Navigation

AccueilActualitésNews de l’histoire (du droit) des colonies

Séances 2017-2018 de l’APECE - Association pour l’étude de la colonisation européenne (1750-1850)

mercredi 20 septembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

L’objectif de l’Association pour l’étude de la colonisation européenne (1750-1850) (APECE) est de favoriser les recherches et leur diffusion autour de la période dite « intermédiaire » entre les deux grandes phases de l’expansion coloniale européenne. C’est-à-dire entre l’apogée de la colonisation plantationnaire esclavagiste et sa remise en cause puis sa destruction plus ou moins radicale selon les lieux et les temps, ouvrant la voie à la « colonisation nouvelle » qui répudiait la traite et l’esclavage et se fixait une « mission civilisatrice » envers les peuples extra-européens...

Séances 2017-2018 de l’APECE
Séance de séminaire
Samedi 16 décembre 14:30-17:30 : Pierre Serna, « L’invention « de la peau noire » 1760-1802 »

Pierre Serna, « L’invention « de la peau noire » 1760-1802 »

Samedi 20 janvier 2018 14:30-17:30 : Jean-Charles Benzaken, « Louis-Roger-Armand Gaterau, journaliste, Saint-Domingue/États-Unis/France (1789-1804) »

Jean-Charles Benzaken, « Louis-Roger-Armand Gaterau, journaliste, Saint-Domingue/États-Unis/France (1789-1804) »

Samedi 10 février 2018 14:30-17:30 : Éric Saugera, « Un répertoire de la traite négrière légale sous Bonaparte »

Éric Saugera, « Un répertoire de la traite négrière légale sous Bonaparte »

Samedi 17 mars 2018 14:30-17:30 : Jean-Claude Halpern, « Les projets de colonisation de l’Égypte, de Louis XV à la Révolution »

Jean-Claude Halpern, « Les projets de colonisation de l’Égypte, de Louis XV à la Révolution »

Samedi 7 avril 2018 : journée d’hommages à Léo Élisabeth

Samedi 7 avril 2018 : Une journée d’hommages à Léo Élisabeth (programme à venir)

Samedi 9 juin 2018 14:30-17:30 : Jean-Pierre Le Glaunec, « Résister à l’esclavage dans le monde atlantique français et l’océan Indien : historiographie et pistes de recherche »

Jean-Pierre Le Glaunec, « Résister à l’esclavage dans le monde atlantique français et l’océan Indien : historiographie et pistes de recherche »

Séance de séminaire
Marguerite Martin (IDHES Univ. Paris I), « L’indigo de Saint-Domingue : la production du bleu pour l’Europe, des Lumières aux révolutions atlantiques », séance de l’APECE
Samedi 23 septembre 14:30-17:30 : Marguerite Martin (IDHES Univ. Paris I), « L’indigo de Saint-Domingue : la production du bleu pour l’Europe, des Lumières aux révolutions atlantiques », séance de l’APECE

Association pour l’étude de la colonisation européenne (1750-1850) (APECE) : séance du samedi 23 septembre 2017 - 14h30

« À partir de la fin du XVIIe siècle, la partie française de l’île de Saint-Domingue devient le principal fournisseur d’indigo pour les manufactures textiles européennes.

Ce colorant bleu, extrait d’une plante tropicale, est d’une grande importance pour l’industrie européenne. En effet, au siècle de la « culture des apparences » (Daniel Roche), alors que la frontière entre luxe et nécessité s’atténue pour offrir un accès plus large à des étoffes de qualité médiane à une plus grande partie de la population, la solidité et la brillance de la couleur est un argument décisif d’achat pour les consommateurs, et l’approvisionnement en colorants exotiques devient essentiel pour les producteurs.

L’indigo sert principalement à la teinture des étoffes de laine, de coton, de lin et de soie, permettant d’obtenir des bleus, mais aussi une vaste gamme de couleurs, verts, violets, gris, noirs et blancs bleutés. Il est également utilisé en blanchisserie et en peinture. L’essor de son usage en Europe doit se comprendre dans le cadre d’un vaste essor de l’importation de colorants d’origine exotique depuis le XVIe siècle : en particulier la cochenille mexicaine, les bois de teinture (campêche, brésil), qui transforment profondément la palette des teinturiers.

La colonisation des Antilles, en provoquant le déplacement des centres d’approvisionnement en indigo de l’Europe, de l’Asie vers l’Amérique, a pour conséquence la mise en place d’une étroite association entre le modèle économique de la plantation esclavagiste, sur laquelle est produit l’indigo, et la production textile en Europe. L’importance de Saint-Domingue pour le marché européen de l’indigo au XVIIIe siècle a pourtant été longtemps minorée. Elle exige en effet de replacer l’île dans le contexte plus global de l’évolution comparée des zones de production d’indigo pour l’Europe, dans les empires coloniaux espagnol, anglais, français et hollandais. Tel sera l’objectif de cette communication, qui restituera les grandes étapes de l’expansion de la production à Saint-Domingue, examinera les raisons de sa chute et enfin, montrera comment l’indépendance haïtienne provoque un changement majeur dans les flux de distribution du colorant en Europe, obligeant les négociants français à trouver d’autres sources d’approvisionnement. »

