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« Territoires urbains coloniaux depuis l’Antiquité. Fonder, peupler, habiter, gouverner »

Atelier doctoral organisé par le Groupe transversal « Usages de l’histoire et devenirs urbains » du Labex Futurs urbains (Paris-Est)

Les phénomènes coloniaux ont très largement été des phénomènes urbains. De même, la création de territoires urbains (villes nouvelles, infrastructures, settlements, etc.) sont régulièrement qualifiés de « colonial ». Ainsi, au croisement des études urbaines et des études coloniales, cet atelier doctoral envisage donc d’interroger, à l’aune de cas d’étude situés, aussi bien diverses situations coloniales que la prolifération contemporaine des discours qualifiant telle ou telle situation urbaine de « coloniale ».

Les villes et les urbanités constituent un objet de recherche central des « colonial studies », en plein développement depuis plus de vingt ans. L’histoire, l’anthropologie, la sociologie ou encore les sciences politiques se sont ainsi emparées de cette notion de « colonial » pour interroger diverses facettes de l’urbain, qu’il s’agisse de comprendre les interactions sociales qui font la trame des situations coloniales urbaines depuis l’Antiquité (colonisations grecques ou romaines, colonisations ibériques modernes, etc.) ou qu’il s’agisse d’en interroger les rémanences ou ré-emplois contemporains. Ainsi cet atelier se propose d’étudier, à nouveaux frais ou pour prolonger et préciser nombre d’études, la dimension urbaine du colonial ainsi que la dimension coloniale de l’urbanisation, qu’il s’agisse de fonder un territoire urbain, de le peupler ou de l’habiter. Se voulant résolument interdisciplinaire et inscrit dans la longue durée, cet atelier doctoral veut ainsi réinterroger le fait « colonial » au prisme de l’urbain, ses évolutions, persistances et nœuds problématiques.

Des études de cas questionnant ce que signifient « fonder », « peupler », « habiter » et « gouverner » pourront mener, lors de cet atelier, à une réinterrogation du « colonial ». Il s’agira également de penser la valeur réflexive, la polysémie, la portée et les limites de ces notions. Approfondir notamment la compréhension des relations entre formes de gouvernement et l’urbain constitue un premier enjeu fort. Un second consiste à comprendre la prolifération des termes de « colonies » ou « colonial » (« colonies » municipales de banlieue parisienne, usages critiques contemporains) pour qualifier des phénomènes et territoires bien distincts des colonisations à proprement parler (antique, ibérique, des XIXe et XXe siècles).

De là découlent nombre de questionnements : quels sont les tenants et les aboutissants des politiques publiques menées ? Comment habiter un territoire urbain récemment fondé ? Dans quelle mesure les envies et réalisations de villes singulières ou renouvelées sont-elles inséparables d’un projet de gouvernement qui les excède ? Quelles formes de citadinité assignées aux territoires urbains fondés – ou quelles sont celles advenant de façon imprévue ? Comment les territoires urbains participent des fronts pionniers et, inversement, comment envisager les « fronts pionniers » dans les territoires urbains ? Pourquoi et comment des espaces urbains deviennent ingouvernables ou du moins tentent de se dérober, pour diverses raisons et de diverses façons, à l’emprise des autorités instituées ? Ce sont là quelques exemples d’axes problématiques qui, au croisement du colonial et de l’urbain, intéresseront cet atelier.

L’étude de ces dynamiques en des « territoires urbains » répond au souhait de ne pas étudier uniquement les villes ; il s’agit plutôt d’analyser les événements et processus qui concernent tout un ensemble de territoires dans lesquels, sur l’ensemble du globe, il y a de l’urbain : espaces qui voient converger – voire s’affronter – projets métropolitains et leurs contestations (« zones à défendre » en France, aménagements en tout genre destinés à alimenter en ressources les métropoles, par exemple), villes coloniales, villes et quartiers nouveaux ou informels, settlements ou outposts israéliens dont le devenir-ville est explicite, entre autres.


Page créée le mercredi 14 février 2018, par Dominique Taurisson-Mouret.


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