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Programme 2015-2016 de l’APECE - Association pour l’étude de la colonisation européenne (1750-1850) — Séance du 19/09/2015

mardi 8 septembre 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

Séance du 19 septembre 2015 (Sorbonne, escalier C, 2e étage, salle Marc Bloch)

  • « L’Empire colonial français de Richelieu à Napoléon », par Bernard Gainot

Au lendemain de la Guerre de Sept Ans, émerge progressivement une doctrine impériale qui reconfigure totalement les liens entre la métropole et ses colonies. Il s’ensuit une période de réformisme ministériel intense ; or, si les aspects commerciaux de cette séquence ont été bien étudiés (Jean Tarrade, Manuel Covo), ils sont trop souvent dissociés de la visée stratégique, réduite de façon simpliste à une compétition pour la puissance.

Or, juridiquement, politiquement et culturellement, cette nouvelle doctrine développe une nouvelle représentation des territoires coloniaux, mais il ne faut pas en avoir une interprétentation unilatérale, comme une ébauche encore imparfaite des impérialismes du XIXe siècle. Il faut envisager la période dans ses spécificités et ses très fortes contradictions.

Pour m’en tenir au temps imparti, je me limiterai à la colonie de Saint-Domingue, et j’exposerai les problématiques à travers les mémoires sur la défense de la colonie parvenus au Ministère de la Marine et des colonies entre 1763 et 1787.

Dès la seconde moitié du 15e siècle, l’Europe (Portugal puis Espagne) se lance dans une grande politique d’expansion hors des, frontières“ historiques traditionnelles“ de l’Europe : d’abord sur les côtes d’Afrique occidentale, y compris les îles littorales, puis au-delà de l’Océan et vers l’Orient lointain. Le partage des „Nouveaux mondes“ est consacré par un traité arbitré par le pape. Provinces-Unies, Angleterre, France … se lancent à leur tour dans une grande politique d’expansion navale et de conquêtes, fondant ainsi de vastes empires coloniaux, christianisés et exploités à grande échelle, notamment par l’entremise de „compagnies à chartes“, bénéficiant de monopoles. Les populations autochtones furent en grande partie exterminées et réduites en servitude. La traite négrière combla en partie le vide démographique créé par cette quasi extinction des peuples du Nouveau monde.

L’Atlas propose une synthèse graphique et cartographique de cette expansion européenne à travers le monde, première mise en place de la mondialisation : les produits, les monnaies, les religions, les idées circulent d’un continent à un autre. En conclusion de cette vaste synthèse, une question est posée : que reste-t-il de ces premiers empires coloniaux vers 1825, alors que des territoires immenses ont imposé leur indépendance : États-Unis, Amérique espagnole, Brésil, Haïti ?
Cette interrogation ouvre la voie à un autre volet de l’histoire coloniale européenne, après 1830….

L’APECE a pour objectif de « favoriser les recherches et leur diffusion autour de la période dite « intermédiaire » entre les deux grandes phases de l’expansion coloniale européenne. C’est-à-dire entre l’apogée de la colonisation plantationnaire esclavagiste et sa remise en cause puis sa destruction plus ou moins radicale selon les lieux et les temps, ouvrant la voie à la « colonisation nouvelle » qui répudiait la traite et l’esclavage et se fixait une « mission civilisatrice » envers les peuples extra-européens... »

Programme des séances pour l’année 2015-2016

  • 19 septembre 2015 : Marcel Dorigny et Bernard Gainot, présentation de l’Atlas des premières colonisations Éditions Autrement, 2013 et de L’Empire colonial français de Richelieu à Napoléon, Armand Colin, 2015
  • 3 octobre 2015 : Jean-Charles Benzaken, Une biographie révolutionnaire, l’exemple de Louis Pierre Dufaÿ
  • 14 novembre 2015 : Marie Hardy, Maîtres et esclaves caféiers : un groupe social à part ? Nouvelle approche de l’histoire sociale martiniquaise des XVIIIe et XIXe siècles
  • 12 décembre 2015 : Caroline Oudin-Bastide et Philippe Steiner, Cacul et morale ? Coûts de l’esclavage et valeur de l’émancipation (18e -19e siècle)
  • 9 janvier 2016 : « Des Nègres, rien que des Nègres » : la reconversion d’ex-officiers bonapartistes en planteurs esclavagistes en Alabama et Louisiane
  • 13 février 2016 : Alessandro Tuccillo, Les États italiens et la campagne diplomatique anglo-française pour l’abolition de la traite des noirs dans les années 1830
  • 19 mars 2016 : Lionnel Trani, Le petit marronnage en milieu urbain en Martinique de 1803 à 1807
  • 9 avril 2016 : Johann Michel, Devenir descendant d’esclaves ?
  • 28 mai 2016 : La séance commencera par une Assemblée générale annuelle, à 14 h ; puis suivra la communication de Silyane Larcher, « La révolte du Sud … ».(titre à préciser)
  • 11 juin 2016 : journée d’étude sur la « Colonisation nouvelle » ; le programme sera précisé ultérieurement.

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