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Appel à collaboration pour un projet de recherche collective (2014-2016) : ’L’Océanie convoitée’ (Univ. Polynésie française, <15/01/2015)

mercredi 29 octobre 2014, par Dominique Taurisson-Mouret

Appel à collaboration pour un projet de recherche collective (2014-2016) : ’L’Océanie convoitée’

Université de la Polynésie française
Laboratoire Gouvernance et développement insulaire
Jean-François Sabouret

Un article du Monde Diplomatique de juin 2005 (« Une zone d’instabilité méconnue : le Pacifique insulaire ») concluait :
Les îles du Pacifique pourront-elles trouver la paix et la prospérité sans que leur mode de vie soit bouleversé par l’intrusion des grandes puissances ? C’est l’enjeu principal de cet « autre Pacifique » qui compte trop peu pour retenir l’attention des médias, mais qui compte trop pour qu’on lui laisse vivre sa vie.

Près de dix ans plus tard, cette analyse reste non seulement valable, mais elle est amplifiée par de nouveaux enjeux économiques, politiques et de sécurité (menace terroriste). La crise mondiale se décline aussi en Océanie et les grandes puissances prennent conscience de l’intérêt de certaines ressources. L’Océanie n’est pas vide. Elle n’est pas non plus - ou n’est plus - le « continent invisible » de Le Clézio.

Les grandes puissances se positionnent dans la compétition mondiale, mais elles prolongent aussi en Océanie leurs rivalités régionales (ex : Chine/Taïwan, Chine/États-Unis).
Les déplacements d’Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’État ont confirmé que les Américains étaient attentifs aux problèmes de l’Océanie (incluse dans le grand Pacifique). Ainsi, aux Iles Cook, fin août 2012, elle avait estimé devant le sommet du Forum des îles du Pacifique (FIP) où les États-Unis intervenaient pour la première fois, que l’Océan Pacifique « est assez grand pour nous tous », en citant la Chine, le Japon et l’Union européenne. « Nous avons tous un rôle et contribuons grandement aux succès de la région en matière de sécurité et de prospérité » avait-elle ajouté. Une façon fort diplomatique de poser des jalons pour contrecarrer les autres États.

Dans la suite logique des travaux collectifs déjà menés (Colloque du Sénat d’avril 2008 sur la Nouvelle-Calédonie, colloque de Nouméa en mars 2011 sur Destins des collectivités politiques d’Océanie) nous nous proposons de préparer un programme de recherches pluridisciplinaires sur le thème de l’Océanie convoitée.

La participation des spécialistes suivants est souhaitée : économistes, juristes, politologues, historiens et anthropologues, géopoliticiens et géostratèges.

Ces recherches intéresseront particulièrement les responsables politiques de la région océanienne et des puissances qui y possèdent encore ou non des territoires puisqu’il s’agira de dresser un bilan géopolitique et géostratégique (avec toutes les facettes qu’il comportera) qui n’a plus été fait depuis l’ouvrage d’H. Couteau-Bégarie en 2001, décédé récemment (lequel du reste traitait essentiellement du Pacifique Nord).

Ainsi, le projet répond à une nécessité intellectuelle et à une nécessité pratique (apporter des clés de lecture des événements actuels dans notre région).

Le programme pourrait être le suivant :

  • Avant la fin de l’année 2014 : Lancement du projet et appel à participation
  • Automne 2015 : 1er colloque en métropole (Paris)
  • Printemps 2016 (Papeete ou Nouméa) et automne 2016 (Japon ou Corée) : journées d’études ou colloques pour le bilan des recherches dans une université du Pacifique et dans une université d’Asie orientale.

Cet appel à communications propose aux chercheurs intéressés :

  • De s’inscrire dans l’une des composantes de la recherche dont la description suit
  • D’apporter des remarques sur le contenu et des suggestions pour enrichir cette recherche
  • De proposer une intervention dans l’un des colloques envisagés ou/et de produire un article (les deux formules peuvent être combinées)

À l’issue des deux années, il serait souhaitable d’aboutir à un ouvrage qui serait à la fois les actes des colloques et la somme des travaux que les chercheurs auraient consacré au thème de l’Océanie convoitée.

Les propositions sont à envoyer avant le 15 janvier 2015 à

Suggestions d’axes de recherche, à compléter et à discuter

« Fidji ne considère plus l’Australie et la Nouvelle-Zélande comme nos alliés et protecteurs naturels. Maintenant, nous regardons vers le monde (...) Vers le Nord et nous tissons des liens plus étroits avec la Chine, l’Inde, l’Indonésie et la Russie ».
Ministre des Affaires étrangères de Fidji, fin juillet 2013

1/ Le poids de l’histoire et de la géographie

A/ Contacts : attirances, séductions et Pacific Way

La force des coutumes
Nouveaux habitants et métissages
Des présences coloniales
De si puissantes Églises et les syncrétismes
Des organisations sociales et la vision océanienne des choses

B/ Les chocs historiques du XXe siècle :

Diasporas asiatiques et autres
Seconde guerre mondiale : engagements océaniens, guerre contre le Japon, nouvel élan des nationalismes
Les essais nucléaires
Nouvelles formes des colonialismes

C/ La mer est-elle le prolongement de la terre ou l’inverse ?

(étude de la perception océanienne de la terre et de la mer)

2/ Australie, Nouvelle-Zélande et Océanie des micros États et territoires insulaires

A/ Australiens et Néo-Zélandais sont-ils des Océaniens ?

Ces deux pays sont-ils capables de dominer leur « arrière-cour » ? Voir le cas de Fidji
Collaboration et rivalités entre les deux pays
Collaboration et rivalités entre ces pays et les puissances exogènes à l’Océanie

B/ Forces et faiblesses des micros États et territoires insulaires

Des ZEE immenses
Un poids à l’ONU
L’utilisation des prérogatives de la souveraineté
Climat, géologie et catastrophes en tous genres
Instabilité, corruption et absence de « bonne gouvernance »
Rivalités et guerres civiles

C/ L’inorganisations des organisations régionales

Historique des organisations
Analyse critique de celles-ci
Un Pacific Plan ou l’art de constater son impuissance

3/ Puissances exogènes attendues et redoutées

L’aide internationale et les aides bilatérales
Touristes, commerçants et investisseurs espérés
Des ressources convoitées
L’assaut des Églises américaines et asiatiques
L’ONU et l’Océanie et les voix des micro-États recherchées
Formes de la présence des puissances exogènes

Une présence française à bout de souffle ?
Une Europe qui ne renonce pas à la puissance.
L’Amérique et les deux Pacifiques.
Rivalités asiatiques en Océanie (Chine, Taïwan, Japon, Inde...)

Conclusions

L’Asie est-elle l’avenir de l’Océanie ?
Quels nouveaux chocs économiques, politiques et culturels ?
Comment les Océaniens (hors diasporas asiatiques) s’accapareront-ils des modes de vie asiatiques ?

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