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« Understanding Insurgencies. Colonial Insurgencies as Transnational Phenomena »

Journée d’étude organisée par Martin Thomas (University of Exeter), Gareth Curless (University of Exeter), Andrew Barros (UQAM), Christopher Goscha (UQAM) et Renaud Corbeil (UQAM)

« Depuis la Seconde guerre mondiale, le monde a connu des conflits marqués par la guérilla, les guerres irrégulières et les « insurgencies ». Les gouvernements occidentaux confrontés à ces mouvements eurent toutes les peines à les arrêter. Les expériences nationales des guerres de décolonisation ont certes fait l’objet d’études, mais rares sont celles qui comparent la désintégration des empires occidentaux et qui s’interrogent sur la manière dont ces expériences coloniales peuvent nous aider à mieux comprendre les conflits qui secouent encore le monde aujourd’hui – en Syrie, Iraq et Afghanistan. Ce projet de collaboration avec l’Université d’Exeter – intitulé Comprendre les insurrections : Résonances du passé colonial – réunit des chercheurs européens et nord-américains à travers huit ateliers incluant le nôtre : « Les insurrections coloniales comme des phénomènes transnationaux. »

Cet évènement réunira une douzaine de spécialistes autour du thème des connexions transnationales qui ont pu exister entre les mouvements anticolonialistes d’un côté et les puissances impériales de l’autre. Quels liens, au juste, existaient entre ces mouvements anticolonialistes qui se battaient pourtant souvent très loin les uns des autres ? Comment ces mouvements insurrectionnels et contre-insurrectionnels ont-ils pu gagner des soutiens aux niveaux régional et international ? Quels furent les idées, les expériences, les savoirs et les matériaux qui circulaient entre les groupes ? Et comment l’opinion mondiale et les nouvelles organisations internationales ont-elles compris et interagi avec la décolonisation ?
Jusqu’à récemment, la plupart des chercheurs ont étudié les guerres de décolonisation dans un cadre national. Notre projet les resitue comme un phénomène interconnecté et global, tant pour les colonisés que pour les colonisateurs. Leurs dirigeants ont construit des réseaux de collaboration et des moyens d’échanges intellectuels, politiques, militaires et économiques. Les communistes vietnamiens luttant contre la France entre 1945 et 1954, par exemple, ont importé des modèles révolutionnaires de la Chine communiste avant de les exporter ailleurs. Les Français, Britanniques et Américains, de leur côté, ont échangé leurs propres modèles de « counter-insurgency » lors des guerres de décolonisation. La décolonisation s’est aussi mondialisée : les nationalistes algériens du Front de libération nationale (FLN) ont mené par exemple une bataille fascinante contre les Français à l’Assemblée générale de l’ONU.
Pour bien saisir les dimensions de ce processus transnational, nous avons fait appel à des historiens de la décolonisation (Afrique, Proche-Orient, Asie), des politologues, des juristes et même à l’un des responsables des archives de l’ONU. Cela nous permettra d’aborder pour la première fois le rôle de la mondialisation dans la décolonisation et son héritage pour les conflits d’aujourd’hui. Cette forme de combat transnational est d’autant plus présente aujourd’hui grâce au développement des technologies et des communications permettant aux insurgés comme Isis d’influencer l’opinion mondiale. »


Page créée le mardi 24 avril 2018, par Dominique Taurisson-Mouret.


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