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Séminaire de recherche du laboratoire « Les Afriques dans le monde » (LAM) // Séance du 20/10/2016 : « Africanisme » (Bordeaux, LAM)

mardi 18 octobre 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

Le séminaire de recherche du laboratoire « Les Afriques dans le monde » (LAM) se tiendra le jeudi 20 octobre 2016 de 14h30 à 16h30 (Salle des stages à la Maison des Suds)

« Nous avons choisi d’inaugurer le nouveau cycle du séminaire de recherche du LAM, en questionnant la notion d’africanisme. Alors que se multiplient les hommages et les nécrologies consacrées à Georges Balandier, l’un des pères fondateurs de l’africanisme moderne et des études africaines en France, décédé le 5 octobre dernier, le terme d’africanisme et d’africaniste est employé à foison. C’est l’occasion de revenir sur les débats soulevés par cette notion qui désigne à la fois un rapport, parfois passionnel à un terrain, un espace d’analyse scientifique ou encore le ou la spécialiste des « langues et des civilisations africaines » selon la définition du Petit Robert. L’enjeu est ici de questionner la valeur heuristique de cette terminologie, mais également, pour nous, chercheur.euse.s spécialistes de l’Afrique, de chercher à réfléchir à la manière dont nous nous situons et nous appréhendons cette notion dans nos propres recherches et pratiques de terrain.

L’une des principales contributions de Georges Balandier aux études africaines a été de l’affranchir de son origine coloniale (la société des africanistes a été fondée en 1930) en dépassant les approches ethnographiques traditionnelles au profit d’une lecture sociologique des mutations des sociétés africaines. C’est précisément la possibilité de penser l’Afrique pour elle-même, dans sa singularité et sa diversité, qui fonde l’africanisme. Cette terminologie définit un rapport à objet et au terrain Afrique qui transcende les frontières disciplinaires, mais qui fait aussi débat. L’exclusivisme et la singularisation du continent est-elle féconde pour penser les Afriques dans le monde ? Est- ce que ce type d’approche spatio-culturelle, est aujourd’hui encore pertinente ? Qu’est-ce que cette notion recouvre en termes d’identité ou d’appartenance scientifique : existe-il un « africanisme africain » qui se définit comme tel, ou le terme renvoie toujours à une certaine forme de relation scientifique nouée par les chercheurs occidentaux sur l’Afrique ? Est-ce que travailler sur l’Afrique nous définit nécessairement comme africaniste ? L’africanisme est-il une science, et quelle science l’africanisme propose-t-il de l’Afrique ou pour l’Afrique ?

Pour guider notre réflexion introspective, nous avons souhaité partager deux textes produits à des moments très différents par des collègues du LAM, Denis Constant Martin et le regretté Alain Ricard qui aurait tant aimé participer à ce débat et nous aurait encore tant appris, lui qui a consacré sa vie à questionner les lieux, les modalités et la nature de la production de connaissances sur l’Afrique. Les intervenants réunis pour ce séminaire viennent de disciplines variées, le droit, la science politique, l’histoire, la littérature. Leur contribution centrée sur leur propre expérience et pratique de recherche doit précisément nourrir notre réflexion collective sur ce que signifie être ou ne pas être africaniste aujourd’hui. »

Intervenant(e)s :

  • Bertho Élara, doctorante contractuelle au THALIM (Paris 3)
  • Cahen Michel, chercheur à LAM (Bordeaux)
  • Fall Badara Alioune, chercheur à LAM (Bordeaux)
  • Miette Bergès, doctorant à LAM (Bordeaux)

Télécharger les deux textes en cliquant sur les liens suivants :

Lire aussi Ricard Alain, « De l’africanisme aux études africaines. Textes et « humanités » », Afrique & histoire 1/2004 (vol. 2) , p. 171-192

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