Navigation

AccueilActualitésNews de l’histoire (du droit) des colonies

Séminaire : « Les Afriques dans la longue durée : acteurs, savoirs, pratiques » (Paris, IMAF, 2016-2017)

mardi 25 octobre 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

  • Année universitaire : 2016 / 2017
  • Périodicité : 1er, 3e et 5e lundis du mois de 15 h à 18 h
  • Localisation : IMAF / Site Raspail, salle de réunion, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris

Calendrier : Du 7 novembre 2016 au 15 mai 2017

Séance exceptionnelle le 27 mars

  • Lundi 7 novembre 2016 : salle 3, 105 bd Raspail, 75006 Paris
  • Lundi 21 novembre : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 5 décembre : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 16 janvier 2017 : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 6 février : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 20 février : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 6 mars : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 20 mars : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail
  • Lundi 27 mars : salle 9, 105 bd Raspail, 75006 Paris
  • Lundi 15 mai : salle de réunion IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail

Présentation :

Cette année le séminaire reprendra la problématique générale développée pendant les années précédentes, en insistant davantage sur l’identification de « faits » – issus des initiatives coloniales ou internes à l’Afrique – qui ont fonctionné en tant que puissants accélérateurs de changement social dans les sociétés africaines, que ce soit au niveau régional, continental ou global. Il est rappelé que l’un des propos de ce séminaire est de penser l’histoire de l’Afrique à une échelle temporelle de longue durée, nécessaire pour saisir des processus qui, autrement, seraient rendus « invisibles », malgré leur relation avec la moyenne et la courte durée. Cette option résulte de plusieurs constats.

Il s’agit d’abord de la prépondérance des études sur la période contemporaine, concernant notamment les territoires sous domination française, anglaise et belge, au détriment d’une chronologie plus étalée et des problématiques qu’elle recèle et qui, cependant, ressortent des matériaux archivistiques et historiographiques issus de la colonisation portugaise, ou encore des données linguistiques et archéologiques mobilisées par l’histoire des civilisations africaines préexistantes à la colonisation. Vient ensuite l’importance accordée aux études impériales, où l’épaisseur de l’histoire et, par conséquent, la résilience des dynamiques interafricaines n’apparait, au mieux, que dans un lointain et vague arrière-plan. Enfin, la multiplication, par ailleurs opportune, des travaux sur le « temps présent » frappe à la fois par leur insistance sur les contraintes et les opportunités d’un environnement international « mondialisé » et sur les nouveautés apparemment irréductibles des « situations » africaines.

Or, entre l’histoire dite « précoloniale » (la question restant posée de savoir quand se termine le « pré »colonial par rapport au « colonial »), l’installation des systèmes coloniaux formels, à la fin du XIXe siècle, et les enjeux de la « postcolonialité », se déroule un temps long dans lequel se sont produites des interactions, voire des (re)créations, aussi bien entre « l’Afrique en Afrique » et « les Afriques d’ailleurs » qu’entre les sociétés africaines et les pouvoirs coloniaux, le tout dans des relations complexes de négociation, de dialogue et de confrontation. Les acteurs, africains ou coloniaux (catégories hétérogènes par définition, ouvertes sans cesse à l’émergence de nouveaux rôles sociaux), les savoirs (transmis, appropriés, reconfigurés) et les pratiques (la résistance, la négociation, la reconversion) constituent autant de « lieux » à partir desquels se déploiera notre réflexion.

Dans cette perspective, la focalisation de l’analyse sur des « faits » qui ont fonctionné en tant que tournants ou déclencheurs de changement s’avère particulièrement féconde pour mettre en lumière les processus de reconfiguration des sociétés africaines dans le temps long. La discussion des notions telles que « fait », « temps long », « longue durée » fera, bien évidemment, l’objet de réflexions. Parmi les « faits » coloniaux, nous nous occuperons de la traite atlantique et de ses retombées démographiques, économiques, sociales et culturelles ; de l’abolition de l’esclavage et de la pluralité des processus d’émancipation qui l’accompagnent, avec des rythmes et des configurations différentes selon les régions ; et, enfin, de la Grande Guerre de 1914-1918, celle-ci inscrivant l’histoire des Africains dans des dynamiques historiques qui ont trait aux enjeux de l’histoire du monde.

Concernant les « faits » internes à l’Afrique, on distinguera les grands mouvements démographiques et militaires internes, comme celui de l’expansion chokwe depuis la deuxième moitié du XIXe siècle ; les mouvements prophétiques africains (de « Dona Béatrice » à Simon Kimbangu) et encore les mouvements intellectuels et politiques, tels que le panafricanisme, engageant l’Afrique à l’échelle continentale et diasporique. L’analyse de ces accélérateurs de changement social sera opérée à partir d’études de cas qui fonctionneront ainsi comme des révélateurs de la complexité et de la diversité des processus de changement social.

Chaque séance a une durée de 3 heures de manière à donner place à une discussion approfondie. Des textes (bibliographie ou sources) seront distribués au préalable. Leur lecture est obligatoire et les étudiants sont sollicités à intervenir.

Adresse(s) électronique(s) de contact : cmadeira(at)ehess.fr

Dans la même rubrique

Dernières brèves