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Séance de l’Association pour l’étude de la colonisation européenne, 1750-1850 (APECE) : Jean-Louis Donnadieu, « Toussaint avant Louverture, cinquante ans d’anonymat prérévolutionnaire » (Sorbonne, 20/06/2015)

jeudi 11 juin 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

La prochaine séance du séminaire de l’APECE (Association pour l’étude de la colonisation européenne, 1750-1850) pour l’année 2014-2015 aura lieu le samedi 20 juin, Sorbonne, escalier C, 3e étage, salle Picard, à 14 H.

Cette dernière séance sera précédée de l’Assemblée générale statutaire.

Programme de cette séance

L’assemblée générale sera suivie de la communication :

Jean-Louis Donnadieu : « Toussaint avant Louverture, cinquante ans d’anonymat prérévolutionnaire »

« De Toussaint Louverture (1743 ?-1803), on connaît surtout la carrière publique qui, de la révolte des esclaves de 1791 jusqu’à sa mort en détention au fort de Joux, le fait sortir de l’inconnu pour le conduire au faîte du pouvoir, avant de chuter face à Bonaparte. Soit la dernière décennie de sa vie. Or, quand il se lance dans l’arène politique, il a déjà une cinquantaine d’années, donc un vécu, une certaine connaissance des hommes et l’expérience des difficultés à évoluer au sein de la société esclavagiste coloniale.
Cette vie dans l’ombre s’est longtemps rebellée au regard de l’historien, mais les progrès de la recherche permettent quand même d’en saisir quelques aspects. Si bien des incertitudes demeurent sur le personnage, on connaît désormais mieux le cadre (l’habitation Bréda du Haut-du-Cap) où le petit esclave Toussaint est né et a grandi ; on arrive à suivre un peu l’avancée dans la vie du « nègre libre » Toussaint Bréda –puisqu’on sait qu’il a été affranchi une quinzaine d’années avant la Révolution –, grâce aux registres paroissiaux et notariés. Sont apparues aussi des facettes longtemps inconnues du personnage, qu’il a contribué à brouiller lors qu’il est devenu un homme public : une première épouse (Cécile) avec laquelle il a eu au moins trois enfants, avant de s’en séparer après une vingtaine d’années de vie commune, ou son retour sur l’habitation Bréda quand il se met en ménage avec Suzanne et où – tout en étant libre – il reste en contact étroit avec l’atelier esclave. On sait aussi qu’il a, deux ans durant, dirigé une caféière et les esclaves qui y travaillaient. Que le récit des Chasseurs volontaires de Saint-Domingue partis en 1779 combattre pour l’indépendance des futurs États-Unis n’a pas dû lui être indifférent puisque il a eu un gendre, Janvier Dessalines, qui en faisait partie. Que sa connaissance des élites blanches de la société coloniale. »

Jean-Louis Donnadieu, docteur en histoire, docteur en sciences de l’information et agrégé d’histoire-géographie, enseigne au lycée Ozenne de Toulouse. Il a publié Toussaint Louverture. Le Napoléon noir et de multiples travaux sur l’empire colonial français., Belin, 2014 (Portraits historiques)

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