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A lire : Villes maghrébines en situations coloniales sous la dir. de Charlotte Jelidi, Karthala, 2015

jeudi 11 juin 2015, par Dominique Taurisson-Mouret

« Issu d’un programme de recherche collectif, mené au sein de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, de 2009 à 2013, cet ouvrage s’est fixé deux objectifs : d’une part, participer à la connaissance et à la compréhension des divers processus de transformation des villes maghrébines en situations coloniales et, d’autre part, identifier, exploiter et valoriser au maximum les fonds d’archives, souvent inédits, qui se rapportent directement ou indirectement à ces entreprises de transformation urbaine, et dont le potentiel nous semblait trop sous-estimé.

Dans la lignée de nombreux travaux publiés ces dernières années, il est montré qu’il n’existe pas « une » ville coloniale, entité abstraite aux caractéristiques bien déterminées, mais il y a des villes dans des situations coloniales contrastées, dont leurs transformations ne furent ni similaires, ni linéaires, ni lisses. Les transformations urbaines ont résulté de processus complexes, produits par des acteurs nombreux (services centraux, municipalités, acteurs ordinaires européens ou indigènes, communautés religieuses, etc.) dont les logiques s’entremêlaient, parfois même concurrentes, et s’imbriquaient toujours les unes dans les autres en fonction de rapports de forces, certes inégaux, mais ô combien fluctuants.

Cet ouvrage rappelle enfin que les transformations des villes maghrébines en situations coloniales sont le résultat d’une succession de projets, aboutis ou avortés, de contre-projets et de réalisations procédant, souvent, de hasards et, presque toujours, de bricolages incessants, ce qui donne à voir une réalité bien éloignée de l’image de la ville conquérante que se plaisait à véhiculer la propagande coloniale. »

Charlotte Jelidi est historienne de l’architecture contemporaine, chargée de recherche au sein du laboratoire CITERES-EMAM de l’Université de Tours, après avoir passé quatre ans à l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, en tant que chercheure post-doctorante.

Ont contribué à cet ouvrage
 : Boussad AÏCHE, Clara Ilham ÁLVAREZ DOPICO, Leïla AMMAR, Myriam BACHA, Esmahen BEN MOUSSA, Hounaïda DHOUIB MORABITO, François DUMASY, Christophe GIUDICE, Lucy HOFBAUER, Charlotte JELIDI, Habib KAZDAGHLI, Assïa MALKI ALLOUANI, Bernard PAGAND, Colette ZYTNICKI.

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