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Les Savoirs des « barbares », des « primitifs » et des « sauvages » dans les savoirs francophones des XVIIIe et XIXe siècles (Appel à communications <15/04/2012)

jeudi 20 octobre 2011, par Dominique Taurisson-Mouret

Les Savoirs des « barbares », des « primitifs » et des « sauvages » dans les savoirs francophones des XVIIIe et XIXe siècles

Appel à communications. Les réponses sont à adresser avant le 15 avril 2012

  • Université Blaise Pascal-Clermont 2 – 7 décembre 2012
  • Université de Neuchâtel – 12 avril 2013
  • Université Lille 3 – 11 octobre 2013
  • Comité d’organisation : Odile Barubé-Parsis (IRHiS, Lille 3), Simone Bernard-Griffiths (CELIS, Université Blaise Pascal), Françoise Le Borgne (CELIS, Université Blaise Pascal), Nathalie Vuillemin (LADELISA, Université de Neuchâtel)
  • Comité scientifique : Christian Amalvi, Jean Ehrard, Rolando Minuti, Sarga Moussa, Adrien Paschoud, Catherine Volpilhac-Auger.

« Barbares », « primitifs », « sauvages ». Autant de figures de l’altérité avec lesquelles la pensée des XVIIIe et XIXe siècles entretient un rapport ambivalent et complexe, ces « autres » par excellence pouvant aussi apparaître comme des projections du même, que ce soit à travers la figure du « bon sauvage », dans l’élaboration du concept de civilisation ou plus généralement dans le cadre d’une réflexion sur l’origine des institutions, notamment monarchiques et religieuses. Dès 1724, l’ouvrage apologétique du Père Lafitau établit dans cette perspective une comparaison systématique entre les « mœurs des sauvages américains » et celles des barbares des premiers temps, invitant à considérer dans le sauvage un primitif. Sociétés éloignées dans le temps ou reculées dans l’espace se prêtent, entre Lumières et Romantisme, à des rapprochements et des interprétations historiques d’où naîtront, au tournant du XVIIIe siècle, l’anthropologie et l’ethnologie.

La question des savoirs est au cœur de cette problématique, l’intérêt nouveau pour les « barbares », les « sauvages » et les « primitifs » conduisant à une reconnaissance de l’existence et de l’éventuelle valeur de connaissances spécifiques. Culture antiquaire et missions ethnologiques se donneront même pour but, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, de recueillir et de sauver les témoignages précieux de cultures disparues ou menacées.

Afin d’appréhender les modalités et les enjeux des lectures que philosophes, théologiens, historiens et savants français des XVIIIe et XIXe siècles ont pu proposer des savoirs des « barbares », des « primitifs » et des « sauvages », trois journées d’études sont prévues :

- 1. Les savoirs à l’épreuve de la lexicographie – Clermont 2 – 7 décembre 2012

Cette première journée d’étude vise à cerner précisément l’apport de la question des savoirs dans l’élaboration des catégories de « barbare », « primitif » et « sauvage » à partir de l’étude des dictionnaires et encyclopédies des XVIIIe et XIXe siècles, mais aussi de l’ensemble des textes où s’élabore, à cette époque, un savoir sur ces peuples (récits de voyages scientifiques, discours académiques, essais et traités apologétiques, philosophiques, historiques, archéologiques, antiquaires, philologiques, anthropologiques, etc.). Quelles sont les connotations attachées à chacun de ces termes – barbares, sauvages, primitifs – et en quoi orientent-elles la définition des sous-catégories présentes dans le corpus (divers peuples de l’Antiquité et peuples de l’ancien et du Nouveau Monde confrontés aux hégémonies gréco-romaines puis occidentales…) ? En quoi la reconnaissance éventuelle de savoirs spécifiques à ces autres peuples intervient-elle dans les relations qu’entretiennent ces noms et leurs dérivés tantôt amalgamés (« Les sauvages d’Amériques sont fort barbares » lit-on en 1753 dans le Dictionnaire de Trévoux), tantôt, au contraire, soigneusement distingués (par Montesquieu, notamment, dans L’Esprit des lois) ?

- 2. Objets de savoir et pratiques culturelles – Neuchâtel – 12 avril 2013

Cette deuxième journée d’étude permettra de préciser ce que philosophes, savants et voyageurs identifient comme « savoirs » en fonction de l’approche épistémique qu’ils ont des « barbares », des « primitifs » ou des « sauvages » et des intérêts qui sont en jeu. Quels sont les types de « savoirs » qui leur sont reconnus (savoirs de la nature, maîtrise de l’organisation sociale, savoirs guerriers, art et artisanat…) et pourquoi ? Dans quelle mesure ces savoirs sont-ils appréhendés dans leur singularité (savoirs empiriques, intuitifs, ésotériques…) et sont-ils susceptibles d’une élaboration théorique ?

- 3. De la réflexion philosophique aux savoirs historiens – Lille 3 – 11 octobre 2013

En quoi l’approche des savoirs des « barbares », « primitifs » et « sauvages » dans les discours savants et la « littérature d’idée » des XVIIIe et XIXe siècles témoigne-t-elle de ruptures épistémologiques, notamment à la fin du XVIIIe siècle ? Comment se manifeste dans ce corpus la naissance de disciplines nouvelles, émergeant progressivement du discours philosophique (ethnologie, anthropologie…) et rendant davantage justice à la spécificité et à l’altérité des savoirs envisagés ? En quoi les évolutions de la culture antiquaire, préfigurant l’invention de l’archéologie moderne, conduisent-elles, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, à faire des antiquités “nationales et ethniques” les sources à partir desquelles s’élaborent, dans la culture européenne, de nouvelles représentations des savoirs des « barbares » et de leur maîtrise du monde ? Quel est le rôle des institutions et des réseaux (Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Académie Celtique, Académie des Orientalistes…) dans l’élaboration et la promotion des savoirs spécifiques aux « barbares », aux « primitifs » et aux « sauvages » ou, plus généralement, à l’Homme, à son histoire et sa culture ? Sur quels genres de discours et quels supports (notamment iconographiques) repose la mise en forme et la diffusion de ce savoir ?

Les propositions de communication (2000 signes environ) devront se référer explicitement à l’un de ces trois axes et concerner un corpus francophone, philosophique, historiographique ou scientifique, dans lequel l’objet d’étude – les savoirs de « barbares », de « primitifs » et/ou de « sauvages » – est clairement énoncé comme tel.

Elles sont à adresser avant le 15 avril 2012 à

  • Siham Olivier, CELIS, équipe Lumières et Romantismes, Maison des Sciences de l’Homme, 4, rue Ledru, F-63057 Clermont-Ferrand , cedex 1. Tel : 04 73 34 68 44

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