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Séminaire : « Histoire sociale de l’Afrique orientale, de la mer Rouge et de l’océan Indien, XIXe-XXe siècles : archives, corps, subjectivités » (Paris, IMAF, 2015-2016) // Séance du 5/02/2016 : « Temporalités et usages du passé »

mercredi 27 janvier 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

  • Séminaire organisé par Silvia Bruzzi, chercheure affiliée à l’IMAf-Malher (cet enseignant est référent pour cette UE) ; Henri Médard, professeur à l’Université Aix-Marseille ; Violaine Tisseau, chercheure affiliée à l’IMAf-Malher et Elena Vezzadini, chargée de recherche au CNRS
  • Périodicité : Vendredi de 14 h à 17 h
  • Localisation : Bâtiment Le France, salle du conseil B, R-1, 190-198 av de France, 75013 Paris
  • Calendrier : Les 4 décembre 2015, 8 et 22 janvier, 5 février, 11 mars, 1er avril, 13 mai et 3 juin 2016
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Programme 2015-2016

L’Afrique de l’Est des XIXe-XXe siècles est un espace impérial extrêmement dense (entre empires ottoman, omanais, britannique, français, allemand, italien, et portugais), dont l’histoire est marquée par des tensions de nature économique et géopolitique mais aussi raciale et religieuse... Sans négliger le poids des questions politiques nationales et internationales et des systèmes impériaux, l’approche de ce séminaire reste avant tout sociale. Un large espace sera dédié aux questionnements méthodologiques dans l’écriture d’une histoire sociale s’appuyant sur des sources hétéroclites. Le point de départ, désormais consolidé, est que la construction des archives et la production de sources, ainsi que leur utilisation pour l’écriture de l’histoire, sont des actes chargés, intimement liés à un système de savoirs et de pouvoirs. Aussi, la cristallisation d’un récit « crédible » a souvent moins à voir avec ce qui s’est passé qu’avec l’« histoire de l’histoire », ou encore avec l’histoire de la mémoire. Par conséquent, ce séminaire propose de remettre en question les narrations par le haut en utilisant l’archive « contre elle-même », pour reprendre l’injonction d’Ann Laura Stoler. Le recours aux sources externes aux archives d’État (archives privées, collections de récits oraux ou encore circulation de certains répertoires musicaux ou de certains objets) participe pleinement à cette démarche.

Pour autant, il ne s’agit pas simplement de trouver des sources « alternatives » qui seraient plus « justes » ou plus « crédibles » et qui invalideraient certains récits dominants. Notre propos, au contraire, est de procéder par juxtaposition, c’est-à-dire confronter le récit qui s’esquisse à partir de différent types de sources – quand celles-ci sont disponibles – et interroger les contradictions générées par cette comparaison. En effet, on comprend le fait d’intégrer des sources « alternatives » comme des générateurs de complexité. Ces contradictions sont elles-mêmes des « traces » de conflits ou des silences qui nous permettent de nous rendre pleinement compte de la complexité et des réverbérations de l’histoire.

Nous aurons soin d’équilibrer les approches sans oublier l’autonomie des acteurs locaux et l’importance des logiques régionales tout en insistant sur le jeu d’échelles. Nous aborderons donc une Afrique orientale des XIXe-XXe siècles face aux impérialismes certes mais qui ne se réduit pas à eux, une Afrique contemporaine, des subjectivités et des corps par exemple, enracinée dans un temps long.

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