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« Shaping education in the (post)colonial world : Actors, paradigms, entanglements (1880s-1980s) » — Université de Lausanne — Du 14 au 16 septembre 2017

lundi 4 septembre 2017, par Dominique Taurisson-Mouret

Cette conférence examine l’histoire des politiques éducatives élaborées par les acteurs internationaux et impériaux dans le monde (post)colonial au cours du XXe siècle. Trois axes de recherches seront privilégiés : l’analyse des doctrines et des paradigmes spécifiquement pensés pour des contextes coloniaux ou postcoloniaux ; le rôle joué par l’éducation dans la « mise en valeur » et la modernisation des colonies et des pays « sous-développés » ; la place des acteurs indigènes et l’impact des politiques éducatives internationales et impériales dans différents contextes régionaux, nationaux et locaux.

Programme

Thursday, September 14

12h30 Welcome

  • 13h-13h30 Introduction, Damiano MATASCI (Université de Lausanne), Miguel BANDEIRA JERONIMO (University of Coimbra)
  • 13h30-15h30 Internationalizing (Post)Colonial Education Chair : Hugo GONCALVES DORES (University of Coimbra)
  • Gwendal RANNOU (Université Paris 1). L’éducation professionnelle dans les colonies australasiennes (1901-1941)
  • Miguel BANDEIRA JERONIMO (University of Coimbra). On ‘Native’ Education : International and Transnational Dynamics, and Colonial Realities in the Portuguese Empire (1890-1930)
  • Chiara DIANA (Université d’Aix-Marseille / CEDEJ-Egypt). L’éducation de la petite enfance en Egypte au prisme des politiques nationale et internationale
  • Tim KAISER (Giessen University). An Entangled History of Socialist and Post-Colonial Education : Institutional Transfer for Educational Equality and National Development

15h30-15h45 Coffee Break

15h45-17h15 Elites and Modernization Chair : Nicolas BANCEL (Université de Lausanne)

  • Sara LEGRANDJACQUES (Université Paris 1). La formation de l’enseignement supérieur en Asie coloniale (années 1880-1940). Approche comparée de l’Inde britannique et de l’Indochine française
  • Hélène CHARTON (CNRS-Université de Bordeaux). La fabrique de communautés impériales. La formation des étudiants coloniaux au cours des politiques de modernisation de l’Empire britannique. Le cas Est africain
  • Eric BURTON (University of Vienna). Engineering Socialism : The Faculty of Engineering at the University of Dar es Salaam in the 1970s and 1980s
  • 17h15-18h15 SNF Project Presentation : Damiano MATASCI (Université de Lausanne). Repenser la « mission civilisatrice » ? L’UNESCO, la France et la question éducative dans le monde colonial, 1945-1960

Friday, September 15

  • 9h-10h Keynote Lecture : Corinna UNGER (EUI Florence) Education and Development : A Twentieth-Century History Perspective

Chair : Miguel BANDEIRA JERONIMO (University of Coimbra)

10h-10h15 Coffee Break

10h15-12h Education, Labour and Colonial Development Chair : Thomas DAVID (Université de Lausanne)

  • Jakob ZOLLMAN (Berlin Social Science Center). Becoming a Good Farmer – Becoming a Good Farm Worker. On Educational Policies in German South West Africa, ca 1890 to 1918”
  • Stéphane LEMBRÉ (Université de Lille). L’enseignement technique et professionnel et le développement économique de l’Afrique du Nord sous domination française (années 1920 – années 1950)
  • Romain TIQUET (University of Geneva). Education through Labour : From the 2nd Portion du Contingent to the Youth Civil Service in West Africa (Senegal/Mali, 1926-1968)
  • Brooke DURHAM (Stanford University). « Une aventure sociale et humaine » : The Centres Sociaux in Algeria, 1955-1962

12h-13h30 Lunch

13h30-15h Rethinking the “Civilizing Mission” Chair : Marie-Luce DESGRANDCHAMPS (Université de Genève)

  • Thuy PHUONG NGUYEN (Université Paris Descartes). De la « mission civilisatrice » à la mission culturelle : un discours (post)colonial contrarié (Indochine 1946-1953)
  • Hugo GONCALVES DORES (University of Coimbra). Interimperial or International Cooperation ? Questioning the Role of CCTA and UNESCO in African Education (1948-1960)
  • Simplice AYANGMA (Université de Yaoundé I et de Genève). Eduquer pour chasser le spectre de la maladie et de la mort : L’éducation pour la santé dans les écoles coloniales et post-coloniales en Afrique centrale (1910-1986)

