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Séminaire : « Anthropologie politique de la mémoire : acteurs, artefacts, archives » // Séance du 22/03/2016 (IMAF, Paris) : Guillaume Lachenal (Paris Diderot), « Ayos (Cameroun), lieu de mémoire de la médecine coloniale. Archéologie d’une ville-hôpital »

dimanche 20 mars 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

  • 17-19h ; IMAF / Site Raspail, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris

Séminaire organisé par Marie-Aude Fouéré, maître de conférences à l’EHESS et Martin Mourre, docteur de l’EHESS, affilié à l’IMAF

  • Année universitaire : 2015 / 2016
  • Périodicité : 2e et 4e mardis du mois de 17 h à 19 h
  • Localisation : IMAF / Site Raspail, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris

« Ce séminaire en anthropologie politique de la mémoire vise à explorer les pratiques mémorielles et les usages du passé pour l’action politique, au sens large d’engagement dans la vie publique. Cette année, on s’intéressera à deux sous-objets : les archives en tant qu’objets utilisés comme outils de mémoires politisées ; les acteurs sociaux et la formation des subjectivités politiques. Ces deux axes, analytiquement distincts, soulèveront des questions communes sur la production de la mémoire et les usages politiques et du passé. Le séminaire traitera plus spécifiquement de telles pratiques mémorielles en Afrique, mais des cas d’études pris dans d’autres espaces du monde seront aussi convoqués. Ce séminaire alternera des lectures de textes, communiqués en amont, et la présentation d’études de cas par des intervenants extérieurs venus de différentes disciplines des sciences sociales.

Dans le premier axe, on s’intéressera à la constitution, l’appropriation et les usages des archives par des acteurs non historiens de métier dans des situations d’action politique. Cette interrogation prend place dans le contexte de débats publics mondialisés sur l’histoire et la mémoire, où le « droit de mémoire » s’appuie de manière croissante sur la revendication d’un « droit à l’archive ». L’archive sera appréhendée comme un objet manié, détourné, recyclé, bricolé, exposé, scripturalisé, oralisé, et enfin dématérialisé. Cet axe interrogera donc la définition conventionnelle de l’archive (ici entendue comme tout ensemble d’artefacts issus du passé dans lesquels puiser : films, discours audios, photos, ouvrages, etc.), notamment à partir de la littérature américaine postcoloniale et de cas d’étude qui, suivant une approche matérielle et pragmatique, s’intéressent à ce que font les acteurs avec et sur les archives, à quels résultats ils aboutissent, dans quelles circonstances, et avec quels effets.

Dans le second axe, on focalisera notre attention sur la contribution du travail de la mémoire à la production des consciences historiques et des subjectivités politiques. On abordera cette question à partir des parcours et trajectoires des acteurs, de leurs intentions conscientes et de leurs dispositions en fonction de leur position dans l’espace social et de leurs représentations de cette position, et des réseaux de sociabilité auxquels ils appartiennent. Il s’agit ainsi de mieux décrypter les processus de formation d’un rapport de soi à soi et de soi aux autres, entre stylistique de soi et subjectivation politique. Contre une approche utilitariste de la mémoire politisée et suivant une démarche inspirée du affective turn replaçant les émotions au cœur des interrogations en sciences sociales, on sera amené à interroger l’adhésion, la conviction, l’engagement qui sont au cœur des pratiques mémorielles des acteurs. »

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