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« Les traités de paix (1918-1923) : la paix les uns contre les autres »

Organisateurs : Isabelle Davion (Université Paris-Sorbonne, SIRICE, EHNE) et Stanislas Jeannesson (Université de Nantes, CRHIA, EHNE)

L’historiographie des traités qui mirent fin à la Grande Guerre a depuis une trentaine d’années considérablement évolué et nul ne songerait aujourd’hui à soutenir, du moins de façon lapidaire, que Versailles a conduit tout droit à la Seconde Guerre mondiale. On s’accorde de plus en plus à penser que l’œuvre de Versailles, certes imparfaite – ce dont les négociateurs avaient d’ailleurs parfaitement conscience –, constituait une tentative de reconstruction du système international, au-delà même du simple continent européen, à partir d’un certain nombre de principes et de valeurs partagées, dont on ne peut nier l’ambition ni le caractère profondément novateur. Le centenaire de 2019 fournit l’occasion, une nouvelle fois, de revenir sur des traités qui ne se contentèrent pas de procéder au règlement de la guerre mais qui ouvrirent une page décisive de l’histoire des relations internationales contemporaines.

Ce colloque, organisé en partenariat avec le LabEx EHNE (Écrire une histoire nouvelle de l’Europe), l’UMR SIRICE (Sorbonne-Identités, relations internationales et civilisations de l’Europe) et le CRHIA (Centre de recherches en histoire internationale et atlantique), compte s’appuyer sur les apports des différentes historiographies nationales et de leurs récents renouvellements, pour les faire se rencontrer avec un triple objectif :

  • considérer comme un tout, de façon globale, l’ensemble des traités qui de 1918 à 1923, de Brest-Litovsk à Lausanne, en passant par les traités signés par la conférence de la Paix mais aussi celui de Riga, mettent un terme à une guerre qui, pour nombre de peuples d’Europe orientale et du Moyen-Orient, se prolonge sous diverses formes bien au-delà de 1918. Nous devons sur ce point nous affranchir d’une chronologie par trop occidentalo-centrée qui verrait l’issue du conflit dans la conférence de Paris et les règlements frontaliers européens.
  • envisager l’espace composé du continent européen et de l’ancien empire ottoman, de l’Atlantique à l’Oural et au Caucase, de la mer Baltique au Golfe arabo-persique, dans une continuité géostratégique, afin de décloisonner les historiographies et de les affranchir du prisme national, autant que faire se peut. L’objectif est de faire émerger des problématiques collectives, voire transnationales, par-delà les traditions historiographiques très différentes, si ce n’est conflictuelles, propres aux pays d’Europe occidentale et d’Europe centre-orientale, ou aux pays vainqueurs, vaincus et neutres.
  • interroger les premières années d’application des traités, décisives en ce qu’elles confrontent les principes à l’épreuve du terrain, jusqu’à la première remise en cause que constitue le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, et même au-delà. Les traités, qui sont autant de créations continues, renferment en effet plusieurs dispositions qui prévoient une mise en œuvre progressive, susceptible d’évoluer au gré des circonstances et des volontés politiques, tant sur le plan territorial (les plébiscites) que militaire (les régimes d’occupation), économique (la définition de la nature et du montant des réparations), international et juridique (la question des minorités, le système des mandats, l’entrée en vigueur de la SDN). Il nous paraît indispensable de lier l’étude des traités à ces prolongements naturels, lesquels engagent autant la responsabilité des grandes puissances que des États successeurs, des vainqueurs que des vaincus.……

Page créée le vendredi 24 novembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret.


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