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Programme de recherche « Carceral Archipelago » : pour une histoire mondiale des forçats et des colonisations pénales

lundi 28 septembre 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

Le département d’Histoire de l’Université de Leicester a organisé du 13 au 16 septembre un colloque international sur le thème de l’histoire de la déportation et de la colonisation pénale. Le programme montre la richesse et la grande variété des recherches en cours sur le sujet. Trois membres de Criminocorpus (Marie Houllemare, Nicolas Derasse et Marc Renneville) ont participé à la table ronde consacrée à la France, du 17e au 20e siècle.

Ce colloque était organisé dans le cadre du projet « Carceral Archipelago » : projet de recherche international pour une histoire mondiale des forçats et des colonisations pénales.

Le projet Carceral Archipelago (archipel carcéral) est un programme ERC financé par le Conseil européen de la recherche (2013 à 2018). Il est basé à l’École d’histoire de l’Université de Leicester et placé sous la direction scientifique du professeur Clare Anderson.

Le but de ce projet est d’écrire la première histoire globale des colonies pénitentiaires.

L’équipe constituée pour Carceral Archipelago travaille sur les littératures régionales et mène ses recherches dans les archives du monde entier afin de reconstituer la portée et l’ampleur du phénomène de la transportation pénale. Le projet porte en conséquence sur une large aire géographique mais aussi sur une large période chronologique. Il débute en 1415 avec la première utilisation par le Portugal de condamnés à des fins de colonisation en Afrique du Nord et il se termine dans les années 1960 avec la fermeture des goulags staliniens.

Plutôt que de rester centrer sur l’histoire des crimes et des peines, l’équipe vise à mettre au jour les relations entre la transportation des condamnés et la colonisation pénale avec les histoires plus larges de l’impérialisme, du travail forcé, de la migration contrainte, de la rétention et de l’incarcération. Cette focalisation suppose de prendre également en compte les liens avec d’autres formes de punitions comme le servage, l’engagisme, l’esclavage, le confinement des Indigènes en réserve et les sociétés de colons.

Cette recherche couvre toutes les puissances mondiales engagées dans le transport à des fins d’expansion et de colonisation – y compris les Empires européens, la Russie, l’Amérique latine et le Japon. L’objectif est de replacer les colonies pénitentiaires dans l’histoire mondiale, de les considérer comme des moteurs du changement global, et de préciser leurs impacts à long terme sur l’économie, la société et l’identité dans une large gamme de régions.

Le site Internet du projet – www.convictvoyages.org – sera lancé lors du colloque, le lundi 14 septembre 2015. Il s’agira d’un site académique qui rassemblera des essais de chercheurs, des cartes, des statistiques, des images et d’autres ressources, afin d’explorer l’histoire et l’héritage de ce vaste phénomène mondial.

Des nouvelles de cette recherche sont régulièrement publiées sur le blog dédié : http://staffblogs.le.ac.uk/carchipelago/

Il est également possible de suivre l’équipe sur Twitter : @convictvoyages

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