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Vient de paraître : Christine Chivallon, L’Esclavage, du souvenir à la mémoire ; contribution à une anthropologie de la Caraïbe, Karthala, 2013

lundi 8 avril 2013, par Dominique Taurisson-Mouret

Vient de paraître : Christine Chivallon : L’Esclavage, du souvenir à la mémoire ; contribution à une anthropologie de la Caraïbe, Karthala, 2013.

Christine Chivallon est anthropologue et géographe et directrice de recherche au LAM-CNRS (Institut d’études politiques de Bordeaux, université de Bordeaux). Elle est l’auteur d’ouvrages et de nombreux articles portant sur les sociétés de la Caraïbe et les questions de la construction identitaire. Elle est également cofondatrice et coresponsable du programme d’enseignement « France Caraïbe ».

« Cet ouvrage propose une étude de grande envergure, première du genre, sur la mémoire et le souvenir de l’esclavage. En analysant les débats politiques et académiques des vingt dernières années, l’auteur dégage deux approches : celle du soupçon politique (victimisation, instrumentalisation, surenchère) et celle du doute anthropologique (fragilité, absence, vide). Ayant établi ce constat, Christine Chivallon part alors à la recherche des traces du souvenir de l’esclavage, ainsi que des témoins qui les transmettent, pour comprendre la teneur des expressions mémorielles issues de l’expérience esclavagiste. L’étude de l’Insurrection du sud, qui a opposé, à la Martinique, anciens maîtres et anciens esclaves, en 1870, au moment de l’instauration de la Troisième République, forme le pivot de ce parcours. Elle permet de reconstituer une scène primordiale de violence et d’en trouver les expressions transmises au sein des descendants des insurgés, témoins d’aujourd’hui. L’approche de cet évènement fondateur fournit l’occasion d’aller bien au-delà de la découverte de récits de mémoire minorés pour explorer les différentes manières de transmettre, de s’emparer ou « d’incorporer » le passé, dans un contexte (post)colonial, formé dans la double matrice de l’esclavage et de la République… »

Une rencontre est organisée le 9 avril dans le cadre des Géo-Mardis d’ADES et sera animée par Pierre-Yves Saillant http://www.lamachinealire.com/2013/...

Librairie La Machine à Lire - 8, place du Parlement - 33000 Bordeaux - France

tél : 33 (0)5 56 48 03 87 - fax : 33 (0)5 56 48 16 83

Résumé de la Table des matières :

  • Préambule : Écrire en pays « managé »
  • Introduction : Rechercher les « témoins » de l’esclavage
  • Première partie : Au fondement d’une recherche : La mémoire contestée ou introuvable

1. La mémoire soupçonnée. Explosion mémorielle et difficile légitimité de la mémoire de l’esclavage dans l’espace public français.

2. Le nécessaire intermède. Quelques repères essentiels pour un balisage historique de l’esclavage aux Amériques.

3. La mémoire émiettée. Le doute anthropologique sur les mémoires de l’esclavage.

4. Construire une recherche : souvenirs et mémoires de l’esclavage saisis à travers une série d’événements.

  • Deuxième partie : Atteindre l’objet du souvenir, reconstituer la scène primordiale.

5. L’assertion d’un moment colonial ou la répétition de la scène primordiale : l’Insurrection du sud de 1870 à la Martinique et accompagnement social.

6. Traces emmêlées : l’archive historique et l’oralité pour atteindre les protagonistes de la scène fondatrice.

7. Aparté interprétatif : l’Insurrection du sud et les chemins chaotiques de la mémoire.

  • Troisième partie : Traduire le souvenir aujourd’hui.

8. Du souvenir comme empreinte remémorée. Mémoires familiales fabriquées en contrebande.

9. De la mémoire comme une construction historique. L’entrée récente de l’Insurrection et de l’esclavage dans l’espace public martiniquais.

10. De la mémoire incorporée comme souvenir agi/agissant. Actualité des rapports sociaux et mémoires critiques en éveil.

  • Conclusion : Les « témoins » de contre-mémoires.

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