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Production de savoirs dans les sociétés anciennement colonisées : le cas d’Haiti

jeudi 13 juillet 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Les sociétés anciennement colonisées présentent une situation particulière : Leur « décolonisation » ne semble pas etre systématique et complète. Elles conservent encore les séquelles de la colonisation dans certains domaines. La production de savoirs dans ces sociétés offre, en ce sens, un espace ou l’on peut interroger leur processus de « décolonisation », ce qui, par conséquent, permet de comprendre la manière dont la colonisation les influence.

Appel
Date limite de soumission : mercredi 30 août 2017
Appel à communication

Les sociétés anciennement colonisées présentent une situation particulière : leur « décolonisation » ne semble pas être systématique et complète. Elles conservent encore les séquelles de la colonisation dans certains domaines. La production de savoirs dans ces sociétés offre, en ce sens, un espace où l’on peut interroger leur « processus de décolonisation », ce qui, par conséquent, permet de comprendre la manière dont la colonisation les influence. Elle semble aussi pouvoir rendre compte de leur(s) rapport(s) aux valeurs portées par les anciennes métropoles.

Concrètement, le constat est que la « bibliothèque coloniale » dominée par des références européennes constitue un réservoir où puise la recherche scientifique dans les sociétés décolonisées. Les approches scientifiques occidentales, souvent teintées d’eurocentrisme, dominent la recherche qui se donne pour objectif d’établir une intelligibilité de ces sociétés dans la mesure où elles en constituent les principales références. A défaut de références locales dues à de faibles infrastructures scientifiques, le regard est tourné vers l’appareil théorique de l’ancienne métropole. Les penseurs classiques haïtiens en sont un exemple : Joseph Anténor Firmin (1885) s’appuie sur le positivisme pour décortiquer le racisme européen, Démesvar Delorme (1870) mobilise toutes les références occidentales pour critiquer la gouvernance politique haïtienne et Jacques Roumain (1934) fait de même avec le marxisme pour combattre l’occupation américaine 1915-1934.

Analyser ainsi ce qui sous-tend le choix des objets d’études des chercheurs dans les sociétés anciennement décolonisées, les outils conceptuels et théoriques qu’ils mobilisent, leurs attitudes faces aux productions scientifiques européennes, peut constituer une piste importante pour saisir les enjeux liés au processus de décolonisation enclenché dans ces sociétés. Cette situation soulève donc un ensemble de questions. A partir de quel « lieu » faut-il produire du savoir dans les pays décolonisés ? Le « lieu » dans ce cas se réfère au théorique, géographique, culturel et idéologique. Comment penser les phénomènes haïtiens à partir d’Haïti ? Quelle place occupe l’Occident dans les recherches scientifiques portant sur les pays décolonisés ? Comment produire du savoir dans les sociétés décolonisées sans tomber dans le piège colonialiste ? Jusqu’où peut-on mobiliser l’Europe dans ces recherches scientifiques ? Ne faudrait-il pas « provincialiser l’Europe » (Dipesh Chakrabarty, 2000) avant de déterminer sa pertinence dans le cas des sociétés colonisées ?

Cette journée d’étude tend à répondre à ces questions en discutant des travaux de recherche portant sur Haïti. Ce « singulier petit pays » peut être constitué en laboratoire pour les études qui tentent de saisir le « processus de décolonisation ». Il a subi une colonisation féroce et des occupations étrangères qui ont façonné son identité internationale. Haïti est l’une des sociétés décolonisées qui offre des perspectives intéressantes pour penser la recherche scientifique dans les sociétés non occidentales. Pendant ces trente dernières années, les productions scientifiques le concernant ne cessent d’augmenter. Cette journée vise à en réunir une bonne partie autour de la thématique du processus de décolonisation.

Cette journée se veut aussi un espace d’échange entre ceux qui travaillent sur Haïti et plus généralement sur les sociétés décolonisées. Elle permettra à ces jeunes chercheurs de se connaître tout en se familiarisant avec d’autres thématiques de recherche. Ce sera aussi un moment de soumettre à la raison critique les grandes thèses des recherches en cours.

Quatre axes généraux sont proposés :

  • Education et société
  • Histoire des idées
  • Politique
  • Culture et tourisme

Dates importantes :

  • L’activité aura lieu le 1 décembre 2017 à l’Université Paris 8 (Saint-Denis).
  • Délai pour les propositions de communications (une page au maximum, avec une notice biographique) : 30 août 2017
  • Réponse du comité scientifique : 18 septembre 2017

Modalités de soumission :

Les propositions de communications doivent être envoyées à l’adresse suivante : haiti.groupedereflexion chez yahoo.fr

Comité scientifique :

Patrice Vermeren, Professeur de philosophie à l’Université Paris8, LLCP
Délide Joseph, Postdoctorant en histoire, CNRS
Fréderic Thomas, Docteur en science politique, chargé d’étude au CETRI
Edelyn Dorismond, Docteur en philosophie, Université d’Etat d’Haïti
Matthieu Renault, Maitre de conférences à l’Université Paris8, LLCP
Glodel Mezilas, Docteur en Etudes Latino-Américaines, Espagne
Stéphane Douailler, Professeur de philosophie à l’Université Paris8, LLCP
Jacques Nesi, Docteur en science politique, Université Antilles-Guyane
Georges Eddy Lucien, Docteur en histoire, Université d’Etat d’Haïti
Jhon Picard Byron, Professeur à l’Université d’Etat d’Haïti, LADIREP
Didier Moreau, Professeur des Universités, EXPERICE
Comité d’organisation :
Jean-Jacques Cadet, doctorant en philosophie, LLCP
Saul Jacinthe, doctorant en sciences de l’éducation, EXPERICE
Sterline Sama lindor, doctorant en philosophie, LLCP
Grégory Ulysse, doctorant en sciences de l’éducation, ESCOL

Contact Jean-Jacques Cadet (cadet [dot] jeanjacques [at] yahoo [dot] fr)

Date limite de soumission : vendredi 1er décembre 2017

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