15h-16h45 Circulations, Impacts, Receptions Chair : Roberto ZAUGG (Université de Lausanne)

  • Aude CHANSON (SciencesPo Paris).La commission Phelp-Stokes : des Afro-Américains aux Africains ou comment les Américains viennent au secours des Britanniques ?
  • Phillip CANTRELL (Longwood University). The Triangulation of Colonial Education : Catholics, Anglicans, and Belgians in colonial Africa
  • Kathleen VONGSATHORN (University of Warwick). Health Education as Modernity ? Shifting Ugandan Responses to Hygiene Education, 1919-1979
  • Thomas RIOT (Université de Lausanne). S’auto-éduquer en Afrique centrale : le cas des savoirs sportifs en situation (post)coloniale

16h45-17h Coffee Break

17h-18h30 Post-Colonial Policies, Trajectories and Issues Chair : Marianne HELFENBERGER (University of Zurich)

  • Raphaëlle RUPPEN COUTAZ (Université de Lausanne). De l’éducation à l’Europe à l’élaboration de manuels scolaires pour la République centrafricaine : le parcours du chanoine Gérard Pfulg
  • Sylvie GUICHARD (University of Geneva).The More Things Change, the More They Stay the Same ? The Supreme Court and Education in the First Fifteen Years of Independent India
  • Alexandra PIEPIORKA (Giessen University). Exploring “Socialist Solidarity” in Higher Education : The Case of the Eduardo Mondlane University in Post-Independence Mozambique (1975-1992)
  • Sofiane BOUHDIBA (Université de Tunis). Le français à l’école dans la Tunisie post-coloniale : état des lieux et perspectives

Saturday, September 16

9h-10h30 Gender, Colonialism and Education Chair : Rebecca ROGERS (Université Paris Descartes)

  • Tania MANCHENO (University of Hamburg). Teaching to be Human. The Colonial Role of White-Feminist Emancipation Movements in Germany and France (From the End of the 19th to the 20th Century)
  • Kirsten KAMPHUIS (EUI Florence). Raising Indonesia’s Girls. Questions of Gender and Age in the Indonesian Educational Movement, c. 1920-1940
  • Joyce GOODMAN (University of Winchester).Internationalism, Imperialism and Gender : Educational Cinematograph at the League of Nations Institute of Educational Cinematography (Rome), and the Buddhist Institute at Phnom Penh

10h30-10h45 Coffee break

  • 10h45-12h15 Keynote Lecture and Final Round Table : Peter KALLAWAY (University of Cape Town) Education and Identity : The Ambiguities of Colonial Education in Africa, 1900-1940

Chair : Miguel BANDEIRA JERONIMO (University of Coimbra)

  • 12h15-12h30 Concluding Remarks : Miguel BANDEIRA JERONIMO (University of Coimbra), Damiano MATASCI (Université de Lausanne)

The conference is open to the public. The working languages are English and French.

Contact : Damiano Matasci (damianomatasci [at] gmail [dot] com)

Colloque
Du 14 au 16 septembre
Jeudi 1er décembre 2016

Cette conférence propose d’examiner les politiques éducatives élaborées par les acteurs internationaux et impériaux dans le monde (post)colonial au cours du XXe siècle. Si l’historiographie s’est depuis longtemps intéressée à la place de l’éducation dans la « mission civilisatrice » du colonialisme dès le XIXe siècle, des études récentes ont également souligné son rôle dans les projets de « mise en valeur » et d’« exploitation rationnelle » des territoires extra-métropolitains. Pendant la période l’entre-deux-guerres, et surtout après la Deuxième Guerre mondiale, l’accès au savoir et la lutte contre l’analphabétisme furent en effet étroitement liés au développement économique et social des espaces coloniaux, tout comme au processus de construction nationale des territoires qui acquirent leur indépendance dans les années 1950 et 1960. Malgré le récent renouveau des recherches portant sur l’histoire globale de l’éducation, de l’humanitaire et du développement, relativement peu de travaux se sont focalisés sur la vaste gamme de projets éducatifs visant la modernisation économique, sociale et politique des pays du Sud. Menés par une multitude d’acteurs, ceux-ci jouèrent notamment un rôle central dans le façonnement des doctrines et des plans de développement de la deuxième moitié du XXe siècle. Afin de combler cette lacune, la conférence souhaite réunir des contributions basées sur des recherches empiriques explorant les relations complexes entre acteurs, discours et pratiques éducatives d’une part et politiques de « développement » en Asie et en Afrique d’autre part. Plus précisément, nous proposons d’analyser ce problème à partir de trois perspectives complémentaires :

