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Remise du Prix Robert Cornevin à Jean-Pierre Dozon pour son livre : Afrique en présences. Du monde atlantique à la globalisation néolibérale, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 2015 (54)

mercredi 23 novembre 2016, par Dominique Taurisson-Mouret

Jean-Pierre Dozon est le lauréat 2016 du Prix d’histoire sur l’Afrique au sud du Sahara décerné par de l’Académie des sciences d’outre-mer.

Anthropologue, directeur de recherche émérite à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et directeur d’études à l’EHESS, il a travaillé principalement en Afrique de l’Ouest, sur des questions de développement, de santé (notamment sur le sida), sur les problèmes ethniques, sur les entremêlements du politique et du religieux, ainsi que sur les relations franco-africaines et sino-africaines. Il a été de 1994 à 2004 directeur du Centre d’Etudes Africaines (EHESS/CNRS). Il est actuellement Directeur scientifique de la FMSH.

Le Prix Robert Cornevin lui sera remis le 9 décembre à 15 heures dans les locaux de l’Académie.

Historien et administrateur en Afrique noire, Robert Cornevin a publié en 1956 Histoire de l’Afrique des origines jusqu’à nos jours, sans équivalent ni précédent, à l’époque. Il a également crée en la revue trimestrielle Afrique contemporaine dont il sera le rédacteur en chef jusqu’en 1985.

Présentation ouvrage :

« L’ouvrage a trois visées principales. La première consiste à montrer comment l’Afrique a participé, depuis le xve siècle, à l’édification de la modernité occidentale en la haussant, par le commerce atlantique, au rang d’économie-monde et en occupant une place de choix dans la manière dont cette modernité a construit durablement son hégémonie. La seconde entend réinterroger la modernité africaine elle-même. D’une part, en revisitant l’époque coloniale, théâtre d’une réinvention paradoxale des traditions et d’un entremêlement baroque des références culturelles ; d’autre part, en faisant découvrir comment l’Afrique a été post-moderne avant l’heure, génératrice notamment de divers pluralismes (juridiques, religieux, ethniques, etc.) qui, sous l’appellation plus courante de multiculturalisme, caractérisent désormais, dans le contexte de la globalisation néolibérale, bien des régions du monde, parmi lesquelles la vieille Europe coloniale. Enfin la troisième, rebondissant sur les deux premières et sur une situation actuelle de l’Afrique qui balance entre lieu privilégié des interventions humanitaires et taux de croissance plutôt élevés, instruit l’hypothèse d’une modernité africaine à venir, celle-là même qui, apparue après la Seconde Guerre mondiale jusqu’au tournant des indépendances, ne dura guère, mais qui est susceptible de s’actualiser sous la forme d’un panafricanisme renouvelé. »

Jean-Pierre Dozon est anthropologue, directeur de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Auteur d’une dizaine d’ouvrages, notamment L’Afrique à Dieu et à Diable. États, ethnies et religions (Ellipse, 2008), Les clefs de la crise ivoirienne (Karthala, 2011) et Saint-Louis du Sénégal. Palimpseste d’une ville (Karthala, 2012), il a travaillé principalement en Afrique de l’Ouest, sur des questions de développement, de santé, sur les problèmes ethniques, sur les entremêlements du politique et du religieux, ainsi que sur les relations franco-africaines et sino-africaines. Il a été de 1994 à 2004 directeur du Centre d’études africaines (EHESS/CNRS). Il est également directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et directeur scientifique de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH).

Table des matières

PROLOGUE – L’Afrique en kaléidoscope

  • Une hantise réciproque
  • Déplacer la question de la modernité en Afrique vers celle d’une modernité redéfinie par l’Afrique

I – LE GRAND MOMENT MODERNE DE L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE

  • La modernité en forme de panafricanisme
  • Construire des Etats-Nations : une entrée cardinale dans la modernité.
  • Une moderne épistémè : les mots et les choses du développement.

II – LA COLONISATION REVISITEE

  • La colonisation en forme de productions textuelles et d’africanismes.
  • La modernité coloniale en question
  • La colonisation comme empire de la tradition
  • L’époque coloniale comme époque baroque

III – L’AFRIQUE EN PARANGON DES MONDES CONTEMPORAINS

  • Le redoutable défi des indépendances africaines : devoir tout faire en même temps.
  • Une Afrique exposée au cours néolibéral du monde.
  • Le temps des indépendances en prolongement d’une époque baroque
  • Une Afrique Tout-monde
  • Comme un air d’art contemporain

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