « La fluidité de genre en situation coloniale : Sexualité et circulations en AOF et Indochine, 1920-1946 ».

Jennifer Boittin est Professeure associée d’histoire et d’études françaises et francophones à The Pennsylvania State University. Elle est l’auteure du livre Colonial Metropolis : The Urban Grounds of Anti-Imperialism and Feminism in Interwar Paris, University of Nebraska Press, 2010, et de plusieurs articles y compris récemment : « The Militant Black Men of Marseille and Paris, 1927-1937 », dans le volume édité Black France/France noire : The History and Politics of Blackness, Duke University Press, juin 2012). Elle travaille actuellement sur un deuxième livre sur les femmes et le genre en situation coloniale.

Attention : pas de séances à Paris en janvier et février 2013. Une séance du séminaire se tiendra cependant à New York, à l’Institute of French Studies de NYU, le vendredi 8 février 2013.

  • Vendredi 8 Février 2013 : Journée d’études « Archives de l’intime » co-organisée avec l’Institute of French Studies de NYU à New York, avec Emily Apter, Edward Berenson, Claudie Bernard, Todd Shepard, Ann-Laura Stoler, Judith Surkis, et Christelle Taraud.
  • Mercredi 20 mars 2013 : Fabio Giomi, « Le genre de la fête. La place des femmes dans la culture festive musulmane dans la Bosnie post-ottomane ».

Fabio Giomi est Docteur en Histoire, sa thèse portant sur le sujet suivant : « Entre genre, classe, confession et nation : la « question de la femme musulmane » et la culture associative en Bosnie-Herzégovine (1903-1941) ». Depuis janvier 2012 il est membre associé du CETOBAC et co-anime, avec Nathalie Clayer, le séminaire « États, nations et confessions dans l’Europe du Sud-Est à la sortie des Empires » (EHESS).

  • Mercredi 24 avril 2013 : Christina Wu, « Écrit sur le Corps : Genre, Colonialisme et Espace public dans l’Affaire Maria Hertogh (1950) ».

Christina Wu est Doctorante en cotutelle sous la direction de Laura Lee Downs (EHESS) et de Paul Servais (Université Catholique de Louvain). Ses recherches portent sur l’histoire des femmes, de l’enfance et du genre à l’époque coloniale en Asie du Sud-Est. Son travail de M1 sur l’affaire Maria Hertogh, effectué à l’Université Nationale de Singapour en 2010, a été publié par la Malaysian Branch of the Royal Asiatic Society dans un livre collectif intitulé « Studies in Malaysian & Singapore History ». Elle a approfondi ce travail lors de son M2 à l’EHESS. Elle est aspirante du FNRS (Fonds de la Recherche Scientifique Belge) depuis octobre 2011.

  • Mercredi 22 mai 2013 : Vernissage de l’exposition, Fragments, de l’Artiste plasticienne Souad El Maysour. Ce vernissage sera accompagné d’une « conversation » entre Souad El Maysour et Christelle Taraud.

Souad El Maysour est une Artiste plasticienne qui travaille sur le déplacement de pratiques traditionnelles en réinterrogeant les images qui font parties de la mémoire collective et en abordant l’instrumentalisation du corps des femmes à travers la question du voile, de la lumière, de l’ombre, ou de l’obscurité. Ses thèmes de prédilection sont avant tout l’identité, le rapport à l’autre, le corps et le temps. Après une recherche de plusieurs années à propos du « corps objet », le glissement vers le portrait en tant qu’identité s’est fait tout naturellement, notamment en proposant une relecture des cartes postales produites au début du XXe siècle en Afrique du Nord et en fixant le cadre sur les visages ou sur certaines parties des corps de modèles uniquement féminins.

Christelle Taraud est Professeure à New York University en France, où elle dirige le projet « Genre et colonisation », et membre du Centre de recherches en histoire du XIXe siècle (Paris I/Paris IV). Elle travaille notamment sur les femmes, le genre et la sexualité en contexte colonial maghrébin. Elle est par ailleurs l’auteure de La prostitution coloniale. Algérie, Tunisie, Maroc, 1830-1962, Paris Payot, 2003 ; de Mauresques. Femmes orientales dans la photographie coloniale (1860-1910), Paris, Albin Michel, 2003 ; de Femmes d’Afrique du Nord. Cartes postales (1885-1930), Paris, Editions Bleu Autour, 2006 (troisième édition 2011) ; et de Sexe et colonies. Virilité, homosexualité et tourisme sexuel au Maghreb (1830- 1962), Paris, Payot, à paraître en 2013.

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