Appel à communication

Enjeux et paradigmes

Le premier objectif de cette conférence est d’analyser les doctrines et les paradigmes éducatifs spécifiquement pensés pour des contextes coloniaux ou postcoloniaux. Dès la période de l’entre-deux-guerres, plusieurs labels furent élaborés dans le but de fournir un enseignement approprié aux besoins et aux spécificités des territoires coloniaux ou « sous-développés » (à l’instar de l’éducation adaptée, de la mass education ou de l’éducation de base), la plupart incluant des formes d’enseignement technique, agricole et professionnel. L’élévation des niveaux de vie des populations indigènes fut d’ailleurs l’un des objectifs proclamés des entreprises éducatives mises en place en Afrique et en Asie au XXe siècle, tout en servant souvent d’outils pour légitimer de domination politique et sociale. Une attention particulière sera accordée aux acteurs individuels et collectifs qui élaborèrent de nouveaux paradigmes (experts, missionnaires, philanthropes, fonctionnaires) ainsi qu’aux espaces institutionnels ou informels par lesquels des nouvelles idées circulèrent entre et par-delà les frontières nationales (conférences internationales et impériales, administrations coloniales, réseaux et associations privées).

Projets et politiques

Le deuxième objectif de la conférence est d’étudier le rôle joué par l’éducation dans le cadre de la vaste gamme de politiques visant à la modernisation des colonies et des pays « sous-développés », depuis les premiers projets impériaux au début du XXe siècle jusqu’à la mise en place des programmes internationaux et bilatéraux d’aide au développement après la Deuxième Guerre mondiale. En se penchant sur l’action des administrations impériales, des organisations internationales (Société des Nations, Bureau international d’éducation, UNESCO, Organisation internationale du Travail, etc.), des organismes religieux (sociétés missionnaires, Vatican, Conseil œcuménique des Eglises, etc.), des ONG (Save the Children, réseaux féministes, mouvements de jeunesse, etc.) et des pays socialistes, la conférence souhaite explorer les manières dont les régions « sous-développées » du monde devinrent une arène de projets en compétition. Les interactions entre ces différents acteurs sur fond de rivalités inter-impériales ou encore des tensions de la Guerre froide et de la décolonisation, ainsi que l’émergence de nouvelles stratégies géopolitiques (comme la coopération intercoloniale), seront particulièrement mises en exergue.

Impacts et appropriations

Cette conférence souhaite enfin œuvrer comme une plateforme de discussion pour évaluer le rôle des acteurs indigènes et l’impact des politiques éducatives internationales et impériales dans différents contextes nationaux, régionaux et locaux. Elle a pour ambition d’ouvrir un espace de réflexion sur les problèmes méthodologiques liés à la réception et aux appropriations des idées et des modèles pédagogiques en fonction de cadres géographiques et politiques en évolution. La conférence pourra ainsi améliorer notre compréhension des limites, de la portée et des significations changeantes du « droit à l’éducation » dans les espaces extra-européens, et plus particulièrement dans le monde colonial et postcolonial.
Modalités de soumission

Nous encourageons des soumissions de chercheur-e-s issu-e-s de l’ensemble des disciplines des sciences humaines et sociales, et nous accorderons une attention particulière aux propositions venant de doctorant-e-s et de jeunes postdoctorat-e-s. Les résumés des communications, en anglais ou en français (300 mots max.), ainsi qu’un court CV (10 lignes maximum), doivent nous parvenir au plus tard le 1 décembre 2016.

Les notifications d’acception seront communiquées en janvier 2017. Les langues de travail de la conférence seront le français et l’anglais.

Avant la conférence et afin de faciliter le débat, les participants enverront un papier d’environ 6000 mots qui sera distribué aux discutants. Une publication sous forme de volume collectif et/ou numéro spécial de revue est également prévue.

Le transport et l’hébergement des participants seront pris en charge, totalement ou partiellement, en fonction des résultats des demandes de subventions.

Adresse pour l’envoi des propositions : shapingeducation2017 chez gmail.com

Comité scientifique (liste provisoire)

  • Miguel Bandeira Jéronimo (Université de Coimbra)
  • Hélène Charton (Sciences Po Bordeaux)
  • Hugo Dores (Université de Porto)
  • Rita Hofstetter (Université de Genève)
  • Damiano Matasci (Université de Lausanne)
  • Sandrine Kott (Université de Genève)
  • Rebecca Rogers (Université Paris Descartes, présidente d’ISCHE)
  • Eckhardt Fuchs (Georg Eckert Institut, Université de Braunschwig, ancien président ISCHE)

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