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Troisièmes rencontres du Grand Séminaire d’Histoire des Outre-Mer français : « Droit à la résistance. Parcours de “résistants” en situation coloniale esclavagiste et après l’abolition » (Paris Sorbonne, 8-11/04/2015)

lundi 6 avril 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

  • Participation libre dans la limite des places disponibles, pour assister au Grand Séminaire d’Histoire d’Outre-Mer, veuillez prendre contact avec Frédéric Régent :
    frederic.regent chez univ-paris1.fr
  • Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, Salle Marc-Bloch
  • École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris, Salle des Actes
  • Sorbonne-Centre Panthéon, 12 place du Panthéon, 75005 Paris, Salle 1
  • Journées organisées par l’Institut d’histoire de la Révolution française (IHRF, UMS 622) avec le soutien de l’IHMC (CNRS, école Normale Supérieure, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne), du CRPLC (UMR 8053, CNRS, Université des Antilles), de la Journée Outre-Mer Développement 2015 et d’Historun.

PROGRAMME :

Les rencontres annuelles sont organisés en alternance par des universitaires du CRESOI (EA 12, Université de La Réunion), du CRPLC (UMR 8053, CNRS, Université des Antilles), du CAGI, pôle Guadeloupe du CRPLC,du GREHDIOM (Groupe de Recherche en Histoire du droit et des Institution de l’Outre-Mer) et de l’IHRF (UMS 622, CNRS, Université Paris1-Panthéon-Sorbonne).

Les trois premières rencontres étaient consacrées aux « Résistances, rébellions, révoltes et révolutions : Océan Indien, Antilles, Guyane, France (1750-1850) ».

La première journée, tenue le 12 novembre 2012 à l’Université de La Réunion et les deuxièmes journées qui ont eu lieu en Guadeloupe (3-7 février 2014), ont permis à la réflexion d’avancer sur le thème des résistances en situation esclavagiste. Nous avons montré que le terme de résistance avait jusqu’alors acquis un sens conceptuel et paradigmatique excessif dans l’historiographie de l’esclavage colonial, le terme finissant par désigner tout et le contraire de tout. Ce paradigme a fortement influencé l’historiographie et la production historique. Son influence a écarté du champ des études de nombreux aspects de la vie des sociétés esclavagistes comme celle des libres non propriétaires d’esclaves ou les rapports entre esclaves et maîtres se situant en dehors de la sphère de la confrontation. Lors des deuxièmes journées, consacrées aux résistances « politiques », nous avons réservé précisément le terme à des actes réfléchis et organisés d’opposition au principe et au système esclavagistes en tant que tels, mais en mettant systématiquement ce mot au pluriel pour en souligner la polyvalence des formes. Ces deuxièmes journées ont permis d’aboutir à déterminer certaines limites à l’usage de l’expression « résistances politiques » qui en effet ne sont pas continues, alternant des phases de lutte et les phases de trêves, d’accord. Les formes de résistance politique se définissent par ceux à qui des hommes ont résisté et qui les définissent en retour comme « rebelles », « révoltés », « insurgés ». On ne peut donc pas parler de résistance permanente. Ajoutons que certains parcours montrent que des individus participent à l’économie et à la société esclavagistes tout en s’y opposant. De plus, il faut distinguer les résistances à l’esclavagisme des résistances à l’esclavage. Il semble que la notion de résistance à l’esclavagisme soit plus propice à désigner les luttes des esclaves, alors que la seconde concerne plutôt les abolitionnistes. En effet, si les abolitionnistes, progressivement imaginent un monde sans esclavage, il semble que peu d’esclaves envisagent un tel monde, avant l’époque des révolutions atlantiques.

Mais le concept de résistance se définit aussi de manière juridique, par rapport à l’élaboration du droit à la résistance et à la mise en pratique de l’usage de ce droit. En 1789, le droit de résistance à l’oppression est défini et, en 1793, son corollaire, le droit à l’insurrection. De 1793 à 1802, les esclaves, les libres de couleur, les républicains vont s’approprier ces droits. Précisément, l’objectif des troisièmes journées du Grand séminaire d’Histoire d’outre-mer sera de s’intéresser à la fois à la notion juridique de résistance à l’oppression (et à son éventuel corollaire, le droit à l’insurrection), mais aussi aux parcours des individus ou groupes humains envisageant consciemment des actes de résistance juridique ou judiciaire à l’autorité coloniale esclavagiste. Il s’agira de mettre en perspective une conception beaucoup plus socio-historique de la notion de résistance et de la figure du résistant.

Il faudra en premier lieu s’intéresser au terme de résistant. Est-il opératoire en situation coloniale esclavagiste ? Peut-on donc définir des résistants ou des parcours de résistance ? Il s’agira surtout de s’intéresser aux femmes et aux hommes qui à un moment donné se sont opposés au système esclavagiste. Leurs actes s’inscrivent-ils dans une conscience politique ? Comment s’articule l’action individuelle avec une démarche collective ? Il s’agira d’analyser les différents types de stratégies de résistance, d’échappement, de contournement et d’adaptation ou d’assimilation des normes juridiques par les différents acteurs des situations d’esclavage ou d’esclavagisme : principalement les esclaves bien sûr, mais aussi, dans certaines proportions variant suivant les circonstances, des libres de couleur, certains colons, administrateurs et fonctionnaires locaux ou membres du pouvoir central... Seront également évoquées les différents types de luttes judiciaires des esclaves (et de leurs défenseurs), ainsi que les stratégies et argumentaires juridiques des abolitionnistes, spécialement au XIXe lorsque la Cour de cassation va commencer à contrôler la jurisprudence des tribunaux coloniaux et s’engager dans la lutte contre l’esclavage.

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