Marie-Jeanne Rossignol et Bertrand Van Ruymbeck, « Une histoire de la Guinée », première édition française de ce livre d’Anthony Bénézet
Samedi 14 octobre 14:30-17:30 : Marie-Jeanne Rossignol et Bertrand Van Ruymbeck, « Une histoire de la Guinée », première édition française de ce livre d’Anthony Bénézet

Marie-Jeanne Rossignol, Bertrand Van Ruymbeck, « Une histoire de la Guinée », première édition française de ce livre d’Anthony Bénézet (1771)

  • Texte traduit et présenté par Marie-Jeanne Rossignol et Bertrand Van Ruymbeke
  • Ouvrage publié par la Société française d’étude du Dix Huitième Siècle

« Avec Une histoire de la Guinée, la traduction de Some Historical Account of Guinea, publié en 1771 à Philadelphie, le public français, grâce à M.-J. Rossignol et B. Van Ruymbeke (et à une équipe de collègues les ayant aidés lors du premier jet), dispose enfin de la « Bible » de l’anti-esclavagisme anglo-américain au 18e siècle. Son auteur, Anthony Benezet, d’origine huguenote, fit partie en 1754 des Quakers de Philadelphie qui réussirent à convaincre leurs coreligionnaires de s’engager sur la voie de l’abolition de la traite et de l’esclavage. A compter de cette date, il se mit à rédiger de nombreux pamphlets antiesclavagistes et à les diffuser en Grande-Bretagne. Une histoire de la Guinée constitue l’aboutissement de sa pensée militante et son plus long ouvrage : nourri de la lecture d’innombrables récits de voyage, traités scientifiques, journaux de bord, Benezet propose d’abord une histoire de la traite atlantique qui peint l’Afrique comme une terre heureuse et civilisée, ensanglantée par les guerres européennes. Puis il dénonce, documents à l’appui, le traitement réservé aux esclaves dans les colonies britanniques. John Wesley, mais surtout Thomas Clarkson, véritable moteur de la campagne britannique qui débute en 1787, seront des lecteurs assidus. En France, Brissot, fondateur de la Société des Amis des Noirs, chercha à faire traduire l’ouvrage mais la tentative ne put aboutir. »

Hélène Cussac, « Circulation, transmission et représentation de l’expression artistique (musique et danse) des Africains au XVIIIe siècle par des voyageurs européens »
Samedi 18 novembre 14:30-17:30 : Hélène Cussac, « Circulation, transmission et représentation de l’expression artistique (musique et danse) des Africains au XVIIIe siècle par des voyageurs européens »

« L’Afrique au 18e siècle, assez peu connue même si elle donna matière à la rédaction de récits par des voyageurs européens, était en Europe surtout envisagée comme un réservoir d’esclaves et pensée comme peuplée d’être primitifs et barbares. Or la littérature viatique nous livre un certain nombre d’informations sur les compétences artistiques des Africains, notamment dans le domaine de la musique et de la danse, dans une période où l’Europe s’intéressait aux découvertes de l’Autre et de l’Ailleurs et où nombre de traités sur la danse voyaient le jour.

L’observation d’un corpus d’une vingtaine de récits de voyages en Afrique (Guinée, Sénégal Congo, Sierra Leone, Dahomé, Afrique du sud, avec une incursion dans l’intérieur de l’Afrique) provenant d’auteurs français, anglais, danois, allemands, sur une période allant de la toute fin du XVIIe siècle avec le capucin Cavazzi jusqu’au début du XIXe siècle avec Mungo Park, révèle non seulement la passion des Africains pour la musique et la danse, lesquelles imprègnent leur vie quotidienne, mais aussi qu’ils les conçoivent comme de véritables performances porteuses de sens. L’étude de ce corpus montre aussi que l’approche des voyageurs – dont l’objectif du voyage pouvait être très différent – sur les arts est empreinte d’un ethnocentrisme qui les conduit aisément à dénigrer les talents africains pour exprimer la supériorité de la musique et de la danse européennes, précédant en cela le propos de Moreau de Saint-Méry à l’article DANSE de son Répertoire des notions coloniales paru en 1796, pour qui il semble « difficile de méconnaître à ces traits une danse simple, primitive, et appartenant à des peuples chez lesquels la civilisation a encore presque tout à faire ».

Nous éclairerons ainsi les savoirs que nous ont transmis les voyageurs en Afrique sur ces deux arts majeurs, et nous remarquerons en quelle mesure leur transmission fut parfois restreinte, souvent tronquée, même si on décèle, ici ou là, une écoute et un regard parfois plus généreux, faisant preuve de l’émergence d’une réflexion sur la relativité du goût. »

Cette conférence, qui a fait l’objet de deux communications différentes dans des colloques internationaux, sera publiée très prochainement sous forme de deux articles aux éditions Garnier, respectivement dans Les représentations du Noir dans la littérature, l’histoire et les arts européens et américains des XVIIIe et XIXe siècles, K. Benac éd. ; et dans Représentation des savoirs des « barbares », des « primitifs » et des « sauvages » dans la littérature et les arts des 18e et 19e siècles, F. Le Borgne, O. Barubé-Parsis et N. Vuillemin éds.

Tout l’agenda

Dans la même rubrique

Dernières brèves