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Vient de paraître : Pierre Vermeren,Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012)

mercredi 6 juin 2012, par Dominique Taurisson-Mouret

Vient de paraître : Pierre Vermeren, Misère de l’historiographie du « Maghreb » post-colonial (1962-2012), Paris, Publications de la Sorbonne (Internationale - 85), 2012, 288 p.

ISBN:978-2-85944-687-1 / ISSN:0768-198, 25€

Présentation éditeur

Cet essai de synthèse est consacré à l’historiographie du Maghreb contemporain. Qui a écrit, et qui écrit l’histoire de l’Afrique du Nord, devenue Maghreb, depuis la fin du xixe siècle ?
Un demi-siècle après les indépendances, sans doute est-il nécessaire de revenir sur ce champ de recherches extrêmement idéologique. L’historiographie du Maghreb en langue française se présente comme une succession de séquences politiques et idéologiques qui se chevauchent rapidement.

Pour éclairer ces interrogations, Pierre Vermeren dresse le portrait des générations d’historiens et autres spécialistes de ce champ. Cette histoire d’hommes,d’écoles et de réseaux est d’autant plus nécessaire, en ce début de xxie siècle revenu des grandes idéologies, que la cohorte des historiens du Maghreb est résiduelle. Cette peau de chagrin scientifique peine à dépasser le cadre des spécialistes de la guerre d’Algérie. Or l’histoire de la région ne s’est pas arrêtée en 1962. En dépit de la forte demande sociale des héritiers et porteurs de cette histoire, le Maghreb s’est-il échappé du champ des préoccupations françaises ? Et pourquoi ?

Auteur

Pierre Vermeren est maître de conférences HDR à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’histoire du Maghreb, en particulier du Maroc ; membre du CEMAf, il encadre des recherches consacrées à cette histoire. Après huit ans de vie au Maghreb, il a écrit une thèse consacrée à la formation des élites maghrébines au XXe siècle (2000), et plusieurs ouvrages sur le Maroc et le Maghreb contemporains. Ce livre est la version publiée de son habilitation à diriger les recherches (2010).

  • Sommaire
  • Avant-propos
  • Préface
  • Introduction problématique. Le Maghreb dans la recherche française : un abandon intellectuel ?
  • L’héritage institutionnel : une solide armature héritée des temps coloniaux

Chapitre 1. De l’orientalisme à l’histoire

  • Matrice égyptienne, expédition d’Égypte, saint-simonisme et renouveau orientaliste
  • L’orientalisme sous le poids de la philologie
  • L’anthropologie coloniale
  • La science auxiliaire de la colonisation, le cas de la politique berbère
  • Histoire coloniale et contre-histoire nationaliste

Chapitre 2. L’empreinte des grandes institutions de la colonisation

  • L’administration, du ministère des Colonies à la Coopération
  • L’armée, l’histoire et l’héritage nord-africain
  • L’université et l’Algérie
  • L’Église et les Pères blancs

Chapitre 3. Les institutions parisiennes au-delà des indépendances

  • Administrer
  • Des Langues O’ à l’INALCO
  • Grandeur et décadence du CHEAM (1934-1998)
  • Connaître
    Le Collège de France
    La Sorbonne
    Vincennes et l’EHESS
    Les hommes et l’histoire : transmission et ruptures des savoirs

Chapitre 4. Géographie de l’enseignement de l’histoire du Maghreb en France

  • Des « orientalistes » aux historiens, retour sur un apogée
  • Treize historiens professionnels pour le Maghreb contemporain (2010)
  • Une compétence résiduelle et dispersée

Chapitre 5. De l’« école coloniale d’Alger » à la « deuxième école d’Alger », une continuité ?

  • La dispersion post-1962
  • « Pieds-noirs et marxistes »
  • Le continuum, l’héritage de Charles-André Julien et la Sorbonne
  • Un repli sur l’histoire militaire coloniale
  • Travail sur archives coloniales

Chapitre 6. La dynamique anticoloniale des indépendances : quelle postérité ?

  • Les « pieds-rouges », d’Alger à Vincennes
  • Débats de l’historiographie marxiste dans les années 1970
  • La place modeste des coopérants
  • Un abandon du Maghreb ?

Chapitre 7. L’« école Ageron »

  • Un travail pleinement reconnu
  • Un héritage algérien devenu hégémonique ?
  • Une lignée marocaine ténue
  • Les « deux écoles » selon Daniel Rivet, une réalité ?
  • Quelle transmission pour l’histoire du Maghreb contemporain ?

Chapitre 8. Les historiographies étrangères

  • Professeurs maghrébins : transmission ou autonomisation ?
  • Histoire et nationalisme en Tunisie
  • Maroc, l’histoire à l’ombre de la légitimation monarchique
  • Du côté des Anglo-Saxons, une historiographie méconnue en France
  • Du côté des Anglo-Saxons, le poids de l’héritage anthropologique
  • Espagne, un tropisme marocain tardif
  • Réflexions sur un éloignement : à l’ombre du trauma algérien

Chapitre 9. La reconfiguration du champ : un Maghreb « peau de chagrin » à l’université

  • Réseaux, hiérarchies, enjeux politiques
  • Les implications de la coopération sur les politiques scientifiques
  • Ruptures dans la transmission
  • Le Maghreb, victime collatérale du naufrage de la SFIO ?
  • Le Maghreb entre coopération étatique et critique marxiste
  • L’effet d’évidement au profit de l’Afrique
  • Le basculement vers l’Orient à la faveur de l’islamisme
  • La génération de chercheurs des années 1990 revient à la guerre d’Algérie
  • Retour de flamme sur les temps coloniaux ?

Chapitre 10. Facteurs exogènes ou structurels d’éloignement

  • Traumatisme de la guerre d’Algérie
  • Le douloureux désenchantement des années 1960
  • France : le « domaine réservé »
  • Politique des États autoritaires
  • Politologie et islamisme, le trou noir
  • La déshistorisation, droit et sciences sociales
  • Quelques perspectives de recherches et de travail

Conclusion. Les mutations du rêve colonial : un Maghreb à domicile ? De l’histoire coloniale à l’histoire des migrations

  • Annexes
  • Sources
  • Bibliographie

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