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Séminaire de l’APECE (Association pour l’étude de la colonisation européenne - 1750-1850) : Baptiste Biancardini, « La réorganisation du lobby colonial sous le Directoire et le Consulat », (Paris Sorbonne, 11/04/2015)

jeudi 9 avril 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

  • Marcel Dorigny, pour le bureau

« La communication portera sur l’existence et l’action d’un « lobby colonial » sous la Révolution française, principalement après le décret du 16 pluviôse an II abolissant l’esclavage dans les colonies françaises.

La question sous-jacente à travers les recherches menées par Baptiste Biancardini revient à interpréter l’abolition de 1793-1794 : fut-elle le fruit des circonstances (guerre étrangère, insurrection générale dans la colonie, division du personnel politique révolutionnaire sur l’esclavage …) ou une réorientation durable de la vision des colonies ?

La communication présentée proposera des réponses à ces questions posées depuis longtemps. »

  • Résumé par Baptiste Biancardini

« L’historiographie des 25 dernières années a beaucoup débattu de l’importance réelle de la première abolition de l’esclavage en 1794 et de sa restauration en 1802. D’un côté fut mis en lumière le rapport « logique » entre l’abolition et les idéaux de 1789 tandis que de l’autre fut souligné l’aspect pragmatique -en reprenant par exemple la formule de Danton- voir cynique d’une abolition destinée à entraver et même ruiner la puissance anglaise aux Amériques. Ainsi pour certains historiens et malgré les dispositions prises lors de l’institution du Directoire, le rétablissement de l’esclavage sous Napoléon servit à démontrer a posteriori que le décret du 16 pluviôse an II ne fut qu’une simple stratégie du moment ; la guerre civile puis la guerre révolutionnaire qui conduisit à l’émergence d’Haïti se trouvant dès lors coupée des événements métropolitains.

L’objectif de la thèse en cours de rédaction sur la question d’un « lobby colonial » est de revenir sur ce débat pour interroger cette première abolition de l’esclavage, son importance, ses causes et ses effets, à partir non pas de ses défenseurs mais de ses détracteurs. Comment les anciens maîtres, colons exilés se trouvant aux États-Unis ou en France, perçurent-ils cette abolition et les événements qui la suivirent ? Ont-ils cherché à s’adapter à ce paradigme révolutionnaire ou au contraire ont-ils toujours poursuivi la politique du retour à l’avant 1789 ? Forment-ils à proprement parlé un « lobby » ou pouvons-nous y discerner différentes stratégies et différents groupes ?
C’est ces questions que nous évoquerons à travers l’analyse de leurs différents écrits tout au long de cette période. »

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