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Projection-débat : Une reine africaine « Sarraouinia » (Paris, 29/05/2015)

mercredi 27 mai 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

  • Film de Med Hondo projeté dans le cadre de « Cinéma et histoire des résistances au colonialisme »
  • Vendredi 29 mai 2015 à 19h00, 6 avenue Mathurin Moreau, Paris 75019 (Métro Colonel Fabien)
  • Entrée libre et gratuite

Présentation de la projection-débat

  • Débat animé par Didier Monciaud (Cahiers d’Histoire. Revue d’histoire critique)
    Avec Elara Bertho, spécialiste de l’Afrique (Université Sorbonne Nouvelle, Paris III)

« Med Hondo est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur français. Né en 1936, à Oujda, ses racines sont au nord-ouest de l’Afrique, entre Mauritanie, Algérie et Maroc. Il découvre le théâtre et devient acteur. Au cinéma, il joue dans Un homme de trop (1966) de Costa-Gavras et dans Promenade avec l’amour et la mort (1969) de John Huston. En 1969, il réalise avec très peu de moyens Soleil Ô sur la condition des ouvriers immigrants. Sélectionné à Cannes, il remporte plusieurs prix mais son film est interdit par la suite dans divers pays.
La question du colonialisme est au cœur de son travail artistique. En 1973, il réalise Les Bicots Nègres vos voisins sur la vie des immigrés et le racisme en France. Il tourne ensuite deux films sur la lutte des Sahraouis et du Front Polisario. Avec West Indies, les nègres marrons de la liberté (1979), il propose un récit sur l’esclavage et le colonialisme dans les Caraïbes. Citons deux autres de ses réalisations : Lumière noire (1994) et Watani, un monde sans mal (2002).
En 1986, son film Sarraounia obtient le grand prix du Fespaco au Burkina Faso et le prix du meilleur film au festival de Londres. Sarraounia, « reine » en langue haoussa, évoque une reine africaine chez les Azna dans le sud-ouest du Niger actuel. Cette chef politique et religieuse résiste en 1899 à la « mission Voulet-Chanoine », expédition française de conquête coloniale du Tchad marquée par des massacres longtemps occultés par les autorités et l’historiographie françaises. La tradition orale africaine va faire de cette reine une figure populaire, exaltant sa résistance aux Français et lui attribuant des pouvoirs de sorcière.
Longtemps méconnue, cette femme devient un mythe dynamique sur la base d’une réinvention littéraire par Abdoulaye Mamani. En 1980, cet homme de lettres nigérien publie Sarraounia, le drame de la reine magicienne (Abdoulaye Mamami, Sarraounia : le drame de la reine magicienne, Paris, L’Harmattan, 1980). En réaction aux silences et au mépris de l’historiographie française, il propose une version africaine de l’histoire de la colonisation. Sarraounia apparait alors comme une jeune et belle rebelle, courageuse guerrière et devient un symbole politique.
En 1986, Med Hondo adapte ce roman et évoque la bataille de Lougou où les Aznas, peuple Hausa et animiste, affrontent sous la direction de la reine Sarraounia les forces françaises de la mission Voulet-Chanoine. Sarraounia apparait comme une héroïne dépourvue d’ambitions personnelles, préoccupée par la paix et l’indépendance. Elle devient un symbole de la lutte contre la colonisation. »

Info from le site de la Société française d’histoire des outre-mers

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